• L'urbanisme espagnol depuis les années 1970
    La ville, la démocratie et le marché

    L'urbanisme espagnol depuis les années 1970. Laurent Coudroy de Lille, Céline Vaz et Charlotte Vormssous la direction de
    Laurent Coudroy de Lille, Céline Vaz et Charlotte Vorms

    La dépression économique traversée depuis 2008 par l'Espagne a partie liée avec une grave crise immobilière. Or celle-ci s'inscrit dans une histoire plus longue de l'urbanisation dans ce pays. L'ouvrage en propose à la fois un panorama et une lecture dynamique.

    La démocratisation des institutions au tournant des années 1970-1980 s'est accompagnée de l'avènement de nouvelles politiques urbaines, permettant une modernisation accélérée des villes et de plus grandes métropoles européennes, Barcelone une référence de l'urbanisme mondial, tandis que l'on découvrait Bilbao, Valence, Séville et quantité d'autres villes à travers de nouveaux équipements de prestige. Cependant l'urbanisation touristique du littoral, la surchauffe immobilière et, avec elles, la destruction des paysages et des équilibres environnementaux se poursuivaient dans le même temps. Ces évolutions contrastées s'ancrent dans une histoire qui remonte au moins au franquisme, mettant en question la rupture qu'aurait signifiée la Transition démocratique pour les villes.
    Parmi les spécialistes qui ont contribué à cet ouvrage, certains ont été acteurs de la fin du franquisme et de la refondation d'un urbanisme plus démocratique, décentralisé, puis dérégulé. Au-delà d'un propos critique et inquiet sur le cas espagnol, les auteurs alimentent la réflexion sur la durabilité du modèle de la ville européenne.
    Contributions de Julio Alguacil Gómez, Nacima Baron-Yelles, Renaud Boivin, Jordi Borja Sebastià, Estrella Candelaria Cruz, Horacio Capel Saéz, María Castrillo Romón, Alfonso Fernández Tabales, Jesús Leal Maldonado, Antonio Montiel Márquez,  José Manuel Naredo, Luciano Parejo Alfonso, Julie Pollard, Fernando Roch Peña, Javier Ruiz Sánchez, Luis Santos Ganges, Hovig Ter Minassian

    Presses universitaires de Rennes, octobre 2013
    collection «Espace et Territoires»
    165x240 mm • 307 pages ill.
    isbn : 978-2-7535-2671-6
    prix : 20 €

    Voir le compte rendu dans La Vie des idées par Virgilio Pinto Crespo
    Extrait : […] La Prosperidad a sa propre personnalité, et ce livre est une biographie féconde, qui fait appel aux méthodes de l’histoire urbaine, de la microhistoire et de l’ethnographie historique. Il inclut la dynamique du quartier dans celle de la ville toute entière, et dessine une image riche de ses transformations, à une époque où les gens étaient partie prenante de ces changements. Une biographie dont la lecture s’avère encore plus intéressante aujourd’hui, où nous constatons que nous avons cessé d’être les acteurs de notre réalité, et où notre vie se déroule dans un cadre conçu on ne sait où ni par qui.


    Table des matières

    Laurent Coudroy de Lille, Céline Vaz, Charlotte Vorms
    Introduction. Retour sur quarante années d’urbanisation espagnole
    Première partie
    Démocratisation, Décentralisation, libéralisation
    Luciano Parejo Alfonso
    L’évolution du cadre juridique de la production de la ville depuis 1956
    Javier Ruiz Sánchez
    L’intervention publique étatique dans la production du sol urbain en Espagne
    Julie Pollard
    De la toute-puissance à l’effondrement : les promoteurs espagnols et la crise immobilière 
    Antonio Montiel Márquez
    Le modèle d’aménagement urbain dans la communauté autonome de Valence et ses effets sur les droits individuels, les ressources naturelles et autres biens collectifs 
    Julio Alguacil Gómez
    La mobilisation citadine dans la transformation des quartiers périphériques de Madrid 
    Jordi Borja Sebastià
    Retour sur le « modèle Barcelone » par un de ses acteurs 

    Deuxième partie
    Villes en mutation
    María Castrillo Romón
    La réhabilitation urbaine : une politique impossible ?
    Jesús Leal Maldonado
    Les mutations de l’espace social des grandes villes
    Hovig Ter Minassian
    Les politiques urbaines municipales dans la vielle ville de Barcelone (1979-2008)
    Renaud Boivin
    Réhabilitation et gentrification du centre historique de Madrid.
    Le quartier de Lavapiés

    Troisième partie
    croissance urbaine et production immobilière
    José Manuel Naredo
    Genèse et conséquences du modèle immobilier espagnol 
    Nacima Baron-Yelles
    Développement résidentiel et protection environnementale
    sur le littoral d’Andalousie occidentale des années 1970 à 2010
    Luis Santos y Ganges
    La ville et le système ferroviaire.
    Spéculation publique dans les grands chantiers urbains 
    Estrella Candelaria Cruz Mazo, Alfonso Fernández Tabales
    Le bâtiment et l’immobilier en Andalousie. Analyse territoriale,
    panorama économique et social
    Fernando Roch Peña
    Le logement dans le modèle urbain espagnol.
    Une perspective critique
    Horacio Capel Saéz
    Urbanisme, politique et économie : pour une approche comparée
    de l’Espagne et de la France

    Bibliographie
    Résumés des contributions et présentation des auteurs
    Repères chronologiques 

    « L’urbanisme espagnol depuis les années 1970 », Laurent Coudroy de Lille, Céline Vaz et Charlotte Vorms (dir.)
    ISBN 978-2-7535-2671-6 Presses universitaires de Rennes, 2013, www.pur-editions.fr


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  • Jean Delumeau. De la peur à l'espérance

    Jean Delumeau. De la peur à l'espérance.  Pascal OryÉdition et avant-propos, Pascal Ory

    Ce volume réunit deux livres majeurs de Jean Delumeau ainsi qu'une dizaine d'écrits pour la plupart peu connus, voire inédits. Un tel choix vise à apprécier dans leur globalité l'oeuvre et la pensée de ce grand historien du sensible, devenu l'un des principaux essayistes chrétiens de notre temps. 

    On retrouve ici tout d'abord son ouvrage scientifique le plus célèbre, La Peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècle), volume initial d'une série qui marqua une date décisive dans l'avènement d'une «histoire des mentalités religieuses». Ce qu'il nous dit là des peurs «spontanées» du plus grand nombre et des peurs «réfléchies» des élites n'est pas sans écho dans le monde d'aujourd'hui.

    Suit l'essai le plus important de sa bibliographie chrétienne,Guetter l'aurore, dans lequel Delumeau développe et approfondit sa réflexion sur l'avenir du christianisme. À cette interrogation, il répond par un appel au dialogue, témoignant d'une rare capacité d'émerveillement et d'optimisme.

    Cette édition regroupe enfin ses deux exposés fondateurs prononcés au Collège de France, six textes jalonnant le cheminement de ses recherches, un Entretien sur la fin des temps et le dossier de la vive polémique suscitée par la publication de son livre Le christianisme va-t-il mourir ?

    Autant de témoignages de l'approche ouverte et lumineuse que l'auteur a toujours eue de la religion chrétienne, dont il parle ici en exégète autant qu'en visionnaire.

    Le volume contient : un Avant-propos de Pascal Ory 

    et deux  ouvrages de Jean Delumeau
    • La peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècle). Une cité assiégée
    • Guetter l'aurore. Un christianisme pour demain

    suivis d'un chapitre Parcours, recherches et débats, textes présentés par Pascal Ory 

    Robert Laffont, octobre 2013 
    collection «Bouquins»  
    130x200 mm • 997 pages 
    isbn : 978-2-221-12569-4
    prix : 31 €


    Illustration, 27 octobre 1978, l'émission Apostrophes (TV A2) animée par Bernard PIVOT est consacrée à "la peur", Jean Delumeau est un des invités, à l'occasion de la sortie de son livre, La peur en occident... extrait :

     

     


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  • Une histoire des festivals, XXe-XXIe siècle

    Une histoire des festivals, XXe-XXIe siècle, - Pascale Goetschel et Julie Verlaine Avignon, Cannes, Festpaco, Newport, Woodstock…  tous ces noms évoquent des festivals célèbres, pour certains mythiques. C’est à l’histoire de ces manifestations culturelles singulières que s’attache cet ouvrage. Une histoire contemporaine qui va parfois chercher ses racines loin dans le temps. Une histoire de moments singuliers et de lieux inédits. Une histoire révélatrice de fortes aspirations esthétiques, nourrie par de puissants enjeux politiques, économiques ou sociaux. Une histoire foisonnante, inscrite dans une perspective locale, nationale et mondiale, laissant une large place aux phénomènes d’échanges, de circulations et de métissages

    Ont contribué à cet ouvrage : Aude Ameille, Sarah Andrieu, Bana Barka, Harouna Barka, Iris Berbain, Lenka Bokova, Alice Byrne, Amélie Charnay, Elina Djebbari, Anaïs Fléchet, Pascale Goetschel, Laurence Guillon, Sotirios Haviaras, Patricia Hidiroglou, Sophie Jacotot, Sylvain Lesage, Skadi Loist, Caroline Moine, Marcos Napolitano, Pascal Ory, Stephano Pisu, Géraldine Poels, Michel Rapoport, Sylvain Schryburt, Marie-Noëlle Semet, Françoise Taliano-Des Garets, Florence Tamagne, Julie Verlaine et John Wäfler.   

    Direction de l'ouvrage  - Anaïs Fléchet  Pascale Goetschel  Sophie Jacotot  Patricia Hidiroglou Caroline Moine  Julie Verlaine
    Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire contemporaine, n° 9 »
    160 x 240 mm • 350 p. illustrées
    prix : 25 €

     

    Vidéo complète : Présentation  par Pascale Goeschel et Julie Verlaine
    Réalisation : Jeanne Menjoulet   -   Production : CHS

    Irruption historique

    Dans la première partie de cette réalisation vidéo, Pascale Goetschel retrace les origines anglaises du festival contemporain, dans les années 1770-1790, puis sa diffusion dans les années 1820-1830 et sous le Second Empire, dans toute la France (en partant du nord) sous la forme du mouvement orphéonique. Les orphéons comptaient des dizaines de milliers de membres. Les festivals, comme celui de l'Industrie de Berlioz en 1844, s'inscrivaient également dans la valorisation de l'industrie française.
    Les festivals contemporains ont aussi une seconde affiliation, d'origine germanique, dont la matrice est le festival de Bayreuth, autour de Wagner.

    Julie Verlaine souligne que l'explosion des festivals après la Seconde Guerre mondiale est tout d'abord numérique : explosion de leur nombre sur la scène occidentale (notamment ceux pop et rock), mais aussi catégorielle : expansion significative des disciplines et cultures concernées par les festivals – l'objet n'étant plus seulement la musique et le chant choral, mais de nouveaux médias (cinéma, puis télévision…) et des cultures, comme les cultures juives par exemple. La dilatation du nombre de festivals est aussi mondiale, tous les continents sont concernés.

    Les lieux
    Les festivals se déroulent souvent dans des lieux singuliers (les chorégies d'Orange liées au patrimoine architectural de la ville ou, par exemple, Woodstock). Ils se caractérisent souvent par un rapport au centre singulier, mélangeant centralité et dilatation, le festival d'Avignon en est un exemple avec le In et le Off.
    Les festivals sont fréquemment synonymes de lieux insolites, marginaux, ou de lieux ouverts… avec les exemples des biennales de Nantes (estuaire du fleuve) et de Lyon (exploitation de quartiers en friche, futurs pôles de développement, comme les usines TASE de Vaux-en-Velin).
    Les festivals représentent parfois l'occasion de construire des équipements d'infrastructure impulsés par un volontarisme municipal et/ou des subventions ministérielles.
    Les festivals peuvent aussi avoir une vocation locale, exemple des militants d'éducation populaire, mais également être caractérisés par une vocation nationale, exemple du festival de Salzbourg.
    À ce lien très fort avec le territoire s'ajoute une dimension de circulation internationale et transnationale – artistes et organisations faisant le tour des festivals –, ainsi qu'une logique d'articulation entre le local, le national et l'international. À ce niveau, il peut être question de complémentarités mais également de tensions, ainsi l’exemple du festival des masques de Dédougou en Afrique, au Burkina Fasso, où le local est amené à se conformer à un modèle tel qu'il est attendu au niveau national.
    Autre exemple, celui du festival d'Angoulême : initiative locale (dans le contexte plus général de la municipalisation de la Culture en France) et enjeu national (dans un contexte plus général, celui de la décentralisation) avec la construction du Centre national de la bande dessinée où l'État ajoute une « pierre » à la politique municipale, complémentarité plutôt que substitution…

    Passage à l'art, création artistique et rôle des directeurs de festivals
    Pascale Goetschel souligne un aspect très intéressant de l'ouvrage, celui du rôle des festivals dans le processus de légitimation artistique de certaines disciplines où les festivals sont souvent le vecteur d'un ancrage des objets dans le champ artistique : cinéma, télévision, bande dessinée… L'enjeu peut être analysé comme une question d'identité, à laquelle s'ajoute une recherche de reconnaissance de la qualité d'une discipline. Des arts réputés "mineurs" ambitionnent d'être reconnus comme des Arts à part entière.

    Dans cette optique, les festivals sont souvent le théâtre de conférences, de débats savants qui s'inscrivent dans ce processus d'artification, dans ce "passage à l'art".
    Il peut y avoir aussi processus de re-légitimation d'une discipline, exemple des festivals d'Aldeburgh et d'Aix-en-Provence et du rôle qu'ils ont joué dans la renaissance de l'opéra.
    Julie Verlaine insiste pour sa part sur le rôle prescripteur du festival. Prescription par la commande (exemple de commandes pour la création d'opéra) et prescription dans la consécration apportée par la sélection du festival ou les remises de prix…
    Le passage à l'art peut prendre la forme, dans certains cas, d'une transformation en bien culturel (exemple du festival de Dédougou, au Burkina Fasso).

    Rôle des directeurs et organisateurs de festivals
    Des personnalités fortes ou des associations donnent bien souvent l'impulsion initiale d'un festival. Exemple de Jean Vilar à Avignon, ou d'Alioune Diop (le fondateur de la revue Présence Africaine) concernant le festival mondial des arts nègres de Dakar en 1966 (sans oublier le rôle de Senghor ou d'Aimé Césaire).


    Place des femmes dans les directions de festivals
    Jusqu'aux années 1950-1960, il s'agit beaucoup plus souvent d'hommes que de femmes (les femmes étant quasi absentes de ces réseaux), mais on constate l’apparition de festivals féministes dans les années 1960-1970 (festival de films de Créteil). Aujourd'hui cette évolution correspond à une celle assez générale des métiers artistiques et la féminisation des postes de direction de festival ne fait pas exception à la règle.

    Rôle des festivals dans la création
    Les festivals contribuent bien sûr à la diffusion de la culture. Dès les origines du festival contemporain, le mouvement orphéonique contribua à la diffusion des festivals en Europe. Aujourd'hui, les festivals forment des maillons essentiels de transmission transnationale et de circulation des artistes et des créations (exemple du FTA de Montréal pour la circulation des créations théâtrales), exemple du festival de Cannes, (lieu de promotion d'esthétique nationale…). Le festival de théâtre de Nancy créé par Jack Lang illustre également ces propos, dans la mesure où il produisit des troupes du monde entier comme le Bread and Puppet Theatre.

    Les festivals, enjeux politique
    Les festivals représentent parfois l’occasion de revendiquer une position sur la scène internationale et une existence nationale. Moyens d'affirmation politique, les festivals africains, festival des Arts nègres de Dakar, Festac du Nigeria et Panaf à Alger ont marqué l'histoire des festivals dans ce sens.

    Promotion nationale ou idéologique
    De la légitimation nationale à la promotion nationale, il n'y a qu'un pas… La dimension promotionnelle (propagande nationale) est illustrée par l'exemple du festival of Britain (aspect campagne publicitaire) qui est caractéristique de l'enjeu politique. La période de la guerre froide est aussi très marquée par l'utilisation des festivals dans le grand jeu diplomatique et dans le cadre de la concurrence entre les deux blocs. Les exemples de ce type de tentative, côté bloc soviétique, est celui de la création d'un festival concurrent de Cannes et Venise et celui des festivals mondiaux de la jeunesse organisés pour réunir une jeunesse qui se retrouvait dans des idéaux marxistes.

    Enjeux politiques parfois très violents
    Au nord du Cameroun, l’exemple de deux festivals concurrents valorisant des "identités" arabes-Choa et Sao-Kotoko où les enjeux dépassent largement l'esthétique. 
    Les subventions peuvent représenter un enjeu qui n'est pas tout à fait le même selon que la subvention vient du ministère des Affaires étrangères (vocation de rayonnement international) ou du ministère de la Culture.

    "La subvention est-elle la sujétion ? " (Victor Hugo)
    Un chapitre de l'ouvrage est consacré à l’exemple d’un festival qui se veut contestataire et dont l'indépendance ne semble pas remis en cause par les subventions : celui des musiques populaires de Rio, au Brésil (MPB). Financé par la télévision nationale brésilienne, sous un régime politique militaire, ce festival illustre la capacités de festivals à porter une dimension contestataire tout en étant porté par une politique nationale...
    Une partie des festivals se construit sur une logique de contestation (principe de l'avant-garde) mais on observe globalement une disjonction entre la subvention et la création (avec malgré tout, ici ou là, des tensions entre édiles et artistes).
    Souvent ouverts à la contestation, les festivals de rock des années 1960 donnaient lieu à une intervention des pouvoirs publics – intervention se situant au niveau des règlements, des interdictions et de la sécurité – ils provoquaient parfois de fortes tensions.

    Construction identitaire
    Comment un art est-il utilisé pour valoriser une identité nationale ? Exemple des festivals africains ou du festival de Salzbourg en Autriche.
    Ambiguïté de la fonction du festival comme vitrine. Les mécanismes identitaires et communautaires sont observables avec la multiplication de festivals très spécialisés. Exemple des festivals LGBT dont l'objet est aussi la reconnaissance des communautés qui impulsent ces festivals.
    Des regroupements peuvent s'opérer autour d'identités artistiques. Pour exemple, celui d’Avignon – haut lieu de communauté d'un public qui aime le théâtre – et dont le In et le Off donnent lieu à des regroupements.

    Les festivals, lieux de négociation économique
    Espaces de confluences et de discussions économiques pour les compagnies de théâtre. Producteurs ou co-producteurs de pièces de théâtre, par exemple, les festivals sont souvent le lieu de conclusion d'accords concernant des tournées, des reprises de pièces… Exemple également du festival TV de Monte Carlo où les chaînes de télévision font leur marché ; en ce sens, les festivals peuvent être assimilés à des « foires ».

    Mais les festivals sont des lieux de rencontres d'artistes, exemple des festivals de jazz de l'immédiate après guerre (Newport, Nice), où les musiciens se côtoient et font des « bœufs ».

    Pour finir...
    L'entretien vidéo se termine sur la question de la distinction : des logiques de distinction sociale, par affinités de goût, qui n'épuisent pas la question de la quête de l'entre-soi. Alors que se sont développés les discours autour de la démocratisation nécessaire de l'accès à la culture, les festivals sont le théâtre de deux logiques à l'œuvre avec d'une part celle de l’aspiration à toucher des publics variés et d'autre part celle de l’entre-soi.

     


    Ecoutez une émission radiophonique, avec Pascale Goetschel, sur l'histoire des festivals
    sur le site de la Radio-Télévision Suisse (RTS) :
    http://www.rts.ch/espace-2/programmes/babylone/5932460-babylone-du-02-07-2014.html

     

    TABLE DE MATIERES

    INTRODUCTION
    Le festival, objet d’histoire - par Pascale Goetschel et Patricia Hidiroglou 

    JALONS ET TERRITOIRES
    Émergences et générations
    Qu’est-ce qu’un festival ? Une réponse par l’histoire - par Pascal Ory 
    La renaissance de l’opéra en Europe dans la seconde moitié du xxe siècle grâce aux festivals - par Aude Ameille 
    Les festivals artistiques de la guerre froide : quel rôle dans le renouveau de l’espace culturel européen ? (années 1940-1960) - par Caroline Moine 
    Les festivals internationaux de cinéma dans l’URSS du second stalinisme, ou brèves histoires de contre-festivals « fantômes » -  par Stefano Pisu 
    Les festivals de musique populaire : un objet transnational (années 1950-1970) - par Anaïs Fléchet 
    The era of song festivals: a fundamental moment in Musica Popular Brasileira (MPB), 1966-1968 - par Marcos Napolitano 
    Les festivals « pop » et « rock » en Europe : débats et enjeux (fin des années 1960 - début des années 1980) - par Florence Tamagne 

    Vers une « festivalisation » de la vie culturelle ?

    Changing festival definitions: a brief history of the Fribourg International Film Festival in Switzerland - par John Wäfler 
    The Queer Film Festival Phenomenon in a Global Historical Perspective (the 1970s-2000s) - par Skadi Loist 
    Une forme globalisée, des enjeux localisés. Les festivals culturels régionaux au Burkina Faso des années 1990 à aujourd’hui - par Sarah Andrieu 
    Les festivals de théâtre : esquisse d’une sociologie du champ théâtral international - par Sylvian Schryburt 

    FORMES ET DYNAMIQUES
    Modèles, contre-modèles
    Le festival d’Athènes-Épidaure : un organisme en pleine mutation - par Sotirios Haviaras et Marie-Noëlle Semet 
    Le KlezKamp de New York et le festival de Culture juive de Cracovie : modèles d’une culture yiddish réinventée - par Patricia Hidiroglou
    La naissance de deux festivals de culture juive dans le Berlin divisé - par Laurence Guillon
    Les festivals au Cameroun et leurs enjeux identitaires et politiques : Festik (2000) et Festat (2003) - par Bana Barka et Harouna Barka 

    Création et légitimation
    Au coeur de la construction de l’identité autrichienne : le festival de Salzbourg, 1917-1950 -par Amélie Charnay 
    Le festival d’Aldeburgh et Benjamin Britten - par Michel Rapoport 
    « Britain at home to the world ». Propagande et relations culturelles au Festival of Britain, 1951- par Alice Byrne 
    Angoulême, « la ville qui vit en ses images » ? Politisation de la culture et institutionnalisation du festival - par Sylvain Lesage 
    Le festival international de télévision de Monte-Carlo, à la recherche du 8e art - par Géraldine Poels 
    Les biennales d’art contemporain de Bordeaux, Lyon et Nantes, un nouvel âge de l’événement urbain ? - par Françoise Taliano-Des Garets
    La Biennale artistique et culturelle du Mali : la mise en scène d’une culture nationale, de l’indépendance à aujourd’hui - par Elina Djebbari 

    Regards croisés
    Quelles sources pour l’histoire des festivals ? Les collections du département des Arts du spectacle de la BnF ; l’histoire du festival d’Avignon dans les collections de la maison Jean Vilar - par Iris Berbain et Lenka Bokova
    Festan, Festac, Panaf - par Catherine Coquery-Vidrovitch


    À propos des orphéons, illustration de 1867...  à la Grande Guerre

    Nous vous proposons, en accompagnement de cette page consacrée à l'ouvrage, Une histoire des festivals, une autre page qui donne une illustration visuelle, textuelle (et radio) des orphéons, vous pouvez lire cet article ici : Les orphéons, chant choral aux origines de l'histoire des festivals, en France, un article du journal La Rue (Jules Vallès)


    Revue de presse Festival de Cannes, 1939

    Et pour clore cette page, un petit tour à Cannes, en 1939, alors que les préparatifs pour le premier festival, prévu pour le 1er septembre (et qui vit en fin de compte le jour en 1946, après-guerre)... Revue de presse :


    Le Petit Parisien, 12 juin 1939, annonce du festival de Cannes

    Cannes abrite désormais le festival international du film

    Nice, 11 juin 1939 (Le Petit Parisien)

    Un grand événement pour la France et pour la Côte d’Azur vient de se produire. Il est, en effet, offi­ciel aujourd’hui que dès septembre prochain, le festival international du film aura lieu à Cannes et que ce festival remplacera la biennale de Venise.

    Cette manifestation, qui devait d’abord avoir lieu tous les deux ans, devint vite, on le sait, un concours annuel. Or les produc­teurs américaine avaient décidé de ne plus prendre part à la biennale de Venise et avaient souhaité que cette grande épreuve du film ait lieu en France.

    Biarritz et Cannes étaient sur les rangs. Un comité patronné par le président du Conseil, le ministre de l'Education nationale et le haut commissaire au Tourisme examina donc les moyens offerts par les deux villes, et, après une visite à ces stations de M. Philippe Erlan­ger, directeur de l’Association fran­çaise de l’action artistique à l'étranger, c’est Cannes qui fut choisie. 

     Ce festival ce déroulera du 5 au 17 septembre.

     

     

     

     

     CE QUE SERA LE FESTIVAL DU FILM A CANNES,
    Le Figaro, 18 août 1939

     PAR Y.-GEORGES PRADE, membre du Comité d’organisation

    CE QUE SERA LE FESTIVAL DU FILM A CANNES, Le Figaro, 18 août 1939Parce que la politique y avait indiscutablement pris le pas sur l’art, et la technique, l’Exposition italienne du cinéma (improprement appelée la Biennale de Venise) paraissait condamnée à la fin de l’été dernier. La France avait le devoir, à la fois de recueillir cette succession, dont il est superflu de souligner l’importance, et de tenter autre chose sur un plan international sensiblement différent.

     Tel est le but du Festival du Film dont nous avions saisi, dès octobre 1938, les autorités gouvernementales qualifiées. Il se tien­dra, on le sait, à Cannes, du 1er au 20 septembre prochain et les adhésions recueillies parmi les pays producteurs permettent d’es­compter un succès certain — il sera, n’en doutons pas, le Cham­pionnat du monde du Cinéma.

     Quelques explications sont nécessaires pour en détailler le mécanisme, comment ne pas les fournir au Figaro qui comprit de si bonne heure la portée de cette manifestation nationale et qui nous apporta son appui spontané. Le Festival est d'essence officielle, il est organisé par le Gouvernement français et les invitations aux différentes nations ont été envoyées par le canal de notre ministère des Affaires étrangères. Signalons à ce propos, que, bien entendu, aucune exclusive n’a été prononcée, les puissances de l'Axe ont été conviées en temps utile, elles ont décliné l'invitation. Le Ministère responsable du déroulement est celui de l’Education nationale et l'exécution technique a été confiée à la Direction générale des Beaux- Arts.  (Suite page 5, col. 1, 2 et 3.)

    CE QUE SERA LE FESTIVAL DU FILM A CANNES, Le Figaro, 18 août 1939 (2ème page)

    L’importance de la participation est proportionnelle au nombre des films produits, la France, par exemple, et la Grande-Bretagne enverront chacune quatre films à long métrage, les États-Unis, par contre, auront droit à douze, tel aurait été également le cas du Japon (on y sort près de 800 films par an) s’il avait été présent à Cannes. Négligeons, pour l’instant, les catégories telles que les documentaires, scientifiques, dessins animés, etc..., pour ne nous occuper que du classement des grandes productions dites à scé­nario. Celles-ci seront aux prises nationalement dans les Grands Prix du Festival et du Jury international, décernés à chaque pays. Ainsi les films américains concourront entre eux, Stanley et Livingstone affrontera entre autres Bachelor Mother, Wissard of Oz, Union Pacific ; il en sera de même pour nos représentants choisis ces jours derniers par une commission spéciale, comme pour l’Angleterre, la Belgique, etc... En définitive, le Jury proclamera un champion par pays et chacune des bandes vic­torieuses aura droit pour les projections commerciales futures à la mention « Grand Prix du Festival de Cannes 1939 ».

    Avec la Coupe Louis Lumière, la compétition que l’inventeur du cinéma patronne personnellement s’élargira, ce trophée est destiné à récompenser le meilleur metteur en scène ; sur les noms de leurs réalisateurs, tous les films pourront donc se mesurer. Les prix de l'interprétation féminine et masculine, ceux du meilleur scénario, de la meilleure partition musicale, du meilleur opérateur, permettront en outre des jugements complémentaires significatifs.

    N’ayons garde de sous-estimer les Grands Prix (longs et courts métrages) des dessins animés, des documentaires, des films scientifiques, pédagogiques, de l’actualité et du reportage. Là encore, nous sommes assurés d’envois hors de pair, Cannes démontrera avec éclat qu’il n’est pas sur l’écran de catégories mineures. Le Festival sera caractérisé par des premières représentations européennes, souvent mondiales, et quoique le règlement autorise l’inscription de toute réalisation de l’année, les films inédits seront en écrasante majorité.

    Qui donc les classera ? Ai-je souvent entendu questionner ? Un jury constitué par les représentants des pays participants, ceux-ci ayant été désignés, à raison d’un par nation, par leur Gouvernement respectif. M. Georges Huisman détiendra la voix de la France, M. Harold Smith, celle des Etats-Unis; sir Henry Vansittart, probablement celle de l’Angleterre, M. de Maegt, la Suède, M. Van Staveren, la Hollande, M. Borggren-Franck, la Belgique, ajoutons-y les délégués de la Pologne, de l’U. R. S. S., de l’Egypte, de la Tchéco-Slovaquie, toutes ces adhésions étant déjà parvenues.

    Pourtant, objectera-t-on, Veni­se a lieu cette année, nous ne le contestons pas, le Dr Gœbbels en a même présidé les journées d’ouverture qui révèlent une participation restreinte. Mais le cinéma américain y fait complètement défaut, il sera, selon l’expression de ses dirigeants, 100 pour 100 à Cannes, et cette seule préférence nous dispense de toute comparaison entre les deux manifestations.

    Dans peu de jours, la France recevra ses invités, pouvait-on choisir de cadre plus idéal ? De la Napoule au fort d’Antibes, qu’aimait à peindre deux fois dans sa journée le délicat Signac, une nature privilégiée offre généreusement ses écrans pittoresques. La falaise du Suquet, Mougins si paisible, Biot aux perspectives florentines, Vallauris, montagne de fleurs, Juan-les-Pins, des jeux aquatiques, la Croisette, boulevard international, sont autant d'éléments qui réalisent la vie en or et le climat que demande le ci­néma.

    Y. Georges Prade.

     LE PREMIER FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM EN FRANCE (1) 10 août 1939

    LE PREMIER FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM EN FRANCE
    10 août 1939, L'Humanité
    On sait que la France a décidé d’organiser un grand festival annuel international de cinéma. Nous connaissons maintenant les grandes lignes du premier de ces festivals qui va avoir lieu a Cannes, du 1er au 15 septembre prochain.

    En organisant cette grande manifestation, la France a voulu encou­rager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes, et créer entre tous les pays producteurs de films un véritable esprit de collaboration, dans une atmosphère de complète cordialité. 

    Le Festival international de Cannes se déroulera pendant environ trois semaines, au cours desquelles seront présentés pour la première fois en de brillantes soirées de gala, les films les plus marquants de la production mondiale, dont la réalisation est  LE PREMIER FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM EN FRANCE (2) 10 août 1939actuellement en voie d’achèvement dan les studios de Hollywood, de Londres, de Paris et des autres centres cinématographiques.  

    Les vedettes étrangères et françaises les plus célèbres, ainsi que les metteurs en scène les plus réputés se rendront à Cannes pour participer à ce, festival, qui constituera une manifestation cinématographique - internationale d’un éclat incomparable.
    M. Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des beaux arts, présidera personnellement le festival de Cannes, qui a été placé sous le patronage du grand savant français : Louis Lumière, membre de l’institut de France. Et le gouvernement a chargé l’Association française d’action artistique à l’étranger de l’organisation de cette première manifestation.

     

    Un comité d’organisation a été immédiatement formé, dont le président est M. Georges Huisman, directeur général des beaux arts, et qui comprend de nombreuses personnalités officielles,  LE PREMIER FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM EN FRANCE (3) 10 août 1939notamment des représentants de la présidence du Conseil, du ministère des Affaires étrangères, du Com- missariat général du tourisme, de la ville de Cannes.

    Le jury sera composé uniquement de personnalités n’ayant aucune attache directe avec l’industrie cinématographique. Les jurés seront des hommes de lettres, de hauts fonctionnaires, en un mot, des hommes avertis, des hommes de goût ; mais non des techniciens au sens strict du mot. On a voulu ainsi éliminer le risque d’une déformation professionnelle, normale, et même logique, chez une personnalité intimement mêlée, par son action quotidienne, à la production cinématographique.
    Ce jury comprendra un représentant de chaque pays participant.. La France n’y aura qu’une voix, et le choix même du président dépendra du vote du jury. En effet, tous les films étrangers et français présentés à Cannes seront l’objet, d’une compétition, et ils de­vront avoir été réalisés dans les douze mois précédent l’ouverture, du festival. De plus, 50 p. cent des films de long métrage devront être de première vision européenne.... Une des originalités du règlement sera de superposer les compétitions dans le cadre national et dans le cadre international.

    Compétitions nationales. — Des prix seront, en effet, attribués aux meilleurs films de chaque nation repré­sentée. Il y aura ainsi, pour chaque pays, un Grand prix du festival international de Cannes 1939, qui récompensera le film le plus apprécié, présenté par ce pays.

     Compétitions internationales. — La course internationale proprement dite se déroulera entre les metteurs en scène, les interprètes, les opérateurs, les auteurs de scénario et les compositeurs. 

    Un grand prix récompensera le meilleur metteur en scène, tandis que deux autres seront attribués à la meilleure interprète féminine, et au meilleur interprète masculin. D'autres prix ont été également prévus pour l’auteur du meilleur scénario, l’auteur de la meilleure partition musicale, et le meilleur opérateur de prises de vues. Seront également récompensés les meilleurs films de court métrage, documentaires, dessins animés, actualités, films scientifiques, éducatifs, etc... Tous les pays producteurs de films ont été invités, et si, faute de temps, toutes les réponses officielles ne sont pas encore parvenues, un nombre important de pays ont déjà donné leur adhésion.

    C’est ainsi que les Etats-Unis, l’U. R. S. S., la Grande-Bretagne, la Belgique, la Suède, la Pologne, l’Egypte ont annoncé leur participation officielle au festival de Cannes. Dans quelques jours; le secrétariat du comité d’organisation du festival sera à-même de communiquer la liste des films qui seront projetés à Cannes. Mais déjà l’on peut dire que la Belgique présentera trois documentaires sur l’Acier, Memling et le Congo.

    Il est incontestable qu’il y a dans la formule de ce programme de réelles originalités. Il nous paraît bien que la France, qui n’a voulu faire concurrence à personne, ni répéter ce qui existait déjà ailleurs, n’ait voulu ni d’un jury uniquement français, ou à prépondérance française, ni de récompenses spéciales réservées aux films français. De même notre pays a tenu à ne participer à ce festival qu’en tant qu’invité, au même titre et dans les mêmes conditions que les autres délégations présentes.

    Cependant, nous ne saurions trouver bon qu’une telle manifestation se déroule à Cannes. Son caractère même exigeait qu'elle ait lieu à Paris, et non comme pour favoriser la « saison » d’une plage à la mode, Cannes ou une autre, peu importe. Cela a beau être sous le signe de la bonne humeur, comme dit le communiqué, de telles épreuves réclament un climat psychologique plus sérieux que celui des ébats «côte-d’azuréens ». Car on devine à quel genre de public appartiendront les invités et les spectateurs payants. Pour des raisons analogues, nous faisons toutes réserves sur la compétence du jury. On nous prévient qu’on l’a choisi parmi, des personnalités sans attache directe avec l’industrie cinématographique, que les hommes de lettres et les hauts fonctionnaires nommés sont hommes de goût et intelligents, nous voulons bien le croire, mais même pris comme tels, ils n’en représentent pas moins qu’une partie quelconque du public. Il aurait donc fallu, puisqu'on ne voulait se placer ni sur le plan de la connaissance technique, ni sur celui de l'esprit critique, leur adjoindre des représentants du public populaire, dont les réactions sont au moins aussi importantes que celles des autres classes sociales. Et ce n’est pas la décision, sans originalité ni audace, du Grand prix national du cinéma français, émise par un jury mystérieux mais sans doute de même composition, qui pourrait nous faire changer d’avis.

    Bastien

    Le fest Le festival décommandé, 4 septembre 1939ival décommandé
    Le Figaro, 4 septembre 1939

    « Trois semaines d'éblouissement » annoncent les affiches du Festival de Cannes, à chaque tournant des routes de la Côte d’Azur. En vingt-quatre heures, le Midi est passe de l’état de fête à l’état de siège. Ce changement à vue s’est d’ailleurs opéré sans affolement. Les hôtels se sont vidés, les autos ont pris la route et des troupes sont venues relever les estivants. Aujourd'hui, un canon est en batterie à la pointe du Palm Beach et des Sénégalais bivouaquent sur ces plages où, hier encore, on prenait des bains de soleil.


     

     

      


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  • Permissionnaires dans la Grande Guerre

    Permissionnaires dans la Grande Guerre, Emmanuelle CronierEmmanuelle Cronier

    Quand la guerre commence, en août 1914, personne n’imagine laisser les combattants rentrer chez eux avant la victoire. Avec le prolongement du conflit, moral et certitudes vacillent : la question de l’endurance des populations se pose avec force dans une guerre qui devient totale. À partir de 1915, quelques jours de permission à l’arrière permettent aux combattants d’échapper aux tranchées et aux horreurs de la guerre. Moment d’émotion familiale et de retrouvailles amoureuses, la permission est aussi un temps de distractions dans un Paris où le contraste avec le front est saisissant. Commis voyageur du front à l’arrière, le permissionnaire vient rappeler aux civils le sacrifice combattant et devient une figure-clé des représentations
    du temps de guerre.
    Dans une approche globale et neuve des sociétés durant la Grande Guerre, Emmanuelle Cronier embrasse d’un même regard les aspects militaires et logistiques, la culture politique républicaine, l’intimité des familles et des couples, le quotidien des permissionnaires et les multiples transgressions indissociables de la figure du « poilu » à l’arrière.

     

    Belin, novembre 2013  «collection Histoire»
    150 x 220 mm   352 pages
    isbn : 978-2-7011-4762-8   prix : 25 €

    Compte rendu à lire sur : http://clio-cr.clionautes.org/permissionnaires-dans-la-grande-guerre.html#.Us5ssmTuIgU

     

    Permissionnaires dans la Grande Guerre, 1915 : Poilus à la gare de l'Est, retrouvailles familiales à Paris

    1915 : Poilus permissionnaires à la gare de l'Est, retrouvailles familiales à Paris
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    Source : Gallica

    Permissionnaires dans la Grande Guerre, en 1916, poilus à la terrasse d'un restaurant

    1916 terrasse de restaurant pour militaires, Poilus permissionnaires
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    Permissionnaires dans la Grande Guerre,  en 1916, poilus à la gare de l'Est, à Paris, prosélytisme religieux

     1916, poilus à la gare de l'Est, à Paris,  prosélytisme religieux
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    Source : Gallica

    Permissionnaires dans la Grande Guerre, 22 novembre 1915, poilus du 127e régiment à la gare de l'Est, Paris

    22 novembre 1915, poilus du 127e régiment permissionnaires à la gare de l'Est Paris
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    Source : Gallica

    Permissionnaires dans la Grande Guerre, 22-11-15, les poilus permissionnaires achètent des bagues à la gare de l'Est, Paris

    22 novembre 1915, des poilus permissionnaires achètent des bagues à la gare de l'Est, Paris
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  • La collaboration au Luxembourg durant la Seconde Guerre mondiale
    1940-1945. Accommodation, adaptation, assimilation

    La collaboration au Luxembourg durant la Seconde Guerre mondiale, Vincent ArtusoVincent Artuso

    Les autorités luxembourgeoises étaient prêtes à collaborer avec l'Allemagne nazie pour préserver l'indépendance de leur pays. L'occupant préféra annexer le Grand-Duché sans contrepartie. Les Luxembourgeois furent soumis à une politique de germanisation et de nazification. Alors que la Résistance à l'occupant ne se mit en place que très progressivement, certains optèrent pour l'accommodation, jugeant qu'ils ne pouvaient rien changer aux circonstances. D'autres s'adaptèrent à l'ordre nouveau, pensant obtenir des concessions. Enfin, une minorité notable s'assimila totalement au peuple allemand, tel que le définissait le régime national-socialiste. Ces comportements variés évoluèrent tout au long de la période d'occupation. Dans ce livre, ces années ne sont pas abordées comme un bloc homogène, mais comme une succession de phases fort différentes.

     

     

     

    Peter Lang Édition, septembre 2013
    collection «Études luxembourgeoises, 4»

    110 x 215 mm
    395 pages

    isbn : 978-3-631-63256-7


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  • L'identité passe à table…

    L'identité passe à table - Pascal OryPascal Ory

    Le classement par l’UNESCO, en novembre 2010, du repas gastronomique des Français (donc, tendanciellement, de tous les Français…) à l’inventaire du « patrimoine immatériel » mondial a suscité bien des commentaires, des plus enthousiastes aux plus ironiques : ces entretiens entendent reprendre le dossier à la base. On y propose une définition claire du terme, ambigu, de gastronomie, on y démystifie la tradition gastronomique – ici comme ailleurs rien n’est donné, tout est construit, dans un constant métissage-, on y explicite les éléments constitutifs de l’identité nationale française telle qu’elle se met en jeu autour de la table. En prime, on y gagne d’éclairer le malentendu permanent entre cultures hédonistes et cultures puritaines (anglo-saxonnes, en particulier). Le tout éclaire les prétentions de la France non pas à l’excellence, proclamée, mais à l’expertise, partagée : la vraie singularité de ce pays tient moins à une qualité de cuisine ou de boisson qu’à la centralité accordée par lui aux questions du manger et du boire. Pascal Ory, professeur d’histoire à la Sorbonne, est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages portant sur l’histoire culturelle et l’histoire politique des sociétés modernes. Au PUF il a publié le « Que sais-je ? » de référence sur L’histoire culturelle. Ce volume se situe dans la continuité de son ouvrage sur Le discours gastronomique français, des origines à nos jours (Gallimard, 1998).

    PUF/Fondation Nestlé France
    octobre 2013
    isbn : 2130626572

    ean : 978-2130626572

     

    Nous vous donnons ci-dessous, un extrait du premier numéro de la Revue Gastronomique,
    daté du 16 novembre 1854.

    Revue gastronomique, 1851. Questions de truffe. illustration de la page de Pascal Ory, sur l'identité passe à tableUn grand nombre de journaux politiques de Paris et des départements ont bien voulu s'occuper du premier numéro de notre modeste publication. Ils l'ont accueilli avec une bienveillance dont le Comité gastronomique les remercie de tout cœur. Leur précieux appui et leurs conseils amis prouvent hautement, nous sommes fiers de le constater, que, malgré les dangers qui la menacent, la France est encore et veut rester toujours le foyer ardent de l'art de bien vivre, le flambeau du goût, la mère féconde de l'abondance et du plaisir, Nous le répétons donc ici : LA LICE EST OUVERTE !.…

    La Revue gastronomique n'a ni privilégiés ni maîtres jaloux : elle atteindra le but qu'elle s'est proposé si ses colonnes deviennent, un jour, l'arène commune où se plairont à jouter les plus vaillants champions de la gaie science et des joyeux devis.

    Le Secrétaire du Comité gastronomique,

    1re SÉANCE DU COMITÉ GASTRONOMIQUE.

    Question de truffes
    Les derniers beaux jours de l'automne, la chasse, les voyages ont rendu difficile la complète réunion des membres-fondateurs du Comité gastronomique. Le 4 de ce mois cependant, quelques heures avant la reprise des séances de l'Assemblée nationale, nos honorables gourmets, au nombre de neuf, ont pu commencer aussi les travaux importants qu'ils se sont imposés au nom de l'intérêt public.

    Un déjeuner, d'une haute sévérité scientifique, et sorti des cuisines de Véfour, a été tout le cérémonial de l'ouverture de leur session. C'est au bruit des verres, au gai refrain d'une vieille chanson, que le doyen d'âge a doctoralement pris possession du fauteuil présidentiel. Là, après un toast chaleureux porté à l'avenir de l'œuvre si consciencieusement entreprise, il a proposé une dernière rasade, qui a été bue rubis sur l'ongle, puis il a déclaré la séance ouverte et donné la parole à M. le rapporteur de la question des truffes.

    Le rapporteur, homme d'une expérience pratique tout à fait respectable, s'est exprimé en ces termes :

    « Messieurs, il y a quinze ans bientôt que s'est accomplie dans mon existence une toute petite révolution, dont je prends la liberté de vous dire quelques mots. Ils se rattachent essentiellement au sujet qui nous occupe.

    « Ainsi que la plupart des hommes de notre temps, j'ai passé les plus belles années de mon âge mûr à poursuivre avec intrépidité l'inconstante Fortune. Quelquefois enfuyant devant moi, coquette comme la blonde Galatée, elle a daigné me distinguer dans la foule par un regard furtif, quelquefois même par un sourire encourageant. Si légères qu'elles soient, de semblables faveurs ne sont pas accordées à tous les poursuivants de la capricieuse déesse. Au point de vue habituel des choses d'aujourd'hui, je n'aurais donc pas eu lieu de me plaindre. Mes rivaux, mes amis me tenaient au contraire pour un mortel très heureux. Ils enviaient mon sort : on me citait comme un modèle de prudence, d'habileté, de savoir ; les exaltés allaient jusqu'à me donner du génie. Eh bien ! Messieurs, je vous en fais ici l'aveu sincère, tandis que tout le monde me louait ainsi, tandis que l'on ne parlait que de mes succès, succès réels et nombreux, j'étais, dans mon for intérieur, un être véritablement digne de pitié : les encouragements, les provocations malicieuses de la Fortune allumaient en moi des désirs immenses. Toujours éveillé, toujours haletant, je ne savais que tendre vers elle des mains avides ; je la dévorais du regard ; et lorsque, dans ma fiévreuse hallucination, je croyais avoir vaincu ses dernières rigueurs, éperdu, les bras ouverts, je m'élançais pour l'étreindre avec frénésie ; mais la cruelle fuyait encore. Je la poursuivais de nouveau ; elle fuyait, fuyait toujours ; et j'aurais péri sans doute dans cette lutte désespérée, si un éclair de sagesse n'était soudainement venu me sauver. Cette lueur salutaire dissipa l'erreur qui m'enveloppait ; je pus enfin comprendre, non sans une grande humiliation pour mon intelligence, que je m'étais, jusque-là, fait le jouet imbécile d'une chimère, belle, enivrante tant qu'on voudra, mais chimère cependant, et qui n'apparaît aux hommes que pour les éblouir, qui ne s'amuse à surexciter leur esprit et leurs sens que pour torturer leur âme !... Ah ! mes amis, craignez, craignez ses dangereux enchantements ! Si vous étiez assez faibles pour vivre sous leur charme, vous ne rencontreriez jamais sur cette terre un jour de bonheur véritable, jamais une heure de douce joie. Croyez-en ma parole, croyez en mon expérience : résistez à l'envie, à l'ambition, à l'orgueil, c'est-à-dire à la soif immodérée des richesses : elle dessèche le cœur. J'ai failli, quant à moi, rester livré sans défense à ses mortelles ardeurs. Mais, grâce au ciel, j'ai appris à les combattre, à les dompter à jamais, et ce résultat, qui m'a valu un bonheur sans mélange, je le dois à la truffe. »

    L'orateur entre ici dans certains détails de sa vie privée qu'il n'est pas indispensable au public de connaître. Comme font bien des personnes habituées de bonne heure à la richesse, à l'abondance, il avait pendant longtemps mangé les choses exquises servies à sa table sans beaucoup de discernement. Les truffes elles-mêmes avaient à peine attiré son attention. S'il les avait appréciées un peu mieux qu'il ne faisait des autres aliments, il n'était pas encore sorti à leur égard de l'estime incontestée que leur porte le vulgaire. Il était réservé à M. de Salignac, un de ses compagnons d'enfance, de le tirer de la cohue obscure des mangeurs ordinaires.

    M. de Salignac jouit d'une rare aptitude gastronomique ; il professe même très savamment ; dans le monde gourmand on cite avec avantage plusieurs élèves qui lui font le plus grand honneur. Aussi, notre honorable rapporteur, dont les dispositions étaient évidemment très heureuses, ne tarda-t-il pas à progresser sous un tel maître. C'est du jour de son initiation à la science du Goût qu'il se plaît à dater le commencement de son bonheur. Alors seulement la nature se révèle à lui dans toute sa splendeur ; il en étudie les mystères infinis ; il voit l'homme possesseur éternel d'une miraculeuse complication, de prodiges : les plantes, les fruits, les fleurs, les êtres si bizarres et si intéressants qui courent les airs, les bois et les prairies, qui peuplent les mers et les fleuves, tout cela est à lui ; tout naît, grandit, se développe et s'engraisse pour lui. À un pareil spectacle sa fierté se réveille ; il a honte des indignes manœuvres auxquelles il se livrait avec effort pour obtenir une distinction puérile parmi ses semblables, lorsque sa place était déjà marquée si belle dans le grand tout de la création. Il se désole d'avoir perdu de si nombreuses années au contact des mauvaises passions des méchants, ces pauvres créatures dépravées, déchues, qui, n'ayant plus rien de l'homme que la forme abâtardie, s'agitent, se poussent, s'entre-déchirent pour arriver, les premiers, au mirage décevant qu'on nomme la puissance de l'or. Les infortunés ! pendant qu'ils usent leur vie et flétrissent leur cœur à la recherche d'un Eden qui n'existe pas, ils foulent stupidement aux pieds les innombrables trésors de joie, de force et de volupté que la terre voudrait leur offrir !... Aberration étrange ! folie, niaiserie incroyables ! Cette foule ahurie a réalisé l'anathème de l'Écriture : « Elle a des yeux et elle ne voit pas… elle a des oreilles et elle n'entend pas… » Car, en définitive, que lui faudrait-il pour couper court à tous les maux dont elle s'accable depuis tant de siècles ? Rien ! presque rien ! Il faudrait seulement que pendant quelques jours elle s'habituât à manger lentement et à étudier religieusement ce qu'elle mange,

    « Oui, messieurs, s'écrie le sage rapporteur, oui, manger lentement, manger avec foi, étudier ce qu'on mange, voilà le principe qui pourrait nous mener le plus promptement à la solution de ce problème social dont je vois le monde entier si sombrement ému. Le parfum des plantes, la saveur des fruits, ces délices qui ressortent des combinaisons que peut inventer le Goût, ne manqueraient pas d'opérer sur tous les hommes la transformation qu'ils ont opérée sur moi. J'étais un ridicule esclave de l'envie, de la haine, de la peur. Je ne pouvais supporter les avantages que certains de mes concitoyens paraissaient avoir sur moi : je voulais au milieu d'eux être à la fois le plus riche, le plus fort, le plus connu, le plus écouté, le plus honoré, le plus redouté. Je n'éprouvais que colère et rage contre les hommes ou les choses qui faisaient obstacle à mes projets ; et comme je ne souhaitais rien tant que l'abaissement ou la misère pour mes compétiteurs, il me semblait que, de leur côté, ils employaient leurs forces et leurs ruses à me tendre d'effroyables embûches. »

    L'orateur insiste encore sur l’impossibilité où il était de rencontrer le bonheur au milieu des convoitises terribles que l'état actuel de nos mœurs faisait naître en lui. Il rend grâces au ciel et à son ami Salignac de lui avoir fourni l'occasion de s'affranchir d'une aussi lourde chaîne, et il trace un tableau charmant des joies offertes à l'homme de paix, soit par la contemplation, soit par l'intelligent usage des richesses de la nature. Et ces joies, si nombreuses, si variées, ce n'est pas seulement le paisible possesseur d'un vaste domaine ou d'une autre abondante source de revenus qui peut les atteindre : elles sont offertes avec la même libéralité au plus modeste artisan comme au plus opulent financier. Tous les produits de la terre, toutes les combinaisons de la science culinaire, à quelque degré que l'on se trouve dans l'ordre social établi, donnent à profusion les éléments d'une félicité complète. La nature a mis, dans tous les aliments qui devaient être recherchés par l'homme, le principe réparateur des forces qu'il a dépensées ; l'habitude seule ou la divergence des facultés organiques marquent des préférences. C'est ainsi que l'on voit les êtres faibles, lymphatiques, rechercher les substances douces, légères, parfumées, tandis que les natures fortes, ardentes, se jettent avec ardeur sur les viandes noires et sur les préparations vigoureusement relevées ; c'est ainsi encore que le pâtre des montagnes, avec une poire de nos jardins, avec une simple pomme de terre cuite sous la cendre, fera un festin aussi splendide, aussi savoureux pour lui que le seraient pour nous les plus fastueux menus de Carême, du marquis d'Aigrefeuille ou de M. de Cussy. Monsieur le rapporteur, en un mot, démontre avec une autorité incontestable que, toutes proportions gardées, il n'y a au monde ni sots ragoûts ni sots rôtis, et que s'il n'y avait pas de sots mangeurs, les ineffables préoccupations des plaisirs de la table ne laisseraient plus de place clans le cœur humain aux préoccupations odieuses qui constituent le fond de notre civilisation.

    On voit que le Comité n'aurait pu choisir, pour étudier les truffes, un gastronome plus convaincu. Aussi, la question est-elle examinée sous toutes ses faces. C'est d'abord de leur nom qu'il s'agit : il vient de l'italien tartufo, qui se cache, se déguise. Joinville en a fait le vieux mot truffer, qui se disait pour ruser, friponner, parce que, sans doute, la truffe croît en terre, s'y développe en cachette, s'y reproduit, sans jamais paraître au dehors, sans laisser soupçonner son existence par une tige végétale quelconque, et sans avoir besoin même de l'action vivifiante de la lumière. On sait aussi que c'est uniquement pour des causes semblables que Molière a donné à peu près le nom de ce cryptogame à un de ses personnages célèbres.

    La truffe, citée aujourd'hui comme le diamant de la cuisine, a joui dans tous les temps d'une haute réputation.

    Selon Catien, les Grecs la tenaient en grande estime. On accorda, à Athènes, le droit de bourgeoisie aux enfants de Chérips, parce que leur père avait doté Ia république d'un nouveau ragoût aux truffes...

    Quel bel exemple pour nos gouvernants, et quel espoir pour nos cuisiniers !

    Selon Pline (lib.XIX, c2), Apicius et Lucullus faisaient venir à grands frais des truffes de Carthage et de Libye ; la substance en était blanche ou rougeâtre ; celles de Libye étaient les plus recherchées comme à la fois plus délicates et plus parfumées.

     … Gustus elementa per omnia quærunt.

    Juvénal

     


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  • Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France

    Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, Pascal Ory, Marie-Claude Blanc-Chaléardsous la direction de Pascal Ory
    avec la collaboration de Marie-Claude Blanc-Chaléard

    Alors que le débat sur l'«identité nationale» continue de diviser la classe politique, ce Dictionnaire, d'une ampleur sans précédent, permet de rétablir certaines vérités et devrait faire débat à son tour.
    Qui de plus français que le couturier et mécène Pierre Cardin ou le premier vainqueur du Tour de France cycliste, Maurice Garin ? Sauf que l'un et l'autre sont nés Italiens. À l'inverse, combien de Français savent que le prix Nobel de littérature de l'an 2000 a été attribué à un citoyen français – naturalisé depuis trois ans – Gao Xingjian, né à Ganzhou soixante ans plus tôt ? Ce que la plupart de nos compatriotes savent, en revanche, c'est que la renommée de la France doit beaucoup à Frédéric Chopin, Marie Curie, Pablo Picasso, Le Corbusier, Samuel Beckett ou Charles Aznavour. Et ceux qui s'intéressent au destin politique de ce pays ont sans doute remarqué, sans remonter plus haut que la Révolution française, que ladite Révolution n'aurait pas tout à fait été la même sans le modéré Necker ou le radical Marat – deux Suisses –, la IIIe République sans Gambetta ou Weygand, la Résistance sans Boris Vildé, du premier réseau, celui du Musée de l'homme, ou le groupe Manouchian et ses fusillés stigmatisés sur l'Affiche rouge « parce qu'à prononcer leurs noms sont difficiles »...
    Pour mieux connaître cet apport exceptionnel des étrangers à l'histoire de notre pays, il manquait un ouvrage comme celui-ci. Il sera, à coup sûr, pour ses lecteurs une source éclairante et vivifiante de surprises, de découvertes, d'émotions.
    La période choisie commence en 1789, avec la proclamation solennelle et inédite de la nation française comme principe de souveraineté, et va jusqu'à nos jours, avec Stéphane Hessel ou Marjane Satrapi.
    La notion d'« étranger » est prise ici au sens juridique du terme, pour éviter toute subjectivité : être né de statut étranger, en France ou hors de nos frontières, qu'on le soit resté ensuite (comme Pablo Picasso), qu'on ait obtenu sa naturalisation (comme Yves Montand), qu'on l'ait abandonnée (comme Igor Stravinsky) ou qu'on ait failli la perdre (comme Serge Gainsbourg). Les naturalisés de naissance, comme Georges Perec, ne figurent donc pas dans ce dictionnaire, non plus que les ressortissants des colonies ou des départements d'outre-mer.
    Tous les secteurs d'activités sont représentés, de la littérature (Émile Zola) au sport (Raymond Kopa) en passant par le monde de l'entreprise (Carlos Ghosn) et de la création sous toutes ses formes. Les notices communautaires permettent de redonner toute leur place aux obscurs et aux sans-grade, qui jouèrent leur rôle dans l'édification de l'économie comme de la culture françaises, des mineurs polonais aux maçons portugais, des musiciens de bal musette aux chanteurs de raï.

    L'ouvrage, qui comprend 1 186 articles (1 112 notices individuelles, 22 notices collectives, 52 notices communautaires), est précédé d'une préface de Pascal Ory, son maître d'oeuvre

    Robert Laffont, octobre 2013  collection «Bouquins»
    953 pages  prix : 30 €
    isbn : 978-2221113165  ean : 2221113160

     


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  • Financer les utopies. Une histoire du crédit coopératif
    1893-2013

    Financer les utopies. Une histoire du crédit coopératif. Michel Dreyfus et Éric Bélouetsous la direction de
    Michel Dreyfus et Éric Bélouet

    Peut-on imaginer deux univers plus opposés que ceux de la banque et de l’utopie ? Pourtant, ce qui sépare l’idéal du concret se résume souvent au même mot : argent. Et c’est lorsque les pionniers de la coopération de production, mus par la volonté un peu folle de rendre l’économie plus humaine au coeur de la société capitaliste, prirent conscience qu’il leur fallait eux aussi se doter d’instruments financiers à la hauteur de leurs ambitions que se mit en marche un processus dont le Crédit Coopératif est aujourd’hui l’héritier.
    C’est à la découverte de cette épopée plus que centenaire que l’historien Michel Dreyfus nous convie à travers ce livre passionnant. Démarrant logiquement son propos en 1893, date de création de la Banque coopérative des associations ouvrières de production, laquelle fusionnera en 1969 avec la Caisse Centrale de Crédit Coopératif née en 1938, il nous fait découvrir les nombreuses étapes ayant jalonné la vie d’une banque solidaire dont nous mesurons aujourd’hui, plus encore qu’hier, l’utilité en ces temps de faillite de la finance sans éthique.
    Désireux de ne pas écrire une histoire in vitro, l’auteur adopte une démarche consistant à maintenir le cap de son récit sans jamais déconnecter son objet d’un contexte aux dimensions multiples. Menée jusqu’à sa période la plus contemporaine, cette histoire au long cours sait également saisir l’une des évolutions majeures de ces dernières décennies : l’ouverture de la banque coopérative à d’autres secteurs de l’économie sociale puis de l’économie sociale et solidaire, avec en particulier le rôle décisif qu’elle joue aujourd’hui dans le champ associatif.
    Le tour de force réalisé à travers cet ouvrage réside donc dans la capacité de son auteur à rendre accessible à tous une histoire aussi complexe que méconnue, et ce faisant d’éclairer tout un pan de cette économie sociale et solidaire placée sous le feu des projecteurs depuis qu’un ministère délégué a été inauguré pour elle en mai 2012.

    Actes Sud Sciences humaines / IMEC
    avril 2013   145 x 240 mm, 352 p. 

    isbn : 978-2-330-01755-2  prix : 27 €


     Note de lecture dans la revue de la LDH, Ewa Tartakowsky : 

    Alors que la crise que nous vivons met en débat les différentes formes de l'économie, l'économie sociale occupe une place de plus en plus importante dans la société française, y compris dans les préoccupations gouvernementales. Territoire de convergence entre acteurs mutualistes, coopératifs et associatifs, elle représente, au-delà de sa dimension économique, un projet de société.

    L'ouvrage de Michel Dreyfus en trace les contours à travers l’histoire du Crédit coopératif, banque dont l'origine se situe en 1893 avec la naissance de la Banque coopérative des associations ouvrières de production (BCAOP), qui fusionne à la fin des années 1970 avec la Caisse centrale de crédit coopératif, dite « 4C ». L'histoire du Crédit coopératif, acteur majeur de l'économie sociale qui favorise « le développement d’une économie à forte plus-value humaine », c'est tout d'abord l'histoire de la coopération théorisée par Charles Gide, l'un des principaux penseurs de la coopération et dirigeant de la LDH. Au cœur de ses écrits : les coopératives de consommation favorisant « l’émancipation des travailleurs », vision progressivement abandonnée au profit des coopératives de production avec le renouvellement théorique engagé par Henri Des­roche, Albert Meister et Claude Vienney, dans les années 1960, puis la faillite généralisée de la Fédération nationale des coopératives de consommateurs (FNCC), dans les années 1980. L'histoire du Crédit coopératif renvoie également à celle des mouvements politiques ayant largement inspiré l'économie sociale : les idées proudhoniennes revues par le Parti radical, les tendances d'inspirations catholiques comme celles de l'association Economie et Humanisme, le mouvement des communautés de travail... Enfin, sur le plan national, c'est aussi une histoire du secteur bancaire tout entier.

    Financer les utopies se présente au carrefour de toutes ces histoires ; il permet de comprendre pourquoi l'économie sociale puis l'économie sociale et solidaire, à l'instar du mouvement des banques des coo­pératives né dans les années 1840, en réaction aux excès des débuts de la révolution industrielle, sont aujourd'hui à ce point convoitées. Cette popularité résulte à la fois de la prise de conscience par les coo­pératives, les mutuelles et le milieu associatif de leur force dans les années 1970, et des conséquences du libéralisme économique, de l'essoufflement de l'idéologie socialiste et du recul de l'Etat- providence.

    Lire l'histoire du mouvement coo­pératif c'est, in fine, avoir un éclai­rage sur un projet global de société et des mutations de l'économie qui traversent tant la France que l'Europe tout entière. C'est aussi s'interroger sur le périmètre de la responsabilité de l'économie sociale dont « le projet se définit par une caractéristique fondamentale [voulant] transformer la société mais en contournant l'Etat» ; sur le rôle de ce secteur dans les innova­tions et expérimentations sociales ; sur l'équilibre à trouver entre les principes autogestionnaires, les préoccupations environnemen­tales et démocratiques et la dimen­sion territoriale de cette forme de l'économie.

    Ewa Tartakowsky Télécharger la note de lecture sur le site de la ldh

     

    SOMMAIRE

    Introduction
    I. DES ORIGINES Ä LA GRANDE GUERRE (1893-1914) 
    Les débuts de la Coopération ouvrière de production 
    La Coopération de production et le mouvement socialiste  
    Les débuts de la Chambre consultative
    des associations ouvrières de production  
    Aux origines de la BCAOP  
    Panorama du mouvement coopératif jusqu'en 1914  
    Les banques populaires de 1848 à 1914  
    La BCAOP de 1893 à 1914  
    II. DURANT LA GRANDE GUERRE (1914-1918)  
    Les transformations du mouvement social  
    Les transformations de la Coopération de production 
    La BCAOP durant la Grande Guerre  
    III. DE LA VICTOIRE Ä LA GRANDE CRISE (1918-1931)  
    Trois changements importants
    pour la Coopération de production  
    L'essor de la Coopération durant les années 1920 76
    L'expansion de la BCAOP de 1918 à 1931  
    IV. LA BCAOP DURANT LA CRISE
    DES ANNEES 1930 (1931-1937)  
    Les effets de la crise économique sur la Coopération de production  
    Remise en cause de la primauté de la Coopération de consommation  
    La catastrophe de la Banque des coopératives de France
    La Coopération sous le Front populaire

    Expansion de la BCAOP de 1931 a 1937  
    V. LA PREMIERE DECENNIE DE LA CAISSE CENTRALE
    DE CREDIT COOPERATIF (19371947)
    Vers une nouvelle guerre mondiale  
    La fondation de la CGSCOP  
    Les débuts de la 4C et le bilan de la BCAOP en 1939  
    Le contexte difficile de Vichy  
    La Coopération de consommation 
    La Coopération de production  
    L'Implantation professionnelle
    de la Coopération de production  
    Les secteurs "traditionnels"  
    Un secteur nouveau : l'artisanat  
    L'immobilisme de la BCAOP durant les années sombres 
    L’étonnant parcours de Pierre Lacour
    de Vichy à la Libération 
    VI. LA DIVERSIFICATION
    DE L'ACTIVITE COOPERATIVE (1947-1958) 
    La loi-cadre du 10 septembre 1947 
    La Coopération de production sous la IVe République  
    La Stagnation de la BCAOP de 1947 ä 1958 
    Des hommes nouveaux à la 4C et autour d'elle  
    Les communautés de travail
    et leur rencontre avec la CGSCOP 
    Les frémissements de la 4C
    La pêche 
    Le logement 
    VII. LE RENOUVEAU DE LA PENSEE
    ET DE LA PRATIQUE COOPERATIVES (1958-1969)  
    Henri Desroche, Claude Vienney et Albert Meister  
    La Cooperation de production dans les années 1960  
    La BCAOP de 1958 ä 1969 : mort sans transfiguration  
    La 4C s'ouvre aux artisans et surtout aux commerçants  
    Les artisans  
    Les commerçants  
    Les premiers pas de la 4C
    vers les mutuelles et les associations 

    VIII. LA REDECOUVERTE
    DE L'ECONOMIE SOCIALE (1969-1981) 
    Les reformes Debre-Haberer (1966-1967) 
    La reprise de la BCAOP par la 4C en 1969 
    Les premiers pas de la 4C/BFCC (1970-1974)
    Les "années terribles" (1974-1977)
    La seconde naissance de l’économie sociale en 1977 
    Le recentrage de la 4C/BFCC (1977-1981)
    La pêche: un nouveau départ.
    Une période difficile pour la Coopération d'habitation 
    La diversification de la Coopération commerciale
    De modestes débuts dans les transports 
    IX. LA DECENNIE CONTRASTEE (1981-1992)
    Les SCOP dans les années 1980
    La reconnaissance de l’économie sociale
    par les pouvoirs publics
    Le renforcement interne de l’économie sociale
    L’économie sociale "sans rivages" de Jacques Moreau
    La concrétisation de l’économie sociale "sans rivages"
    La 4C/BFCC au risque de la nationalisation
    et les reformes Beregovoy 
    La transformation de la 4C/BFCC
    en banque universelle (1984-1992) 
    La faillite de la FNCC 
    La 4C/BFCC au début de la décennie 1990
    Une banque au Service de la solidarité
    X. LE CREDIT COOPERATIF Ä L'HEURE
    DE LA MONDIALISATION (1992-2013)
    Les cooperatives de production
    Les associations
    Un nouveau dirigeant 
    Le developpement de la banque
    de 1992 au debut des annees 2000
    L'Europe
    Le rapprochement avec les banques populaires
    et la menace de la banalisation
    Les terrains historiques d'intervention
    du Crédit coopératif
    La pêche
    L'artisanat.
    Les transports L'habitat. 
    Le commerce
    L’émergence de l'economie solidaire dans un monde différent... 
    Tentative de définition de l’économie solidaire 
    L’économie sociale et solidaire (ESS)  
    Le crédit et les finances solidaires
    Le Credit cooperatif et la taxe Tobin
    Conclusion 
    Remerciements 
    Liste des sigles
    Index general

     

     


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  • La Babel étudiante.
    La Cité internationale universitaire de Paris

    1920-1950

    La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris - Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchetsous la direction de
    Dzovinar Kévonian
    et Guillaume Tronchet

    Conçue au lendemain de la Première Guerre mondiale pour répondre aux besoins de logements étudiants à Paris, et pour satisfaire aux critères de construction hygiénistes du tournant du siècle, la Cité internationale universitaire de Paris accueille entre-deux-guerres jusqu’à 2400 étudiants par an, d’une trentaine de nationalités. Investie dès l’origine par les pouvoirs publics français d’une double mission, elle a vocation à attirer en France les flux d’étudiants en mobilité que se disputent alors les capitales européennes, et à faire germer, en amont de la récente Société des Nations, les graines du pacifisme genevois et de la coopération au sein de l’élite d’une jeunesse mondiale en formation. Mais l’ensemble de ses acteurs français et étrangers (universitaires et étudiants, parlementaires et diplomates, mécènes et philanthropes, architectes) n’y projette pas les mêmes ambitions ni les mêmes desseins. À travers l’étude croisée des discours et pratiques de ces acteurs multiples, rapportés à leurs itinéraires et à leurs positions sociales, et par la restitution de moments-clés de consensus affichés ou de dissonances, le présent ouvrage, issu d’un colloque international, dresse le bilan des travaux existants et, à partir de nouvelles sources, entend ouvrir des perspectives de recherche. Consacré aux premières décennies d’existence d’une institution aujourd’hui presque centenaire, il invite à considérer cet objet complexe comme un espace social transnational, marqué par les tensions qui courent de sa fondation au début des années 1950, entre logiques impériales et nationales, et logiques internationalistes..

    Presses universitaires de Rennes, coll. "Histoire", septembre 2013
    155 x 240 mm, 218 p. ill.  isbn : 978-2-7535-2743-0  prix : 18 €
    www.pur-editions.fr

    préface de Robert Frank et une mise en perspective de Victor Karady

    Table des matières

    Robert Frank  Préface
    Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet - La Cité internationale universitaire de Paris dans l’atelier de l’historien 
    Victor Karady - Mise en perspective : Paris dans les migrations académiques internationales
    Pierre Moulinier - Un campus universitaire au Quartier latin ?
    Le logement des étudiants français et étrangers à la Belle Époque 
    Guillaume Tronchet - Diplomatie universitaire ou diplomatie culturelle ?
    La Cité internationale universitaire de Paris entre deux rives (1920-1940)
    Nicolas Manitakis - « La Cité universitaire tue le Quartier latin » :
    enjeux sociaux et urbains d’une ville étudiante (années 1920-1930)
    Serge Jaumain et Pierre Van den Dungen - Une fondation belgo-luxembourgeoise à Paris : la « maison »
    d’Hubert Biermans et de Berthe Lapôtre 
    Frank Sereni - Quelques réflexions sur les sociabilités étudiantes à la Cité internationale
    universitaire de Paris (années 1920-1950) 
    Elisa Signori - La Cité internationale universitaire de Paris vue de l’Italie fasciste 
    Dzovinar Kévonian - La Cité internationale universitaire de Paris dans la guerre :
    refuge, occupation et résistances (1938-1944)
    Élisa Capdevila - Sortie de guerre et présence américaine à la Cité internationale universitaire de Paris (1944-1950)

    Fabien Oppermann - Les archives de la Cité internationale universitaire de Paris : un chantier pour l’histoire 


     Télécharger « Introduction-Babel.pdf »

     

    La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris - Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet

     Crédit Photo : Flickr - Cercamon


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  • Danser à Paris dans l'entre-deux-guerres
    1919-1939

    Danser à Paris dans l'entre-deux-guerres, Sophie JacototSophie Jacotot

    Entre les deux guerres mondiales, la pratique des danses de société à Paris connaît une mutation sans précédent en raison de l’introduction de genres provenant des États-Unis (fox-trot, shimmy, charleston…), de la zone caribéenne (biguine, rumba…) et d’Amérique du Sud (tango, samba…).
    Au lendemain de l’armistice, le dancing, lieu privilégié de la pratique des danses nouvelles, propose au public un contexte attrayant. Accueillant des orchestres de jazz, de tango ou de musique antillaise, il fait concurrence aux grands bals hérités de la Belle Époque ainsi qu’aux bals populaires et se distingue par une mixité sociale, générationnelle et ethnique inédite. Comment la société parisienne s’approprie-t-elle ces danses des Amériques ? Quels en sont les passeurs (musiciens, danseurs…) ? En quoi les innovations techniques (disque, radio, cinéma) ont-elles permis la fixation ainsi que la médiatisation de genres illégitimes dans leur territoire d’origine ?
    À travers l’analyse des pratiques et des imaginaires, il s’agit aussi de comprendre comment, malgré les résistances de toutes sortes (nationalistes, corporatistes, puritaines, xénophobes, etc.), ces danses ont rencontré un succès phénoménal, comment ces Amériques à la culture métisse sont devenues des modèles durables en matière de pratiques sociales de danse et comment ces nouvelles formes ont modifié en profondeur les rapports des Français et des Françaises au corps, au rythme et au couple dansant.

     

    Nouveau Monde éditions
    septembre 2013

    500 p.  

    isbn 978-2-36583-3
    prix : 34 €

     

    contact presse éditeur / Télécharger « Danser à Paris.pdf »


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