• Les prisonniers de guerre allemands
    France, 1944-1949

    Les prisonniers de guerre allemandsFabien Théofilakis

    Paris, Fayard, coll. « Histoire », 2014
    155 x 235 mm • 800 p.

    ean : 9782213663043
    prix imprimé : 32 €
    ean numérique : 9782213665528
    prix numérique : 30,99 €

    Entre 1944 et 1948, presque 1 000 000 de prisonniers de guerre allemands sont détenus en France, d’abord dans des enceintes sauvages et des sites provisoires, puis dans des camps réguliers, enfin chez des particuliers.

     Figures honnies de l’Occupation, ces soldats de Hitler deviennent, vaincus, un enjeu majeur de la sortie de guerre de l’Europe en pleine reconstruction. Les Allemands réclament leur libération, les Américains comptent sur eux lorsque la Grande Alliance cède la place à la guerre froide et le gouvernement français entend se servir de cette main-d’œuvre peu chère et docile pour effacer les traces de la défaite.

     De sa plongée au cœur des archives françaises, allemandes, suisses, américaines, britanniques, vaticanes, Fabien Théofilakis nous offre une connaissance renouvelée de la transition française de la guerre à la paix. A partir de documents inédits et de nombreux témoignages d’anciens prisonniers qu’il a recueillis, il rend compte de cette captivité oubliée. Il campe ainsi le face-à-face inversé entre vainqueurs et vaincus d’hier dans une France qui a du mal à surmonter les traumatismes de l’Occupation et de la collaboration. Il dévoile une cohabitation intime comme les petits entrelacs d’une vie quotidienne tendue entre Français et Allemands. Il interroge le lien ambigu de la société allemande sous le nazisme puis sous occupation française avec ses prisonniers jusqu’à leur rapatriement. Il resitue l’enjeu des prisonniers de guerre dans la redéfinition des relations entre Alliés. Ce travail magistral comble une lacune et propose une autre vision de l’immédiat après-guerre, celle du retour de la paix en Europe occidentale.


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  • A History of the Workplace: Environment and Health at Stake

    A History of the Workplace: Environment and Health at StakeJudith Rainhorn et Lars Bluma (eds.)

    Routledge, coll. « Nano and Energy », 2014
    17,8 x 1,8 x 24,9 cm, 160 pages

    isbn-10: 1138801100
    isbn-13: 978-1138801103
    123,40 €

    Interest in the history of the workplace is on the rise. Recent work in this area has combined traditional methods and theories of social history with new approaches and new questions. It constitutes a ‘topical contact zone’, a particularly dynamic field of research at the junction of social history, history of occupational health and safety, history of technology and the industrial environment. This book focuses on the new approaches in this important and growing area and their possible range of influence. These new attempts to rewrite a history of the workplace are multiple - and in some cases disparate - but share many key characteristics. They are turning away from the assumption that class and class conflict is the prime mover in social history, abandoning the traditional binomial workers vs. entrepreneurs perspective which had long sustained the historical perspective on labour. Moreover, as this collections outlines, these new attempts concentrate on the analysis of complex social networks of actors that defined and configured industrial workplaces, suggesting a broadening of possible social actors.

     

    Table des matières

    An introduction Judith Rainhorn and Lars Bluma  
    2. The hygienic movement and German mining 1890 – 1914 Lars Bluma  
    3. The banning of white lead: French and American experiences in a comparative perspective (early twentieth century) Judith Rainhorn  
    4. Aluminium in health and food: a gradual global approach Florence Hachez-Leroy  
    5. Fiddling, drinking and stealing: moral code in the Soviet Estonian mining industry Eeva Kesküla  
    6. Hygienists, workers’ bodies and machines in nineteenth-century FranceThomas Le Roux  
    7. The factory as environment: social engineering and the ecology of industrial workplaces in inter-war Germany Timo Luks  
    8. The ideal of Lebensraum and the spatial order of power at German factories, 1900 – 45 Karsten Uhl


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  • Santé et travail à la mine
    XIXe-XXIe siècles

    Santé et travail à la mine, XIXe-XXIe sièclessous la direction de Judith Rainhorn

    Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion,
    coll. « Histoire et civilisations », 2014
    313 p.

    isbn-102757407392
    isbn-13 978-2-7574-0739-4

    ean 13 : 9782757407394
    prix : 27 €

    L'inscription du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l'humanité en 2011 a fait de la mine un lieu de mémoire universel et des gueules noires les héros et martyrs d’un monde disparu. Pourtant, l’activité minière, quasiment révolue dans la Vieille Europe et les pays de la première industrialisation, est aujourd’hui en pleine expansion dans la plupart des pays émergents, au point de constituer l’une des activités économiques essentielles de la Chine, du Brésil, de l’Afrique australe et de l’Inde.

    Érigeant en mythe un monde ouvrier fier de ses valeurs de courage, de solidarité et de puissance virile, Zola a définitivement lié dans notre imaginaire la mine au danger et à la catastrophe. Mais le vieux Maheux de Germinalconcède aussi : « Du charbon, j’en ai dans la carcasse de quoi me chauffer jusqu’à la fin de mes jours ». Loin du spectacle de la mort collective, en effet, le travail à la mine est générateur de maladie et d’agonie silencieuse : silicose, ankylostomiase, sidérose et cancers dessinent les contours d’une catastrophe de masse, bien plus meurtrière, vécue à l’échelle individuelle par ceux qui perdent leur vie à la gagner depuis deux siècles.

    C’est l’histoire, longtemps occultée, que ce livre raconte. Réunissant les contributions de chercheurs internationaux, dont certains pour la première fois en français, il offre une réflexion à la croisée de l’histoire du travail, de la santé, des mobilisations sociales et des politiques publiques. Voyage dans les maux de la mine de charbon, de cuivre ou d’uranium, de la France au Chili, du Japon à l’Afrique du Sud, de l’Allemagne à la Chine, de l’Ecosse à l’Espagne, de la Belgique aux États-Unis, ce livre apporte un regard historique neuf sur une question d’une sinistre actualité dans notre monde globalisé.

     

    Sommaire

    Préface. Les risques sanitaires dans les mines.
    Enjeux d'une histoire mondiale
    Paul-André Rosental

    Les maux de la mine. Revisiter l'histoire minière au prisme des enjeux de santé au travail, Judith Rainhorn

    Première partie
    Réseaux et mobilisations socio-politiques  autour de la santé à la mine

    L’ankylostomiase dans la Ruhr.
    Corps, environnement et réseaux sociaux dans l’industrie minière de l’Empire allemand, Lars Bluma

    La négociation collective d’une maladie professionnelle : la pneumoconiose des ouvriers mineurs en Belgique (c. 1937- c. 1970), Eric Geerkens

    Légiférer sur les maladies professionnelles au Chili au XXe siècle :  les mineurs du cuivre entre l’État et le patronat, Angela Vergara

    Silicose et extrême-gauche dans le Nord dans les années 70. Les raisons d’une aporie, Marion Fontaine

    Deuxième partie
    Invisibilité et invisibilisation du champ sanitaire  dans l’industrie minière

    Du déni à la flatterie : la reconnaissance de la pneumoconiose du mineur de charbon comme maladie professionnelle en Espagne (1930-1944)Alfredo Menéndez-Navarro

    Les victimes invisibles de la pneumoconiose dans les mines de charbon au JaponBernard Thomann

    L’Afrique et le monde nucléaire : maladies industrielles et réseaux transnationaux dans l’uranium africainGabrielle Hecht

    La Chine et ses mineurs de fond : chronique d’un désastre sanitaireIrène Huang

    Troisième partie
    Écouter et voir les corps à l’ouvrage

    Corps meurtris. Genre et invalidité dans les mines de charbon d’Écosse au milieu du XIXe siècleAngela Turner

    Observer les corps, délier les langues, ou comment dévoiler les interactions entre travail et santé dans les mines de cuivre de l’Arizona (États-Unis, 1919)Judith Rainhorn

    Quand les corps parlent : faire de l’histoire orale pour étudier la santé et l’invalidité au travail dans les houillères britanniques au XXe siècleArthur McIvor


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  • Les archives africaines, algériennes et asiatiques
    des partis et syndicats français

    Les archives africaines, algériennes et asiatiques des partis et syndicats françaiscollectif du Codhos
    Éditions Mémoire-Génériques
    Migrance, 44, 2e trimestre 2014
    186 p.

    issn : 1168-0814
    prix : 10 €

    Génériques consacre, en partenariat avec le CODHOS, ce numéro de la revue Migrance aux liens entre les organisations politiques et syndicales françaises, africaines, algériennes et asiatiques. Les contributions sont issues de trois journées d’études organisées par le CODHOS sur cette question en 2010, 2012, 2014 et illustrent que les organisations ont été marquées par la coopération et l’interdépendance mais ont aussi été traversés de clivages et d’antagonismes.

    Composé d’un riche état des lieux des archives des partis, syndicats et associations françaises concernant leurs relations avec les anciens pays colonisés mais aussi avec la Chine communiste et le Japon, ce numéro propose de nouvelles sources et approches dans des domaines aussi variés que l’histoire des migrations, l’histoire sociale et politique, l’histoire ouvrière, du féminisme mais aussi de l’anticolonialisme.


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  • La collaboration
    Vichy, Paris, Berlin, 1940-1945

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas FontaineThomas Fontaine et Denis Peschanski

    Paris, Tallandier, novembre 2014
    250 x 287, 320 p. coul. illustrées [600 documents]

    isbn : 979-10-210-0719-2
    isbn archhives nationales : 978-2-86000-366-7
    pris : 39,90 € 

    Le 24 octobre 1940, sur le quai de la gare de Montoire, Pétain serre la main de Hitler. La France a fait le choix de la collaboration.

    Mais qui a intérêt à collaborer? Les Français ou les Allemands? Qui en sont les acteurs? Quel rôle jouent les ultras? Qui s’est enrichi? Quelle est I ampleur de la collaboration militaire? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance? A quel point intellectuels et artistes se sont-ils compromis?

    Près de 600 documents — affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d’écrou, albums photographiques, objets, etc. - sont ici rassemblés et commentés, suivant une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945. Fonds exceptionnels des Archives nationales, séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police, pièces d un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris : avec ces archives, pour beaucoup inédites, c’est la collaboration sous toutes ses formes qui est présentée. Une somme qui fera date.

    Les auteurs
    Thomas Fontaine, historien, a soutenu en 2013 une thèse majeure sur la déportation de répression. Fin connaisseur des archives françaises et allemandes, il est aujourd’hui une référence incontournable sur le système d occupation en France, comme sur la mémoire de la guerre.
    Denis Peschanski, historien, est directeur de recherche au CNRS. Par ses nombreux ouvrages et ses films, il est devenu un spécialiste de renommée internationale sur la France des années noires.

    Extraits

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas Fontaine10 juillet 1940

    L’État français est né du maelström de la drôle de guerre, de la défaite et de l’exode. L’armistice du 22 juin est le véritable acte de naissance du nouveau régime, le 10 juillet sa conséquence. Avec Pierre Laval à la manœuvre, l'Assemblée natio­nale vote les pleins pouvoirs constitutionnels à Philippe Pétain. Dans les actes qui sont promulgués dans la foulée, Pétain s’auto-proclame chef de l’État français (acte n° 11, mais c’est l’acte n° 2 qui signe la mise en place d’un régime autoritaire : il lui permet de cumuler les pouvoirs exécutif et législatif.Les fondements idéologiques s’inscrivent dans la tradition de l’extrême droite française : exclusion des soi-disant responsables de la défaite (le communiste, le Juif, le franc-maçon), rassemblement des éléments dits purs autour des valeurs traditionnelles (travail famille, patrie, piété, ordre). La dualité est parfaitement illustrée par I’affiche si largement diffusée par le Centre de propagande de la Révolution nationale, opposant les deux maisons France, celle du passé qui sombre et celle, bien droite, qui prépare l’avenir.

    Février 1941 Les principaux partis collaborationnistes se structurents

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas FontaineLe 2 février 1941, à la salle Wagram à Paris, le tout nouveau Rassemblement national populaire (RNP) tient sa première réunion publique. Désireux de fonder son propre mouvement depuis l’échec de sa tentative de parti unique, Déat prend l’initiative. Il est poussé par Abetz qui, après l’éviction de Laval (qui soutient discrètement l’opération), souhaite la création dune structure collaborationniste la plus large possible, véritable contrepoids au gouvernement de Vichy. Le RNP est ainsi la réunion des soutiens de Déat, venus de la gauche, de l’Union nationale des combattants de Jean Goy (la plus grande des associations d’anciens «poilus» de la Première Guerre) et du Mouvement social révolutionnaire (MSR) d’Eugène Deloncle et ses cagoulards, fondé en octobre 1940.
    Le RNP se positionne d emblée en acteur majeur : face à l’échec de Vichy, les collaborationnistes doivent imposer la «Révolution nationale». L’Œuvre du 2 février annonce : «  C’est dès aujourd'hui qu’il convient d’imposer aux dirigeants français la politique révolutionnaire et collaboratrice de salut. Vichy, tel qu’il est, ne nous laissant plus aucun espoir, il convient d’imposer les hommes nouveaux susceptibles de provoquer cette politique.» Seule idée commune : la collaboration avec l’Allemagne, premier point du programme du RNP.

    3 décembre 1942
    Les sections d'enquête et de contrôle, au service du CGQJ

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas Fontaine<= Carte d’inspecteur des SEC de la région de Lyon.

    Sous la houlette de Pucheu, secrétaire d’État à I’Intérieur, le gouvernement, mis en place par Darlan en1941, avait défini I’étatisation des polices comme I’une de ses priorités. Cette forme de centralisation avait pour objectif de donner, à I’État, enfin le plein contrôle sur une police encore largement municipalisée. Cela passait en particulier par la mise en place de polices régionales d’État. Cherchant aussi des instruments plus à sa main pour combattre les ennemis proclamés du régime, il avait institué trois polices parallèles à dimension nationale, le Service de police anti-communiste (SPAC), le Service des sociétés secrètes (SSS) et la Police des questions juives (PQJ). Le risque était leur autonomisation sous la houlette de petits potentats, d’autant que ces polices avaient été colonisées par des collaborationnistes convaincus, PPF en tête. Avec le retour de Laval, I’objectif change : si la centralisation des polices n’est évidemment pas remise en cause, le pouvoir réel doit revenir à I’administration traditionnelle, efficacité oblige, doutant que la PQJ, par exemple, se fait connaître par ses excès en tous genres. Le paroxysme est atteint au moment des grandes déportations de l’été 1942…

    8 août 1943
    Doriot parade avec ses gardes françaises

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas FontaineAvant de repartir pour le front de I’Est, Doriot a chargé Jean Fossati, son adjoint, de suivre les discussions lancées par Déat pour la création du Front révolutionnaire national (FRN). Sa consigne est claire : refuser I’unification, malgré les souhaits de I’ambassade d’Allemagne, toujours derrière le chef du RNP Fossati a cru pouvoir aller jusqu’à la participation du PPF à un comité de coordination. Furieux, craignant une fusion, Doriot revient en urgence à Paris le 22 juillet. Les discussions avec les autres partis sont aussitôt interrompues; le PPF en reste à sa stratégie solitaire. Le 8 août, Doriot harangue ses troupes lors d’un meeting rapidement organisé au Vel d’Hiv : le peuple français « attend d’être guidé vers son destin d’une main ferme», annonce-t-il pour souligner de nouveau ses ambitions. Pour démontrer une fois de plus la force du PPF, Doriot annonce la formation des Gardes françaises : 1 500 hommes recrutés en région parisienne. À I’issue du meeting, les douze premiers bataillons défilent sur les Champs-Elysées, suivis des membres du bureau politique et de Doriot, paradant dans sa voiture découverte.

     

    6 avril 1944
    « Ils sont partout », le dessin politique au service de la collaboration

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas FontainePour la plupart, les caricaturistes des journaux collaborationnistes de la zone Nord sont de véritables combattants, armés de leur crayon – notamment Bogislas (Maurice Jost, dit), André-René Charlet, Dassier, Enem, Léon Kern, Michel Jacquot, Raymond Jeannin ou Seyssel. Beaucoup viennent des rangs de I’extrême droite et publiaient déjà avant la guerre. Le dorioriste Ralph Soupault est sans doute un des plus «ultras». Si sa production inonde la plupart des journaux collaborationnistes, c’est avant tout le caricaturiste attitré de Je suis partout. C’est ce que rappelle, début avril 1944, le titre de son album, tiré à 10000 exemplaires, réunissant la plupart de ses compositions. Rebatet, son ami et ancien compagnon de I’Action française, qu’il salue dans cette dédicace, en signe la préface.

     

     

     

     

     

    6 janvier 1945 
    Le comité de libération française. Doriot enfin au pouvoir ?

    La collaboration, par Denis Peschanski et Thomas Fontaine<= Dans les scellés de Le Can, fidèle parmi les fidèles, se trouve cette photographie étonnante de Doriot, en uniforme de la LVF et l'arme à la main, souriant au milieu de ses camarades de combat. De fait, depuis la création de la LVF, il a passé près de dix-huit mois au front. C'est dans une voiture de ce type qu'il est mitraillé le 22 février, sur la route de Mengen.

     

    C’est de l’île de Mainau, sur le lac de Constance où il est replié, et non pas à Sigmaringen, que Doriot répond aux vœux qui lui ont été adressés par un certain Fonjallaz, sans doute apparenté à Arthur Fonjallaz, le fondateur de la Fédération fasciste suisse, décédé en 1944. Il lui annonce qu’il a enfin pris la tête d’un «Comité de libération française» le 6 janvier 1945. Il a longtemps attendu un signe et il est venu de Ribbentrop qui souhaitait sa nomination. Pétain refusant obstinément d assumer ses fonctions, le ministre des Affaires étrangères du Reich doit d’abord passer par-dessus Brinon qui s accroche à son mandat de presque chef d’un mini gouvernement. Il donne donc le feu vert à Doriot pour créer ce comité-là encore explicitement inspiré du (contre-)modèle gaullien.

     

     

     

     


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  • Naissance de l'observatoire de la récidive et de la désistance

    P.-V. Tournier
    Paris, L'Harmattan, décembre 2014
    coll. « Sciences criminelles»
    178 p.

    prix : 19 €

    Par décret n° 2014-883 du 1er août 2014, le Gouvernement de Manuel Valls a créé l'Observatoire de la récidive et de la « désistance » (en français désistement). Il se sera donc écoulé 9 ans depuis la campagne initiée par Pierre V. Tournier en faveur d’un tel observatoire, lors des débats autour de la loi du 12 décembre 2005 introduisant le placement sous surveillance électronique mobile (GPS). Mais après la création le 1er janvier 2010, de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) placé sous l’autorité du Premier Ministre, il aurait dû être évident pour tous que l’analyse de la récidive devenait de la compétence de l’ONDRP. Mais sous l’impulsion de la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, le choix s’est porté sur la création d’un observatoire ad’hoc de plus, dont les moyens de fonctionnement et de production dépendront étroitement du ministère de la Justice. Choix scientifiquement difficile à argumenter, choix politiquement timoré, s’il en est. Ne s’est-on pas ainsi privé des outils d’une évaluation indépendante de la loi du 15 août 2014 sur la contrainte pénale et la libération sous contrainte ? Cet ouvrage retrace l’histoire de cette occasion manquée. 

     


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  • La formation des maîtres
    de 1940 à 2010

    sous la  direction d'Antoine Prost

    Rennes, Presses universitaires de Rennes, décembre 2014
    155 x 240 mm • 296 p. • ilustrations : N & B

    isbn : 978-2-7535-3534-3
    prix : 20 €

    Comment la formation des maîtres est-elle devenue une question centrale du débat sur l’école ? À partir d’une abondante documentation de première main : archives, textes et rapports officiels, revues spécialisées, etc. et du témoignage des principaux acteurs pour la période la plus récente, une équipe d’historiens propose ici une vue d’ensemble de la formation des maîtres dans sa diversité depuis 1940, dont la première histoire objective des IUFM.

     

    La réforme Berthouin, 1959La formation des maîtres, de 1940 à 2010, sous la direction d'Antoine Prost

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ÉcLa formation des maîtres, de 1940 à 2010, sous la direction d'Antoine Prostole normale d'institutrices, Nîmes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La formation des maîtres, de 1940 à 2010, sous la direction d'Antoine Prost
    Institut universitaire de formation des maîtres, 2009

     


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  • Histoire des sensibilités au 20e siècle

    Dossier dirigé par Christophe Granger : Histoire des sensibilités au 20e siècleDossier dirigé par Christophe Granger
    Vingtième siècle. Revue d'histoire
    n° 123, juillet-septembre 2014
    p. 3-191


    La question des sensibilités n'a guère inspiré les historiens spécialistes du 20e siècle. Malgré les exhortations fameuses de Lucien Febvre, et malgré le sillon tracé pour le siècle précédent par Alain Corbin, ils n'ont pas encore daigné se saisir systématiquement des sens, des sentiments, des dégoûts ou de l'usage public des émotions. Or ce siècle, pétri de bouleversements inouïs en la matière, ne saurait longtemps se comprendre à l'écart de ce territoire exigeant.

    C'est toute l'ambition, et tout le défi, de ce numéro spécial de Vingtième Siècle que de poser les jalons d'une telle histoire. En rappelant d'abord, à nouveaux frais, d'où en vient le projet intellectuel et quels en sont les exigences de méthode et les fragilités. En arpentant, ensuite, au gré d'études novatrices menées par des chercheurs français et étrangers, le domaine des sensations, celui de la vie affective et celui des émotions collectives.

    Apparition du goût pour la cuisine exotique, montée du désir sexuel dans la formation des couples, ascension de la catégorie de « victime » sur la scène morale contemporaine : voici quelques-uns des thèmes au sujet desquels l'histoire des sensibilités, libérant la possibilité d'un savoir riche et ambitieux, dessine une autre compréhension du 20e siècle.

     

    émission de Jean Lebrun du mardi 18 novembre 2014 La sensibilité au bruit 

    invité Christophe Granger

     http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-lhistoire-la-sensibilite-au-bruit


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  • Le roman familial des névrosés
    et autres textes

    Sigmund FreudLe roman familial des névrosés, Sigmund Freud, préfacé par Danièle Voldman
    préfacé par Danièle Voldman
    traduit de l'allemand par Olivier Mannoni

    Paris, Petite bibliothèque Payot, septembre 2014
    coll. «Psychanalyse»
    110 x 170 mm • 107 pages

    isbn : 978-2-228-91134-4
    prix : 5 €

    Pater semper incertus est, mater certissima est.

    Tout enfant, à un moment donné, s'interroge sur ses origines. Et comme il s'imagine que ses parents ne l'aiment pas suffisamment, ou pas assez bien, il fantasme qu'ils ne sont pas ses vrais parents - et il s'en invente de nouveaux, plus valorisants. Tel est le roman familial, l'un des concepts freudiens les plus simples d'apparence, mais en réalité très subtil et fécond. Utilisé aujourd'hui en psychologie comme en littérature ou en histoire, il reste intimement lié à l'œdipe. La plupart des thèmes de la filiation qui parcourent notre société en découlent : pathologies transgénérationnelles, adoption, secrets de famille...

    extraits de la préface

    Le roman familial des névrosés, Sigmund Freud, préfacé par Danièle VoldmanDéfinitions
    La confrontation des définitions du roman familial données par trois dictionnaires français de la psychanalyse éclaire les liens entre ces deux notions. Dans le court article que lui consacrent Laplanche et Pontalis, le roman familial est une « expression créée par Freud pour désigner les fantasmes par lesquels le sujet modifie imaginairement ses liens avec ses parents (imaginant par exemple qu'il est un enfant trouvé) », de tels fantasmes ayant « leur fondement dans le complexe d'Œdipe ». Après avoir donné en référence le texte de Freud paru en 1909 dans l'ouvrage de Otto Rank Le Mythe de la naissance du héros ces auteurs estiment que le roman familial pourrait se ramener au désir de rabaisser les parents sous un aspect ou de les exalter sous un autre. Il correspond également à un désir de grandeur, à une tentative de contourner la barrière contre l'inceste ou à l'expression de la rivalité fraternelle. Ce désir est qualifié de fantasmatique et d'imaginaire plutôt que d'inconscient.
    Dans une définition à peine plus développée, Elisabeth Roudinesco met davantage l'accent sur la nature inconsciente de cette production. Elle explique également que le roman familial est l'expression créée par Freud et Rank pour désigner la manière dont un sujet, dans une construction inconsciente, modifie ses liens généalogiques en s'inventant, par un récit ou un fantasme, une autre famille que la sienne. (pages 8 et 9).


    Roman des origines, littérature et histoire
    […] Outre la belle audace intellectuelle consistant à transposer dans le roman ou dans l'histoire modernes une structure psychique attribuée tout d'abord par Freud aux névrosés – mais qu'il a lui-même ensuite conférée au genre humain dans son ensemble et universalisée –, deux questions restent posées. Si l'on suit Elisabeth Roudinesco, la première est bien évidemment celle de l'évolution de la famille décrite par Freud, qui « allait inspirer à la civilisation occidentale un modèle de roman familial qui s'imposera pendant un siècle ». Quel en peut être son usage maintenant que la famille est en désordre ? Faut-il continuer à penser que « au sens freudien, [elle] met en scène des hommes, des femmes et des enfants qui agissent inconsciemment comme des héros tragiques et criminels. Nés damnés, ils se désirent, se déchirent ou s'entre-tuent et ne découvrent la rédemption qu'au prix d'une sublimation de leurs pulsions » ? À partir des réflexions apparues dans la seconde moitié du XIXe siècle sur la conscience collective, la seconde a surgi dès l'apparition de la psychanalyse et n'a cessé de diviser : l'inconscient est-il universel, partagé, collectif ? L'imaginaire est-il aussi social ? La question des origines traverse-t-elle en tous temps, toutes les sociétés ? Comment s'articulent la psyché individuelle et le social ? Que dire des « correspondances entre la vie psychique des sauvages et celle des névrosés », sous-titre de Totem et tabou ?
    Usages, mésusages, désusages du roman familial ? Jugeons sur textes. (p. 30 et 31)

    Le roman familial des névrosés, Sigmund Freud, préfacé par Danièle Voldman

    Famille Freud  (debout, de gauche à droite) Pauline, Anna, jeune fille non identifiée, Sigmund, fiancé de Rosa (probablement), Rosa, Marie, et Simon Nathanson [le cousin d'Amalia] ; (assis) Adolfine, Amalia, garçon non identifié, Alexander, et Jakob Freud


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  • Bals clandestins
    pendant la Seconde Guerre mondiale

    Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, par Alain QuillévéréAlain Quillévéré
    préface de Pascal Ory

    Morlaix, Éditions Skol Vreizh, 2014
    150 x 210 mm • 287 p.

    isbn : 978-2-36758-025-8
    prix : 20 €

    « L'organisation de tous bals publics dans les débits, rues, places communales, établissements publics, cours et propriétés privées closes ou non closes est interdite quels qu’en soient les motifs et le but. » Le préfet des Côtes-du-Nord, juillet 1941.

    Ce préfet, fervent pétainiste, veille à la stricte interdiction des bals publics et privés dans son département, répondant ainsi aux instructions des autorités de Vichy. Gendarmes, policiers, traquent sans relâche les contreve­nants au nom de la morale et de la décence. Ils ne parvin­rent pas à empêcher complètement les bals et on peut même affirmer, sans crainte d'être démenti, que ceux-ci furent organisés massivement.

    Les bals clandestins nous révèlent l'histoire d'un refus, celui d'une population, d'une jeunesse qui veut continuer à vivre malgré les interdictions et les restrictions. Alain Quillévéré nous livre ici un tableau inédit et documenté de la Bretagne occupée.

    Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, par Alain Quillévéré
    Le Figaro
    et Le Petit Parisien, 20 mai 1940 

    Extrait de l'introduction

    Mon intérêt pour les bals clandestins n'est pas né spontanément. Il n'est pas non plus le fruit d'une appétence particulière pour la danse. Il est la conséquence inattendue d'une enquête précédente, consacrée à un épisode tragique de l'Occupation dans les Côtes-du-Nord. C'est en recherchant aux Archives départementales des Côtes-d'Armor la trace d'un résistant mort en déportation que mon attention fut attirée par l'existence de deux cartons sobrement intitulés « Bals clandestins », un titre propre à exciter la curiosité. L'historien doit demeurer aux aguets, le regard en alerte, attentif aux hasards que la fortune place sur son chemin. Je me résolus donc à revenir braconner sur ces nouvelles terres dès que l'occasion se présenterait.

    Le contenu de ces deux cartons ne laissa pas de me surprendre. Le premier réunissait un abondant courrier émanant de la préfecture, ou lui étant destiné, relatif à la répression des bals. Notes de service à usage interne, correspondance avec les sous-préfets, les maires, les responsables de la gendarmerie, les autorités allemandes, des ecclésiastiques ou des particuliers. Le second contenait 400 procès-verbaux de gendarmerie ou – plus rarement – de police, rendant compte de 347 bals. La chance m'a souri, car cette masse de documents, cette épaisseur au sens premier du terme et le fait qu'un bureau de la préfecture en ait eu la responsabilité, m'ont permis de prendre conscience de l'importance du phénomène et de l'énergie déployée pour le combattre. Eussent-ils été dispersés au milieu d'autres courriers, ou parmi des répertoires chronologiques de PV – comme c'est le cas pour ceux du Finistère – que cette dimension m'aurait totalement échappé.

    Avant de poursuivre, il convient de définir ici ce que l'on entend par « bal clandestin », la dénomination adoptée par les autorités. Les premiers PV, ainsi que les minutes du tribunal de simple police (TSP) qui les ont suivis, parlent parfois d'une « ouverture d'un bal public » ou d'un « bal sans autorisation », mais très rapidement la forme « bal clandestin » s'est imposée, peut-être parce qu'elle était la plus simple et la plus explicite. Entre mai 1940 et mars 1945, les bals publics furent interdits en France ; dès lors, tout bal qui s'y est déroulé est réputé clandestin. Si ce point paraît clair, la notion même de bal public est beaucoup plus sujette à caution. Dans les Côtes-du-Nord elle a fait l'objet d'une extension maximale et l'on peut considérer que le simple fait de danser, au son d'une musique, dans quelque lieu que ce soit, a été assimilé à la tenue d'un bal clandestin. Ainsi, le 12 mai 1942, les gendarmes de la brigade de Ploubalay ayant entendu « le son d'un accordéon » au domicile de « la veuve Cardin », ont constaté « qu'effectivement il y avait bal dans la pièce principale » et que « deux femmes au moins se livraient à la danse ». L'accordéoniste était le fils de cette veuve et les deux danseuses ses filles. Cela ne les a pas empêchés de dresser un PV.

     


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