• dédicaces et conférences de Catherine Rouvière pour son ouvrage Retourner à la terre

    Les femmes ou les silences de l’histoire, tel était le titre d’un ouvrage de Michelle Perrot qui a été, on le sait, une de celles – et plus rarement de ceux – qui ont, en France, inventé l’histoire des femmes. Mais s’il y a silence de l’histoire n’y a-t-il pas aussi, trop souvent, silence des archives ? Qu’en est-il des « femmes en archives » ? Et quel est le rôle respectif des hommes et des femmes dans la constitution des fonds ? Donatrices ou légatrices, veuves parfois « abusives », dit-on, ne se sont-elles pas effacées au profit des hommes en veillant à leur mémoire alors que la pareille ne leur était pas rendue ? Et qui sont les hommes qui ont veillé à la mémoire des femmes, sœurs, mères ou compagnes ? Quel est le sort réservé aux couples militants ? Une femme construit-elle sa mémoire autrement qu’un homme ? Un homme construit-il la mémoire d’une femme autrement que celle d’un homme ?
    Ces questions, qui ne sont évidemment pas atemporelles mais qu’il faudra poser en tenant compte de l’histoire des rapports de sexe, comme de l’histoire des professions d’archivistes et d’historien-ne-s irrigueront la journée genre de l’archive organisée le 11 février par le Centre d’histoire sociale du xxe siècle (CHS) et le Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (Codhos). Il s’agira d’un domaine bien particulier, celui de l’histoire du militantisme : militantisme ouvrier où l’émancipation a été longtemps symbolisée par une figure prolétarienne généralement virile ; mais aussi militantisme féministe, qui s’est préoccupé dès longtemps de mémoire – pensons à la bibliothèque Marguerite Durand, du nom de sa fondatrice ou à l’encyclopédie féministe d’Hélène Brion, ou encore à la récente création d’Archives du féminisme, sans parler de divers dictionnaires. On attend de cette journée d’études, non pas des réponses définitives aux questions posées, ce qui serait illusoire et présomptueux, mais bien plutôt une lecture des archives du social en termes de genre.

     


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  • Journée d'étude - Guerre civile et dictature. Regards croisés sur l'histoire espagnole au 20e siècle

    organisée par Charlotte Vorms et Élodie Richard

    Journée d'étude - Guerre civile et dictature. Regards croisés sur l'histoire espagnole au 20e siècleS’appuyant sur la sortie du numéro 127 de Vingtième Siècle. Revue d’histoire consacrée aux effets des conflits de mémoire sur l’écriture de l’histoire en Espagne, cette journée d’étude a pour objet d’explorer les relations entre cette historiographie et les autres historiographies européennes.

    Les historiens espagnols ont longtemps souligné combien l’histoire de ce pays au 20e siècle s’écartait de celle du reste de l’Europe. L’Espagne ne participe à aucune des deux guerres mondiales et est gouvernée près de quarante ans par une dictature née dans le contexte des années 1930. Les historiens y ont vu un temps la confirmation de cette « exception espagnole », théorisée par les intellectuels de ce pays depuis la fin du 19e siècle. Depuis les années 1990 cependant, ils s’appliquent à réintégrer l’histoire de l’Espagne à celle de l’Europe, à laquelle elle est étroitement corrélée, de la croissance des années 1914-1918 aux évolutions de la dictature franquiste, en passant bien sûr par la guerre civile dont la dimension internationale n’a cessé d’être mise en évidence par les historiens.

    L’objectif de cette journée d’étude est d’interroger les modalités de cette articulation de l’historiographie espagnole à l’historiographie internationale, en s’intéressant à l’histoire de la guerre civile et du franquisme. Quelles sont les variations espagnoles des questions et des courants historiographiques sur les guerres et sur les dictatures ? Quels usages font les historiens travaillant sur l’Espagne de la comparaison internationale, et des emprunts méthodologiques et théoriques ? Quel est l’apport de l’intégration de l’histoire de la guerre civile espagnole et du franquisme à la compréhension de l’histoire de l’Europe au 20e siècle ?

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