• Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, par Alain Quillévéré

    Bals clandestins
    pendant la Seconde Guerre mondiale

    Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, par Alain QuillévéréAlain Quillévéré
    préface de Pascal Ory

    Morlaix, Éditions Skol Vreizh, 2014
    150 x 210 mm • 287 p.

    isbn : 978-2-36758-025-8
    prix : 20 €

    « L'organisation de tous bals publics dans les débits, rues, places communales, établissements publics, cours et propriétés privées closes ou non closes est interdite quels qu’en soient les motifs et le but. » Le préfet des Côtes-du-Nord, juillet 1941.

    Ce préfet, fervent pétainiste, veille à la stricte interdiction des bals publics et privés dans son département, répondant ainsi aux instructions des autorités de Vichy. Gendarmes, policiers, traquent sans relâche les contreve­nants au nom de la morale et de la décence. Ils ne parvin­rent pas à empêcher complètement les bals et on peut même affirmer, sans crainte d'être démenti, que ceux-ci furent organisés massivement.

    Les bals clandestins nous révèlent l'histoire d'un refus, celui d'une population, d'une jeunesse qui veut continuer à vivre malgré les interdictions et les restrictions. Alain Quillévéré nous livre ici un tableau inédit et documenté de la Bretagne occupée.

    Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, par Alain Quillévéré
    Le Figaro
    et Le Petit Parisien, 20 mai 1940 

    Extrait de l'introduction

    Mon intérêt pour les bals clandestins n'est pas né spontanément. Il n'est pas non plus le fruit d'une appétence particulière pour la danse. Il est la conséquence inattendue d'une enquête précédente, consacrée à un épisode tragique de l'Occupation dans les Côtes-du-Nord. C'est en recherchant aux Archives départementales des Côtes-d'Armor la trace d'un résistant mort en déportation que mon attention fut attirée par l'existence de deux cartons sobrement intitulés « Bals clandestins », un titre propre à exciter la curiosité. L'historien doit demeurer aux aguets, le regard en alerte, attentif aux hasards que la fortune place sur son chemin. Je me résolus donc à revenir braconner sur ces nouvelles terres dès que l'occasion se présenterait.

    Le contenu de ces deux cartons ne laissa pas de me surprendre. Le premier réunissait un abondant courrier émanant de la préfecture, ou lui étant destiné, relatif à la répression des bals. Notes de service à usage interne, correspondance avec les sous-préfets, les maires, les responsables de la gendarmerie, les autorités allemandes, des ecclésiastiques ou des particuliers. Le second contenait 400 procès-verbaux de gendarmerie ou – plus rarement – de police, rendant compte de 347 bals. La chance m'a souri, car cette masse de documents, cette épaisseur au sens premier du terme et le fait qu'un bureau de la préfecture en ait eu la responsabilité, m'ont permis de prendre conscience de l'importance du phénomène et de l'énergie déployée pour le combattre. Eussent-ils été dispersés au milieu d'autres courriers, ou parmi des répertoires chronologiques de PV – comme c'est le cas pour ceux du Finistère – que cette dimension m'aurait totalement échappé.

    Avant de poursuivre, il convient de définir ici ce que l'on entend par « bal clandestin », la dénomination adoptée par les autorités. Les premiers PV, ainsi que les minutes du tribunal de simple police (TSP) qui les ont suivis, parlent parfois d'une « ouverture d'un bal public » ou d'un « bal sans autorisation », mais très rapidement la forme « bal clandestin » s'est imposée, peut-être parce qu'elle était la plus simple et la plus explicite. Entre mai 1940 et mars 1945, les bals publics furent interdits en France ; dès lors, tout bal qui s'y est déroulé est réputé clandestin. Si ce point paraît clair, la notion même de bal public est beaucoup plus sujette à caution. Dans les Côtes-du-Nord elle a fait l'objet d'une extension maximale et l'on peut considérer que le simple fait de danser, au son d'une musique, dans quelque lieu que ce soit, a été assimilé à la tenue d'un bal clandestin. Ainsi, le 12 mai 1942, les gendarmes de la brigade de Ploubalay ayant entendu « le son d'un accordéon » au domicile de « la veuve Cardin », ont constaté « qu'effectivement il y avait bal dans la pièce principale » et que « deux femmes au moins se livraient à la danse ». L'accordéoniste était le fils de cette veuve et les deux danseuses ses filles. Cela ne les a pas empêchés de dresser un PV.

     

    « Filmer les grands ensembles, par Camille CanteuxLe roman familial des névrosés, Sigmund Freud, préfacé par Danièle Voldman »

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