• Les Anciens combattants, 1914-1940

    Les Anciens combattants, 1914-1940, par Antoine ProstCe grand livre d'Antoine Prost, consacré aux « gueules cassées » de la Grande Guerre, n'est pas seulement le mémorial des survivants des tranchées. Construit à partir de témoignages de tous ordres, il est aussi un livre d'analyse : il dresse la première évaluation du poids politique réel dans l'entre-deux-guerres d'une France décimée.
    Les Anciens Combattants, moins acteurs que témoins, pèsent par leurs réactions, leurs opinions, leur comportement collectif, et d'abord leur existence même, qui atteste de l'ampleur du traumatisme de la guerre. Ils révèlent ainsi des attitudes et des mentalités largement partagées par les Français des années trente.
    À travers eux s'expriment le souvenir durable d'un massacre sans précédent, des formes de sociabilité, des convictions morales et politiques, des manières d'être qui semblaient naturelles, charriées par un mouvement de masse - ils sont plus de trois millions d'adhérents. À l'image de la nation en armes, on rencontre chez eux des réactionnaires, des autoritaires, quelques révolutionnaires ; mais aux antipodes de l'image qu'on en donne habituellement, loin de l'esprit militaire, des ligues ou du fascisme, ils sont dans leur immense majorité, comme le pays, républicains, patriotes et pacifistes.

    Paris, Gallimard, coll. "Folio Histoire", (1977) janvier 2014
    Édition revue
    110 x 180 mm • 335 pages • isbn : 978-2-07-045648-2
    prix : 6€10


     

    Réception des Gueules cassées aveugles à l'Élysée le 22 mars 1920. cliquer sur la photo pour l'agrandir

    Réception des Gueules cassées aveugles à l'Élysée le 22 mars 1920.  Source : Gallica (détail)
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  • Si nous vivions en 1913

    Si nous vivions en 1913, livre Antoine Prost« Si nous vivions en 1913, nous aurions déjà enterré bien des amis. Si nous vivions en 1913, nous serions surpris de voir autant de militaires. Si nous vivions en 1913, nous serions paysans, maréchaux-ferrants, couturières ou bourgeois, peut-être même rentiers. Si nous vivions en 1913, nous travaillerions beaucoup. Si nous vivions en 1913, nous serions fiers d'être une République. » À travers une série de chroniques originales et passionnantes qui réveillent le passé dans tout ce qu'il a de plus quotidien, Antoine Prost nous dresse un portrait de la société française en 1913 telle qu'on ne l'apprend pas dans les manuels scolaires. Une façon d'entrer dans la grande Histoire par une petite porte. Un livre qui nous en dit long sur cette « Belle Époque », si lointaine, comme exotique, ce monde d'avant auquel mit fin la Grande Guerre.

    Alors que la France commémore le centenaire de la guerre 14-18, France Inter et Antoine Prost ont invité, l'été dernier (2013), les auditeurs de la station a revivre comme... en 1913. L'été avant l'entrée en guerre, comment vivions-nous ? Ce livre reprend ces chroniques radiophoniques.

     Paris, Grasset & Fasquelle/Radio France, mars 2014
    120 x 190 mm • 138 pages • isbn : 978-2-246-81212-8
    prix : 11 €

    Historien et ancien directeur du Centre d'histoire sociale du XXe siècle, Antoine Prost est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels : Penser la Grande Guerre : un essai d'historiographie (avec Jay Winter, Seuil) et Du changement dans l'école. Les réformes de l'éducation de 1936 à nos jours (Seuil, 2013). Ses chroniques « Si nous vivions en 1913 » ont été diffusées dans la Matinale de France Inter, au cours de l'été 2013.  Antoine Prost préside la mission du centenaire de la première guerre mondiale.

    Écouter quelques chroniques
    L'Armée • Si nous vivions en 1913, nous serions très surpris de la présence des militaires. On les voyait beaucoup. On voyait d’abord les casernes construites pour la plupart depuis 1871 elles étaient alors dans leur neuf et elles occupaient de la place, beaucoup de place...

    Si nous vivions en 1913, départ de la classe - conscrits de l'année 1912 avant leur intégration

     Illustration : Départ de la classe - conscrits de l'année 1912 avant leur intégration
    Source : Gallica. cliquer sur la photo pour agrandir

     

     

    La France serait un Empire  • Au XIXe siècle la plupart des nations d’Europe occidentale possédaient des colonies... Mais cette chronique évoque aussi le volet financier. L'Europe occidentale était le banquier du monde...

    Si nous vivions en 1913  : Obligation de 500 Fr  - Union minière métallurgie de Russie 1913

    Illustration : Obligation de 500 Fr - Titre au porteur
    Union minière et métallurgique de Russie, juin 1913

    Sur l'expansion en Russie, voir par exemple :
    De l'expansion internationale à la multinationale Schneider en Russie (1896-1914) 

     

     Nous ferions la grève  • Il y a 100 ans, les syndicats étaient faibles, mais il existait une mystique de la grève : c'est plus qu'une action, elle éduque, aguerrie, entraide et crée... Et elle avait d'importantes répercussions sur la  vie privée…

    Si nous vivions en 1913, nous serions peut-être en grève

     

    Illustration : 24 juin 1914, grèves des postiers parisiens, malles-poste garées dans la rue
    Photographie de presse Agence Rol.
    Source : Gallica. cliquer sur la photo pour agrandir

     

     

    Nous serions peut-être une travailleuse • On croit souvent que les femmes ne travaillaient pas. Or elles représentaient le tiers de la main d’œuvre, et c'est presque la moitié des femmes qui travaillent…

     

    Si nous vivions en 1913, nous serions peut-être une travailleuse  - Midinettes en grève (détail affiches poilus) Illustration : Couturières ("midinettes"), ici le 18 mai 1917 dans les rues de Paris lors d'une grève.

    Source : Gallica. cliquer sur la photo pour agrandir

     

     

     

     

     Les catholiques et la question religieuse  • 

     

    Nous marcherions beaucoup • Si nous vivions en 1913, nous marcherions beaucoup. Les quinze années précédentes ont pourtant été marquées par la construction de milliers de km de lignes de chemins de fer, par le développement des transports en commun, métro, tramway, omnibus... et par l'expansion de la bicyclette. Mais nombreux sont ceux qui n'en n'ont pas les moyens...

    si nous vivions en 1913 : Eugène Atget - Chars-à-bancs

     

    Eugène Atget -  Char-à-bancs, Paris
    (tiré de la collection : Véhicules hippomobiles, Paris)
    1870-1914
    Source : Gallica. cliquer sur la photo pour agrandir

     

    Nous souffririons déjà de la crise du logement • Seule une minorité habitait un appartement avec un minimum de confort. Le logement populaire est différent de celui des bourgeois : une pièce unique dans laquelle on faisait tout...

    si nous vivions en 1913 : Nous souffririons déjà de la crise du logement

     Illustration : Taudis 23 rue Bouret Paris 19ème, 1913.
    Source : Gallica. cliquer sur la photo pour agrandir

     

     

     

     

    Nous nous retrouverions au café • En 1913, nous nous serions certainement retrouvés au café : le lieu de sociabilité par excellence. On comptait 482 000 débits de boisson pour 42 millions d'habitants, soit un bar pour 83 habitants, contre 25 000 cafés aujourd'hui...

    Nous nous retrouverions au café, ici le Grand café à Moulins place d'AllierLe Grand café art nouveau à Moulins, place d'Allier
    Crédit photo : Flickr / Jean-Pierre Dalbéra

     

     

     

     

     

     

    La loi des 3 ans • Si nous discutions politique en 1913, nous parlerions probablement de la loi de 3 ans. C’était le grand sujet de débat, c’était de cela que l’on discutait. La question était assez simple. L’Allemagne était plus peuplée que la France, 67 millions d’habitants contre 39… 

    Si nous vivions en 1913, débat contre les trois ans, discours de Jean Jaurès, 25 mai 1913

     

    25 mai 1913, manifestation du Pré-Saint-Gervais contre les trois ans, discours de Jean Jaurès.
    Source Gallica. cliquer sur la photo pour l'agrandir

     

    La France était fière d’être une République  • Dernière émission de la série, qui conclut sur sa fierté républicaine. En août 1914 le député André Maginot rencontra dans le train un électeur de droite. Apprenant qu’il se rendait à Toul pour être mobilisé comme soldat de 2èm classe celui-ci s’exclama, la République c’est tout de même quelque chose….


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  • DOSSIER dirigé par Annie Fourcaut et Danièle Voldman
    Les crises du logement en Europe au XXe siècle

    Les crises du logement en Europe au XXe siècle - Annie Fourcaut et Danièle VoldmanDes crises du logement, on pourrait dire ce que Charles Péguy disait en 1904 des crises de l’enseignement, qu'elles sont « des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générale ».
    Leur définition peut varier selon le contexte ou l'approche. Conscientes de cette variabilité comme des instrumentalisations auxquelles elle peut donner lieu, les responsables de ce numéro ont réuni une équipe internationale de chercheurs pour historiciser la notion et comparer ses déclinaisons en Europe au XX
    e siècle. L'unité du propos tient d'abord au questionnement partagé sur les occurrences du mot « crise » dans des conjonctures et avec des significations différentes. L'observation des relations entre discours politiques et scientifiques permet d'affiner la périodisation des phénomènes et d'éclairer des circulations transnationales, dans la formation des urbanistes aussi bien que dans la diffusion de l'idéologie néo-libérale à partir des années 1970. Le risque d'essentialiser la crise est ainsi évité, comme celui de sacrifier à « l'idole des origines » : ce sont bien les crises du logement comme constructions sociales et points de convergence des sciences sociales qu'il s'agit de mieux cerner. L'accent mis sur la part qualitative qui entre dans le diagnostic de crise est indissociable de l'attention portée aux indicateurs statistiques sur lesquels il se fonde. Les études réunies ici rendent enfin possible une comparaison entre les politiques et les expériences développées dans les démocraties occidentales, les régimes autoritaires du Sud et les démocraties populaires de l'Est. L'idée qu'on pouvait se faire a priori du rôle de l'État en est sensiblement nuancée. Ce n'est pas le moindre des apports de ce numéro aux réflexions sur le présent.

    sous la direction d'Annie Fourcaut
    et Danièle Voldman
    n° 245 du Mouvement social, oct.-déc.2013, p. 3-147

    Main basse sur la ville, une illustration de Les crises du logement en Europe au XXe siècle - Annie Fourcaut et Danièle Voldman


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  • Les pratiques syndicales du droit
    France, XXe-XXIe siècles, sous la direction d'André Narritsens et Michel Pigenet

    Les pratiques syndicales du droit. France, sous la direction d'André Narritsens et Michel PigenetExplorant les pratiques syndicales du droit en France aux XXe et XXIe siècles, ce livre s’intéresse à la manière dont les syndicalismes ont pensé et organisé leurs interventions sur le terrain de la justice et du droit, alors même que, producteurs de normes, ils contribuaient à les diffuser et à en contrôler le respect. 
    De l’expérience fragile et contrastée acquise au début du XXe siècle aux ruptures introduites par le développement simultané des syndicats et de l’Etat social au cours des années 1930 à 1970, et avant la vague de fond néo-libérale des décennies suivantes, les usages syndicaux du droit n’ont cessé d’évoluer. Au fil des chapitres, sont mis en perspective historique l’articulation des multiples sources des normes – des prud’hommes au comité européen des droits sociaux –, l’inégale maîtrise de leurs ressources, l’émergence de services juridiques syndicaux, les liens noués avec les professionnels du droit, la juridicisation de l’action syndicale et la judiciarisation des relations professionnelles, la transcription législative d’accords collectifs…

    Fruit de rencontres originales, cet ouvrage confronte les approches et les analyses d’acteurs syndicaux et de chercheurs issus de plusieurs disciplines (historiens, sociologues, politologues et juristes) et participe ainsi au renouvellement de la réflexion sur les rapports entre le salariat, ses représentants et la République.

    sous la direction d'André Narritsens et Michel Pigenet
    Presses universitaires de Rennes, janvier 2014

    coll. "Pour une Histoire du travail"
    165 x 240mm • 455 p. ill.
    isbn :978-2-7535-3248-9
    prix : 24 €

     Ont contribué à l'ouvrage : Collectif Asplan, Patrick Barrau, Sophie Béroud, Achille Blondeau, Lydia Brovelli, Anne-Sophie Bruno, Christian Chevandier, Jean-Gabriel Contamin, Ismail Ferhat, Charles de Froment, Frédérick Genevée, Mathieu Grégoire, Nicolas Hatzfeld, Jean-Pierre Le Crom, Laure Machu, Philippe Masson, Hélène Michel, Laurent Millet, André Narritsens, Jérôme Pélisse, Franck Petit, Michel Pigenet, Morgan Poggioli, Pierre-Jean Rozet, Sabine Rudischhauser, Dongkyu Shin, Alexis Spire, Emeric Tellier, Jean-Philippe Tonneau, Laurent Willemez, Karel Yon.

    Bon de commande en ligne : Bon de commande P.U.R. éditions

    Le colloque à l'origine de cet ouvrage est retracé par Emeric Tellier ici. 

    Film de présentation de l'ouvrage, Pratiques syndicales du droit.
    Vidéo produite par le CHS.  Entretien, Captation, montage et réalisation vidéo : Jeanne Menjoulet

    Contenu Vidéo (durée film : 33 mn) :

    Entretien avec Michel Pigenet et André Narristens, illustré par des images d'archives issues pour la plupart du fonds d'archives photographiques de l'institut d'Histoire Sociale de la CGT et des archives départementales de Seine Saint-Denis (fonds audiovisuel IHS-CGT). Durant ce film, Michel Pigenet et André Narristens évoquent l'histoire et les différents types de pratiques syndicales du droit, s'appuyant sur des cas concrets contemporains pour illustrer leurs propos.

    Un panorama historique est dressé en introduction, au cours duquel Michel Pigenet évoque les interrogations et la complexité des rapports entre les syndicats et le droit, rappelant que c'est le droit qui a permis aux syndicats d'exister, mais qu'en même temps le droit a eu des raisons d'être perçu comme une contrainte visant à empêcher le syndicalisme d'exister... Mais qu'au fil des années, les organisations syndicales ont disposé de prérogatives légales plus importantes.

    Les clivages syndicaux dans les rapports aux droits, liés à des lignes syndicales et politiques différentes, soulignés par André Narristens, se traduisent, en pratique, parfois par des paradoxes inattendus...  La revue Droit ouvrier est à ce sujet citée en exemple...

    Les trois niveaux d'interventions des pratiques syndicales du droit sont ainsi présentés :

    - la production de normes
    - l'information et la formation, que pratiquent toutes les organisations syndicales
    - Le recours au droit comme arme. Mais dans ce recours, outre le rôle des instances étatiques, il s'agit d'affronter la puissance du patronat qui dispose de moyens infiniment plus grands...

    Illustré par des images de la mobilisation, la campagne de soutien à des syndicalistes faisant l'objet de poursuites judiciaires, "les 5 de Roanne" est donné en exemple.

    Puis le cas des recours contre la discrimination syndicale est évoqué, avec en particulier l'exemple de Peugeot-Sochaux, où après une longue procédure judiciaire, la direction s'étaient engagée (en 1998) à verser près de 1,5 million d'euros à 160 militants (cf le chapitre de l'ouvrage analysant cette affaire). Comme le souligne André Narristens, c'est un syndicaliste qui a mis au point à cette occasion une méthode de reconstitution des carrières (méthode de "triangulation"), produisant ainsi des normes, pour réparer une injustice. 

    L'affaire Clavaud (à laquelle un chapitre de l'ouvrage est consacré) est ensuite évoquée et illustrée par des extraits d'un film produit par la CGT en 1988 (images d'Alain Clavaud, et Lydia Brovelli pour la confédération CGT). Dans cette affaire, qui a posé la règle de la liberté d'expression hors de l'entreprise, un ouvrier (Alain Clavaud) de l'usine Dunlop avait été licencié pour avoir décrit dans l'Humanité ses conditions de travail. A la suite d'une longue bataille judiciaire, la Cour de cassation a décidé (avril 1988), que le licenciement était nul : «L'exercice du droit d'expression dans l'entreprise étant, en principe, dépourvu de sanction, il ne pouvait en être autrement hors de l'entreprise, où il s'exerce, sauf abus, dans toute sa plénitude.»

     

    La production de normes, dans toute sa complexité, est un autre sujet abordé (cf. film vidéo). Les exemples illustrés vont de la lutte des travailleurs sans-papiers aux conventions collectives du livre ou de la métallurgie.

    La façon dont la loi modèle l'activité syndicale est illustrée là encore par des exemples : accord-cadre international appliquée par le groupe international français Lafarge en Corée du sud; ou bien l'application de la loi sur la représentativité syndicale dans les entreprise depuis 2008.


      Table des matières de l'ouvrage

    André Narritsens - Entre doctrine et pratiques, le droit saisi par le syndicalisme

    Michel Pigenet - Introduction : Regards croisés sur les pratiques syndicales du droit en France aux XXe et XXIe siècles 

    Première partie  PENSER ET ORGANISER L’INTERVENTION SYNDICALE

    Morgan Poggioli

    La juridicisation de l’activité syndicale durant le Front populaire (CGT, CFTC, CSPF) 

    Frédérick Genevée

    Les revues Le Droit ouvrier dans les années 1920 

    Laurent Willemez

    Universitaires, syndicalistes et avocats en collaboration : les revues juridico-syndicales dans le champ du droit du travail

    Emeric Tellier

    Changer le regard des militants sur le droit. La lente maturation des secteurs juridiques confédéraux (1945-1985) 

    Jean-Pierre Le Crom

    La stratégie judiciaire de la CFDT dans les années 1960-1970 

    Laurent Milet

    Le rôle de la Revue pratique de droit social dans la diffusion du droit et la formation juridique des militants

    Deuxième partie PRODUIRE DES NORMES

    Sabine Rudischhauser

    L'autonomie sociale, ou le syndicalisme producteur de normes. Les conventions collectives avant la lettre, 1890-1919

    Mathieu Grégoire

    La « souveraineté syndicale ». Produire et contrôler des normes : les syndicats de musiciens (1919-1937) 

    Patrick Barrau

    Le rôle de l’accord CGT-Manpower dans la réglementation du travail temporaire

    Anne-Sophie Bruno et Charles de Froment

    La CFDT et la précarité du contrat de travail du début des années 1970 à 1982

    Collectif ASPLAN

    Gagner des droits sans changer le droit ? La pratique syndicale du droit dans le cadre du mouvement de régularisation des salariés sans papiers

    Achille Blondeau

    Le droit dans la profession minière

    Troisième partie LA JUSTICE COMME RECOURS

    Jean-Gabriel Contamin et Alexis Spire

    Les usages du droit dans la défense syndicale des salariés du public. Les stratégies de la CGT et de la CFDT au tribunal administratif

    Ismail Ferhat

    Le Syndicat national des instituteurs face aux recours légaux de ses syndiqués : l’exemple des tribunaux administratifs, années 1960-1980

    Sophie Béroud et Karel Yon

    La « démocratie sociale » saisie par les pratiques : l’application des nouvelles règles de représentativité dans les entreprises 

    Pierre-Jean Rozet

    1998 - 2008 : dix ans pour inscrire dans la loi une légitimité syndicale fondée sur le vote des salariés

    Jérôme Pélisse

    Plus de juges ou plus de droit ? Quelques éléments sur les conditions sociales du recours au droit et à la justice dans le travail

    Franck Petit

    Les sanctions des prérogatives économiques du comité d’entreprise

    Philippe Masson

    La CGT, les juges et les chômeurs « recalculés » 

    Nicolas Hatzfeld

    Lutte contre la discrimination syndicale à Peugeot-Sochaux : combats judiciaires et mutations syndicales (1995-2000)

    Quatrième partie L’ARME DU DROIT : USAGES ET CONTOURNEMENTS

    Laure Machu

    Les syndicats ouvriers et le droit des conventions collectives. L'exemple de la loi du 24 juin 1936

    Michel Pigenet

    Les usages syndicaux d’un principe constitutionnel : droit de grève contre réquisitions à l’occasion du conflit de l’été 1953

    Christian Chevandier

    La grève payée à l’hôpital : l’éthique, la tactique et la circulaire ministérielle (1981-1982)

    Jean-Philippe Tonneau

    Le Syndicat des avocats de France et les syndicats de salariés : relations, stratégies de défense et problèmes de frontières 

    Lydia Brovelli

    Le droit d’expression dans et hors de l’entreprise à l’épreuve de l’affaire Clavaud

    Hélène Michel

    Les organisations syndicales françaises et le Comité européen des droits sociaux. Opportunités et usages d’un recours européen

    Dongkyu Shin

    Accord-cadre international et entreprises multinationales :KCTU, CGT et les fédérations syndicales internationales dans le conflit de Lafarge en Corée du Sud

    Annexes 


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  • Les frères ennemis
    La Fédération de l'Éducation nationale et son courant unitaire sous la 4e République

    Les frères ennemis. La FEN et son courant unitaire sous la 4e République. Laurent FrajermanLaurent Frajerman

    Comment expliquer le succès actuel de la FSU et son imprégnation paradoxale par la culture syndicale créée par la Fédération de l’Education nationale ? Il faut revenir à la IVe République, dans une période marquée par l’essor du communisme en milieu enseignant et par la mise en place d’un modèle syndical original. Syndicat de masse et à bases multiples, réformiste, la FEN joue en pleine guerre froide un rôle de médiation entre la CGT et FO, participe à la gestion du système éducatif en y représentant les identités professionnelles.
    La FEN instaure un mode de gestion du pluralisme interne officialisant les tendances, tout en combattant fortement la minorité favorable à la CGT (le courant unitaire ou Unité et action). Or, loin d’incarner une alternative révolutionnaire, le courant unitaire constitue une version musclée de ce modèle. Qu’a-t-il apporté à la majorité réformiste de la FEN, en quoi a-t-il en retour été influencé ?Quel aspect prime dans les interactions à l’œuvre entre ces frères ennemis : l’idéologie, la profession, le niveau de militantisme ? Ce livre, fruit de 20 ans de recherches, croise sources orales, archives inédites et une abondante littérature militante. Il analyse finement la cohabitation de deux cultures syndicales dans la FEN (celle des instituteurs du SNI et des professeurs du SNES), l’articulation entre les structures locales, nationales et fédérales... Les pratiques militantes sont autant explorées que les discours.Des clés pour comprendre le syndicalisme enseignant, d’hier comme d'aujourd’hui.
     

    Éditions Syllepse, janvier 2014
    150x215 mm ; 414 p., 10 ill.

    isbn : 978-2-84950-412-3
    prix : 28 €


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  • Prisonniers du FLN  -  Raphaëlle Branche

    Prisonniers du FLN, livre de Raphaëlle BranchePage occultée de la guerre d’Algérie, cette histoire des prisonniers du FLN permet de comprendre les conditions de survie dans le maquis algérien, le contexte et les enjeux autour de ces centaines de prisonniers, dont plus de la moitié ne revinrent pas de leur détention.

    Historienne (laboratoire du CHS), spécialiste de la guerre d’Algérie, Raphaëlle Branche publie le premier ouvrage de recherche historique consacré à ces hommes et ces femmes.

    Frère Luc, du monastère de Tibherine, dont on sait l'enlèvement et la fin tragique en 1996, avait déjà connu la capture. C'était le 1er juillet 1959, en pleine guerre d'Algérie. Les hommes en armes qui l'avaient rapté ne le libérèrent que cinq semaines plus tard. En Algérie, contre toute attente, le FLN fit des prisonniers –militaires mais aussi civils, des hommes mais aussi des femmes – pour internationaliser le conflit grâce à l'action de la Croix-Rouge internationale. Beaucoup moururent. Leur histoire, qui est aussi celle de la première tentative d'appliquer les conventions de Genève lors d'un conflit, n'avait encore jamais été faite. Ce livre entend leur redonner vie, les réinscrire dans notre mémoire, et dire au plus près l'expérience de ces prisonniers de la guérilla, témoins étranges d'une guerre dont on a largement perdu le sens.

    Payot, janvier 2014 • 286 pages • 140x225 mm • 286 pages • isbn : 978-2-228-91029-3 • prix : 21 €

     Vidéo de présentation


    Dans ce film-vidéo de 23 mn, l'historienne Raphaëlle Branche, spécialiste de la guerre d'Algérie, présente le contenu de son dernier ouvrage "Prisonniers du FLN", première enquête historique sur les prisonniers de Front de Libération Nationale, page méconnue de la guerre d'Algérie. Des extraits d'archives sonores de messages de prisonniers du FLN à leur famille (fonds privé Jean Dziezuk) ponctuent cet aperçu, et des extraits filmés d'archives de films d'actualité (archive.org / Universal News reel) illustrent les propos de l'historienne.
    Production vidéo : Centre d'Histoire Sociale.   Réalisation : Jeanne Menjoulet
     

    Recensions du livre dans quelques médias

     La Cliothèque - Article de Dominique Chathuant © Clionautes  :

    En couverture, une photo algérienne sans date montre un jeune Français dont la captivité est mise en scène dans un cadre villageois. L’une des femmes entourant le jeune homme fait mine de le tenir en respect avec une vieille pétoire. Certaines regardent fièrement l’objectif et l’une semble bavarder. A l’heure où internet met en contact les anciens belligérants, la photo pourrait raviver des souvenirs personnels. On n’a pas connaissance du sort de l’inconnu et toutes les sources utilisées ici n’ont pas forcément été communiquées aux familles. Croisant témoignages, archives privées, archives civiles et militaires françaises (dont certaines prises à l’ALN), fonds du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et quelques sources des Archives nationales algériennes, l’auteure répond à une demande d’histoire là où il n’existait que témoignages écrits. La question est abordée avec la conscience de ce qu’elle représente pour des survivants et des familles de disparus. Le thème étant au cœur du programme de terminale L-ES, des extraits des récits ou des documents reproduits peuvent être utilisés comme documents de travail en classe ou comme sujets de DS.
    Diversité des prisonniers du FLN

    Avant d’être assassiné en 1996, frère Luc, du monastère de Tibhirine, avait déjà connu l’expérience d’une captivité aux mains de l’ALN. L’auteure rend compte de l’étonnante diversité des situations pour ceux qui furent peu nombreux comparés aux Français prisonniers du Viet Minh ou aux Algériens prisonniers des Français, deux groupes qui connurent aussi des disparitions. Une partie des prisonniers du FLN furent des civils enlevés, « Européens » d’Algérie, Algériens ou étrangers européens. Compte tenu de l’incertitude pesant sur les causes des disparitions, le nombre d’Algériens prisonniers est très peu connu, l’armée française ayant eu tendance à les considérer comme passés au FLN. Plusieurs appelés français bataillèrent pour une reconnaissance après avoir été portés déserteurs. Les militaires furent souvent capturés alors qu’ils étaient isolés ou surpris à leur poste à la faveur d’un retournement d’allégeance. L’auteure fournit un certain nombre de chiffres et de statistiques tout en en soulignant les marges d’incertitudes.
    La première application des conventions de Genève

    La question constitue un premier test d’application des conventions de Genève. Le FLN a intérêt à faire des prisonniers pour prouver sa capacité à maîtriser le terrain en y exerçant une souveraineté de fait afin de se poser en interlocuteur du Comité international de la Croix-Rouge, de disposer d’une arme psychologique ou de mettre en scène médiatiquement des libérations en soignant son image à l’ONU. L’organisation est confrontée aux tensions entre sa direction civile hors d’Algérie et l’ALN, de plus en plus privée de vivres et de marge de manœuvre face aux moyens militaires français et au déplacement des populations.
    Côté français, être prisonnier du FLN n’est pas sérieusement envisagé. Le fait que les opérations militaires ne mobilisent jamais autant d’hommes que celles de l’Indochine, contribue à récuser l’état de guerre et le statut de prisonnier. Cette non-reconnaissance de l’adversaire paraît avoir pesé lourdement sur la possibilité d’échanges.

    Facteurs de survie, facteurs de mort
    Ce qui décide du sort des captifs est complexe. En dépit de l’intérêt bien compris du FLN à faire des prisonniers, il doit composer avec d’autres impératifs. Contre l’idée française de villageois systématiquement terrorisés par l’ALN, l’étude montre que, là où l’on entretient la rancœur vis-à-vis d’un épisode répressif français, les djounoud doivent tenir leurs prisonniers à l’écart de la vindicte villageoise. Les combattants algériens ne connaissent pas les conventions de Genève et sont sans illusion quant au sort qui leur est réservé en cas de capture, bien que la France ait mis en place un statut restreint pour quelques combattants pris les armes à la main (PAM). Les exigences du FLN sont donc difficilement acceptées par la base combattante même si, par empathie ou par calcul, on ordonne à un djoundi de céder ses pataugas à un Français peu habitué à marcher pieds nus dans le djebel. Certains prisonniers ont vécu un calvaire. D’autres ont senti le vent d’une libération qui n’eut pas lieu. D’autres encore, vivent dans la région d’Oujda une détention proche du statut du prisonnier de guerre. Le quotidien plus que spartiate de l’ALN épuise les plus faibles dans des marches diurnes ou nocturnes de 30 à 40 km par tous les temps. Vivres et médicaments manquent. Les prisonniers handicapent des maquisards sans appui aérien et pris au piège de l’électrification des frontières. Les offensives françaises pèsent ainsi sur la survie des captifs. Parfois, l’exécution de Français par balles ou à l’arme blanche est présentée comme une réponse à l’exécution d’Algériens. Quelques Français sont ainsi condamnés par une cour de l’ALN pour crime de guerre. Le transfert d’une wilaya à l’autre semble expliquer l’exécution d’un couple confié à des geôliers moins biens disposés ou soumis à des contraintes plus fortes. La pression des autorités tunisiennes ou marocaines influe parfois sur une libération.
    Étrangeté des situations

    Avoir été prisonnier dans un conflit non reconnu a posé un sérieux problème psychologique et matériel aux libérés ou aux familles. En 1963, on date officiellement du 5 août 1956, jour de sa disparition, le décès de Marcel Vannière, sans que rien ne soit su de son sort réel après ce moment. Face à des services sociaux mal informés d’une situation rare, certains peinent à faire reconnaître l’angoisse vécue et le lien entre une affection médicale et la captivité. Le flou mémoriel est à l’image de l’anecdote qui clôt l’ouvrage. En 2001, alors qu’il attend le match France-Algérie devant sa télévision, Jean Dziezuk, ancien prisonnier, patiente devant un reportage sur la première équipe algérienne de football réunie par le FLN en 1958 et filmée à l’aéroport de Tunis. Mais les images présentées par TF1 comme celles des neuf meilleurs joueurs algériens de 1958 n’ont rien à voir avec le commentaire. Les huit hommes descendant de l’avion sont Jean Dziezuk lui-même et d’autres prisonniers français du FLN filmés à l’aéroport de Villacoublay.
     La Cliothèque - Autres articles © Clionautes

     

    Le Nouvel Observateur - Dans les geôles du FLN

    Une historienne a enquêté sur ces prisonniers et ces morts oubliés de la guerre d'Algérie
    Dans ce travail inédit Raphaëlle Branche ouvre le dossier des hommes et des femmes, civils ou militaires, français ou algériens qui furent prison­niers du FLN durant la guerre d’Algé­rie. Pour le FLN, il s’agit d’internationa­liser le conflit, de hisser l’Armée de Libération nationale (ALN) au niveau de l’armée française et de «compenser une faiblesse numérique par une force symbolique ». Pour qu’il y ait des pri­sonniers de guerre, il faut une guerre. Le FLN va donc tout faire pour que ce qui était qualifié d’« événements » à Paris en devienne une à Alger.
    En puisant dans les archives, en recueillant des témoignages, l’histo­rienne montre les conditions de déten­tion, les marches épuisantes, les simulacres d’exécution, les tortures et l'élimination pure et simple de ceux qui ne pouvaient plus avancer. Elle explique aussi que certains captifs étaient envoyés en Tunisie ou au Maroc comme le brigadier Maurice Lanfroy.
    Derrière ces histoires individuelles, l’enjeu politique se dévoile. Mais Raphaëlle Branche éclaire aussi ce qui peut sembler absurde. Quel est l’inté­rêt de faire des prisonniers pour une guérilla dont la survie tient à la mobilité? C'est justement pour montrer qu’elle est une armée comme les autres. Mais alors pourquoi en tuer certains, après quelquefois les avoir soignés, et sur quels critères en libérer d’autres? Parce que cette armée se comporte encore comme une guérilla.
    L’historienne n’évacue rien. Elle tente aussi de comprendre pourquoi ces faits ont été occultés, en France comme en Algérie. Les prisonniers algériens dont on n’a jamais plus entendu parler se comptent sans doute par dizaine de milliers. Idem pour le millier de Français - moitié civils moitié militaires - disparus des mémoires.

    Raphaëlle Branche remarque enfin que le mot « otage » ne fut jamais pro­noncé pour désigner ces «prison­niers ». Ils furent des moyens de pres­sion sur le gouvernement français et sur la population algérienne. Jamais il ne fut demandé de rançon pour bien montrer la symétrie avec les prison­niers - bien plus nombreux - dans les camps français. En revanche, la chance de survie de ces détenus était liée à celle des maquisards, d’où le taux de mortalité élevé dans les dernières années du conflit. Plus de la moitié ne revinrent pas de captivité. Tous ces oubliés de cette guerre sans nom méri­taient bien cette stèle historique. Laurent Lemire

     Le Figaro - Guerre d'Algérie : Enlevés et tués par le FLN
    La première enquête historique sur les prisonniers du Front de libération nationale.Le 1er juillet 1959, il y eut un premier enlèvement des moines de Tibéhirine. Ils étaient deux. Et déjà, parmi eux, au même endroit, frère Luc qui, en 1996, sera de nouveau enlevé, avant d'être assassiné avec six autres moines trappistes. Cette fois-ci, on connaît ses ravisseurs: il dut suivre les hommes en armes de l'ALN, la branche armée du Front de libération nationale (le FLN). Les maquisards libéreront frère Luc cinq semaines plus tard.
    Cette histoire appartient ­- parmi beaucoup d'autres - à l'une des pages méconnues de la guerre d'Algérie: celle des prisonniers du FLN. C'est celle que restitue, avec minutie et rigueur, l'historienne Raphaëlle Branche, celle de centaines de disparus. On estime à moins de mille quatre cents le nombre total de prisonniers. Plus de la moitié d'entre eux ne revinrent pas de captivité. Pour arrière-fond, entre 1954 et 1962, un million sept cent mille militaires furent envoyés en Algérie. Un million de Français d'origine européenne y vivaient parmi huit millions d'habitants.

    Parmi les captifs, il y eut aussi bien des militaires que des civils. Et des civils algériens (même si on sait très peu de chose sur eux) que des civils français, des hommes que des femmes. Des deux côtés de la Méditerranée, l'existence de ces civils semble avoir été oubliée. On fait plus mémoire, dans les deux pays, des civils algériens - plus nombreux - qui disparurent après leur arrestation par les forces de l'ordre françaises. Quant aux civils français, leur mémoire a été recouverte par celle des Français engloutis dans les violences succédant au cessez-le-feu de 1962.

    Civils et militaires
    Les militaires, eux, s'inscrivent dans un fil de mémoire, même s'il reste ténu. L'existence des prisonniers soldats appuie, en effet, l'une des revendications du FLN: faire exister l'état de «guerre» - récusant un simple maintien de l'ordre - puisqu'il existe des «prisonniers de guerre». C'était accéder au statut de belligérant légitime. Et compenser une faiblesse numérique par une «force symbolique».
    Quant à l'enlèvement des civils, il obéissait à une autre logique: chasser par la terreur les Français d'Algérie, présents depuis un siècle et plus de quatre générations. Dans les campagnes, les fermiers devinrent des cibles privilégiées. Sur les routes devait prévaloir un sentiment de précarité et d'isolement qui poussa des colons de plus en plus nombreux à abandonner leurs terres.
    Les prisonniers partagèrent le sort des combattants indépendantistes. Lorsque leurs conditions de vie au maquis se dégradaient, les chances de survie des prisonniers diminuaient. Surtout les deux dernières années du conflit. Plus de 58 % des militaires français moururent en captivité et plus de 70 % des civils français.

    Tombeau aux disparus
    Des lettres de propagande furent envoyées aux familles des prisonniers militaires. En revanche, les prisonniers algériens n'eurent pas le droit à ce traitement. Ce qui était une façon d'appliquer le principe national: les Français d'un côté et les Algériens d'un autre.
    Même si le ton de l'auteur est assez distancié et universitaire, on est touché du «tombeau» offert à ces disparus: comme Marcel Vannière, qui écrivait à sa famille: «Chers parents, ma petite Françoise et ma petite Gisèle chérie, (…) je suis toujours prisonnier mais ne vous cassez surtout pas la tête.» Un beau jour, le silence recouvrit son ultime lettre. Son corps ne fut jamais retrouvé. Cependant, après la guerre, un tribunal déclara le jeune homme «mort pour la France» le 5 août 1956, date tout à fait arbitraire. Décision d'État, certes, mais qui ne levait pas les doutes des familles. Et leur détresse.


     Prisonniers du FLN, articles de El Moudjahid, 1958, 1959 : 

    Prisonniers du FLN - El Moudjahid, Croix rouge internationale

    Prisonniers du FLN - El Moudjahid 1959 (cliquer pour agrandir)

     


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  • Spectacles en France 
    Archives et recherche

    Spectacles en France. Archives et recherche - Marianne Filloux-Vigreux Pascale Goetschel Joël Huthwohl  et Julien Rosembergouvrage collectif sous la direction de
    Marianne Filloux-Vigreux
    Pascale Goetschel
    Joël Huthwohl
    et Julien Rosemberg

    Paris, ÉPU éditions Publibook Université
    décembre 2014
    170 pages illustrées
    http://www.publibook.com
    prix : 26 €

    Danse, cirque, théâtre, opéra, marionnettes, autant d’arts de la scène qui reposent sur une relation éphémère entre des acteurs et des spectateurs. Dès lors, que reste-t-il de ces représentations où des hommes et des femmes se donnent, pour un temps limité, à se faire voir et entendre par d’autres ? De ces fugitive materials : les voix, les intonations, les gestes ou les postures ? Et que faire de ce qui ne figure pas immédiatement dans le champ de la représentation ? De ce qui est hors cadre, en dehors du champ ? L’historien-ne du spectacle, et plus généralement tout observateur des arts de la scène, doit donc composer avec l’absence. Dans ces conditions, comment et pourquoi garder la trace de ces spectacles sans lendemain ? Et Faut-il vraiment le faire ?
    Faisons l’hypothèse que le détour par les spectacles permet de reposer autrement la question de la formation de l’archive, de son autorité et de ses usages. Le spectacle doit faire quelque chose à l’archive, et les auteurs réunis dans ce livre nous en font la démonstration. Les études de professionnels plongés dans le travail d’archivage y côtoient les regards des artistes confrontés à la fugacité de leurs propres spectacles et les analyses de chercheurs, chacun armé de ses outils disciplinaires.
    Ces récits d’archives entrecroisés s’ordonnent eux-mêmes autour de trois axes. Le premier porte sur le sens même du mot ; le deuxième, moins classique qu’il n’y paraît, évoque différentes conceptions de la mise en archives dans des lieux constitués ; le troisième, décliné sous la forme d’hypothèses de recherches, de minutieuses études de cas et d’enquêtes, offre une perspective à la fois plus programmatique et plus pratique.


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