• Le Paris de la Commune -  1871

    sous la direction de Jean-Louis Robert
    avec sylvie April, Laure Godineau, Claudine Rey
    et Jacques Rougerie

    Paris, Belin, septembre 2015
    191 pages illustrées

    isbn 978-2-7011-9555-1
    prix : 28 €

    Ce livre présente Paris sous la Commune au travers d'approches très diversifiées. C'est que la Commune est fondamentalement polysémique, tant patriotique qu'internationaliste, tant républicaine que socialiste révolutionnaire ou fédéraliste, tant montagnarde que proudhonienne. La Commune quasi-libertaire de Courbet et des artistes plasticiens coexiste avec la Commune rigoureuse, voire autoritaire, du procureur Rigault. Paris n'est d'ailleurs pas tout acquis à la Commune. On y trouve aussi des indifférents, des attentistes et des adversaires, pas tous «francs-fMeurs» à Versailles.

    La Commune de Paris est souvent réduite à l'image spectaculaire et terrible des barricades et de la Semaine sanglante; mais on a aussi vécu à Paris pendant 72 jours, en 1871, une expérience au quotidien, appuyée sur la volonté de construire une démocratie active et sociale. La participation des étrangers et des femmes à la Commune, d'une ampleur inédite, est un signe que la Commune c'est aussi pour Paris l'entrée dans la modernité du xxe siècle.

    Ce livre bénéficie d'une très riche illustration, rarement éditée et provenant de collections privées.

    table des matières

    Introduction            par Jean-Louis Robert

    Première Partie •  Une révolution

    Chapitre 1.            Une histoire politique de la Commune, par Jean-Louis Robert

    Chapitre 2.            Contre la Commune, par Laure Godineau

    Deuxième Partie •  Le peuple souverain

    Chapitre 3.            La Commune et la démocratie, par Jacques Rougerie

    Chapitre 4.            Les femmes de la Commune, par Claudine Rey

    Chapitre 5.            La Commune et ses étrangers, par Sylvie Aprile

    Troisième Partie •  La Commune en actes

    Chapitre 6.            La Commune et les arts, par Jean-Louis Robert

    Chapitre 7.            La Commune et la justice, par Jean-Louis Robert

    Annexes

     


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  • Le Parti socialiste d'Épinay à l'Élysée

    sous la direction de
    Noëlle Castagnez et Gilles Morin

    Rennes, Presses universitaires de Rennes, juin 2015
    collection 
    15,5 x 24 cm • 360 p. ill. n/b

    isbn : 978-2-7535-4068-2
    prix : 20 €

    Le congrès d’Épinay en juin 1971, au-delà du mythe, inaugure une décennie exceptionnelle pour le socialisme français. Face à une droite qui lui nie toute légitimité, et à un frère ennemi communiste toujours dominateur, le Parti socialiste de François Mitterrand prône l’union de la gauche, se met en ordre de bataille… et conquiert le pouvoir en dix ans. Le rassemblement des siens et son ouverture, aussi bien aux Chrétiens qu’aux héritiers de Mai 1968, comme les contacts renoués avec le monde culturel et intellectuel, peuvent expliquer son succès qui, pourtant, n’était pas écrit. La double victoire présidentielle et législative de mai-juin 1981 a masqué les rivalités internes entre les courants et leurs animateurs (Chevènement, Rocard, Poperen…). Elle invite donc l’historien à s’interroger sur le potentiel réel de cette décennie. Les auteurs analysent la façon dont le PS s’est préparé à exercer le pouvoir à différentes échelles, du national à l’international. Et ils évaluent ses programmes, du Changer la vie (1972) au Projet socialiste (1980), au regard des nouveaux enjeux sociétaux et de la crise.

    sommaire

    • Un parti pour conquérir le pouvoir
    • Le parti socialiste et les autres
    • Un parti pour changer la vie ?

    extraits

    Le PS d'Épinay à l'Élysée – introduction

    Le PS d'Épinay à l'Élysée – auteurs

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  • Naissance de la contrainte pénale. Sanctionner sans emprisonner

    Pierre V. Tournier

    Paris, L'Harmattan, juin 2015
    Volume 1. Genèse (226 p.)
    Volume 2. Archives (221 p.)

    En application de la loi du 15 août 2014 sur l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales, tout auteur majeur d’un délit, encourant une peine d’emprisonnement de cinq ans ou moins peut, aujourd’hui, être condamné à la « contrainte pénale ». Le condamné devra alors se soumettre, pendant une période comprise entre six mois et cinq ans à des mesures de contrôle et d’assistance, en milieu ouvert, ainsi qu’à des obligations et interdictions particulières destinées à prévenir la récidive. C’est dans un texte publié le 1er juillet 2006 que Pierre Victor Tournier proposa la création d’une nouvelle forme de probation qu’il appellera, plus tard, « contrainte pénale appliquée dans la communauté ».

    Cet ouvrage retrace la genèse de cette nouvelle sanction et met en évidence les obstacles rencontrés par un projet qui, selon les termes d’Antoine Garapon « fait rupture, mais ne va pas intellectuellement jusqu’au bout de ses propositions ».

    Rendez-vous manqué par la Gauche ou premiers pas hésitants vers une nouvelle échelle des peines où la prison deviendrait l’alternative, en dernier recours, à la contrainte pénale pour les délits ?


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  • Drancy.
    Un camp en France

    sous la direction de Renée Poznanski et Denis Peschanski
    avec Benoît Pouvreau


    Paris, Fayard/Ministère de la Défense, avril 2015
    180x245 mm • 297 p. ill.

    ean : 9782213671130
    prix : 30 €

    En mai 1944, Louis Aragon écrivait que le nom de Drancy faisait « frémir les Français les plus impassibles d’apparence ». Aujourd’hui, sur le site du camp par lequel sont passés 84 % des déportés juifs de France, une cité HLM côtoie un wagon et une statue monumentale, en vis-à-vis d’un musée-mémorial de la Shoah. Drancy a conservé en effet sa vocation initiale de logement social tout en devenant le lieu de mémoire central de la Shoah en France.
    C’est l’histoire complète de ce lieu qui est retracée dans ce livre. Elle démarre avec le projet architectural d’avant-garde des années 1930 et les « premiers gratte-ciel de la banlieue parisienne » ; elle relate le passage par ce camp improvisé des prisonniers de guerre français, puis des civils britanniques et canadiens. Elle évoque toutes les étapes administratives et policières qui ont accompagné la création puis la vie du « camp des Juifs » et le rôle des acteurs de cette triste histoire – les Allemands, les Français ; elle décrit la vie quotidienne des victimes juives, avec ses grandeurs et ses faiblesses.
    C’est l’histoire complète de ce lieu car elle dépasse les limites du camp pour en saisir la résonance au cœur des familles juives d’internés et dans toute la France ; pour y suivre, après la Libération, les suspects de collaboration ; pour en analyser les péripéties mémorielles depuis 1945.
    C’est l’histoire complète de ce lieu, enfin, car un grand nombre d’illustrations exceptionnelles accompagnent un récit fondé sur des documents largement inédits et extraordinairement émouvants.

    Renée Poznanski est historienne, professeur au département de Politics and Government à l’université Ben Gurion du Negev (Israël). Elle est l’auteur de Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale(Hachette Littératures, 1998) et Propagandes et Persécutions. La Résistance et le « problème juif » (Fayard, 2008).
    Denis Peschanski est historien, directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de la France des années noires, il a publié La France des camps 1938-1946 (Gallimard, 2002) et, avec Thomas Fontaine, La Collaboration 1940-1945. Vichy, Paris, Berlin (Tallandier, 2014).
    Benoît Pouvreau est historien de l’architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du département de la Seine-Saint-Denis. Il a publié Un politique en architecture : Eugène Claudius-Petit (Moniteur, 2004) et dirigé Les Graffiti du camp de Drancy. Des noms sur des murs (Snoeck, 2014)

    extraits du livre

    L'internement de Britanniques et de Canadiens (p. 35)

    Drancy. Un camp en FranceSi Drancy fut, pendant trois mois, un camp de transit pour les prisonniers de guerre, entre-temps, une autre catégorie y avait été internée. Pour ouvrir le « camp des Juifs » en août 1941, les Allemands durent le vider des internés civils britanniques et d'une petite colonie canadienne (dont de nombreux prêtres et étudiants en théologie). De plus, des Français y étaient revenus en nombre, nous apprend un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) daté du 8 juillet 1941 : « Les internés britanniques disposaient de l'ensemble du bâtiment. Cependant, par suite de l'arrivée de 1 008 civils français de retour d'Allemagne (civils ayant par erreur été considérés comme militaires et renvoyés en France pour être libérés), les deux tiers d'une aile du bâtiment leur sont actuellement réservés. » Ils étaient encore au camp au moment de la rédaction du rapport.

    Les Britanniques et Canadiens furent emprisonnés en décembre 1940 dans un camp qui conserva le nom de Frontstalag 111, tout en devenant un camp d'internement administratif. Il remplissait donc une autre fonction puisqu'il abritait des « ressortissants de puissances ennemies ». On avait connu la même procédure pendant la Première Guerre mondiale et elle avait surtout été utilisée dès septembre 1939 quand la France et l'Angleterre avaient déclaré la guerre à l'Allemagne et que les gouvernements avaient voulu contrôler des agents potentiels de l'ennemi en les enfermant dans des camps. Pour rappel, près de 20 000 ressortis­sants allemands et autrichiens avaient été internés en France à l'automne 1939 ; la mesure ne touchait alors que les hommes. Au mois de mai suivant, quand l'offen­sive allemande fut déclenchée, les femmes connurent le même sort. Des mesures du même type furent prises aussi en Angleterre ou au Canada, puis aux États-Unis ; que les Allemands prennent des dispositions analogues contre les Britanniques et Canadiens qui n'avaient pu quitter la France à temps pour peu qu'ils l'aient sou­haité n'était guère surprenant. Leur internement à Drancy répondait donc à une logique de guerre très classique.

    Le rituel des départs (p. 131)

    Drancy. Un camp en FranceAu rituel des arrivées s'était donc ajouté le rituel de la déportation, avec ses étapes consacrées et l'habitude qui s'installa durant ces semaines d'été puisque, invariablement, trois déportations hebdomadaires étaient planifiées, toujours les mêmes jours. Pourtant, chacune de ces déportations présentait un caractère particulier. Certaines se déroulaient sous la pluie et d’autres par une chaleur écrasante. Certaines se passèrent dans l'ordre et d'autres dans des conditions de désordre inimaginables. Mais surtout, la composition des convois faisait la différence. Le 17 août 1942, Georges Horan ne décrivait plus. Il se contentait d'une phrase : « Les enfants ont été déportés - 9e déportation. » Toute autre précision était inutile, comment exprimer une telle horreur ? Le convoi du 28 août 1942, composé de 500 enfants et, mélangés à eux, des vieillards, des impotents et tous les malades qui avaient moins de 39° de température marqua plus particulièrement les esprits. Après une interruption de plusieurs semaines, les déportations de février 1943 furent particulièrement pénibles. Georges Kohn évoque des « visions hallucinantes », notamment lorsque des vieillards de l'hospice Rothschild arrivèrent au camp en vue de leur déportation immédiate. Le 13 février 1943, Röthke exigeait que 1 000 Français soient désignés pour une déportation immédiate. À 4 heures du matin, ils montaient dans les autobus en chantant La Marseillaise et le Chant du Départ. À la gare, sur ordre de Röthke, les femmes furent brutalement séparées des hommes ; or ils avaient préparé bagages et couvertures en commun. Dès lors, cette séparation s'appliqua systématiquement, dans les escaliers de départ comme dans les convois.

    Mais au-delà de ces différences, les étapes étaient les mêmes : la composition des listes, les victimes consignées dans les escaliers de départ, la tête rasée, la fouille et le départ au petit matin après avoir parfois écrit une dernière lettre.

    Les S S et la PQJ décidaient des critères à utiliser dans la composition des convois de Juifs à déporter, et le bureau des effectifs dressait les listes préparatoires. Pourtant, les différentes catégories d'internés voués à la déportation étaient élastiques. Ces listes, une fois le chiffre fixé, devaient beaucoup à l'arbitraire : l'état de santé, la qualité d'ancien combattant, la nationalité ou l'ancienneté de la citoyenneté française, les tâches accomplies dans le camp – ces critères ne jouèrent jamais de façon absolue. Les ordres de déportation arrivaient parfois à la dernière minute et la précipitation qui s'ensuivait accentuait encore le caractère arbitraire des choix opérés par le bureau des effectifs placé sous la direction de Marcel Levy-Kunzi du 5 novembre 1941 au 20 avril 1943, date à laquelle il parvint à « prouver » qu'il n'était pas juif et à se faire libérer.

    Le camp fixe (p. 147)

    Drancy. Un camp en FranceDes internés faisaient preuve d'imagination pour éclairer un tant soit peu leurs journées. Mr et Mme R. furent déportés le 21 août 1942, mais avant cette date, ils se retrouvaient au lavoir, où ils passaient des journées entières pour être ensemble devant une lessive imaginaire.

    Et puis il y avait les corvées du camp, notamment celle du nettoyage que Julie Crémieux-Dunand nous décrit dans son témoignage : « une internée de semaine jette un peu d'eau par terre, à l'aide d'une boîte de conserve percée, et va faire le simulacre de balayer car elle a en mains dix morceaux, je les ai comptés, dix baguettes de bouleau de 20 cm de long, qu'elle tient serrées dans ses doigts, manquant de ficelle pour les attacher ». Les dortoirs ne risquaient pas de briller par leur propreté.

    Avec le va-et-vient des arrivées et des départs, deux nouvelles corvées avaient fait leur apparition. La corvée des bagages, qui consistait à transporter les modestes effets des arrivants et des partants, et la corvée du Bourget, qui consistait à aller chercher les détenus d'autres camps ou accompagner ceux qui étaient déportés.


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  • La vie mène la danse

    La vie mène la danseédition établie et annotée par  Françoise Denoyelle

    Paris, éditions Textuel
    en coédition avec le musée du Jeu de Paume, mai 2015

    16x21 cm • 416 pages
    prix : 35 €
    isbn : 978-2-84597-522-4
     
     
    L’autobiographie inédite d’une artiste majeure de la photographie d’avant-garde.
    Voici publiée pour la première fois, à l’occasion de la rétrospective que lui consacre le Jeu de Paume à Paris du 2 juin au 27 septembre 2015, l’autobiographie de Germaine Krull, pionnière de la photographie d’avant-garde.
    Comme nombre de photographes de sa génération, Germaine Krull (née en 1897 en Prusse de parents allemands et décédée en 1985) a arpenté le monde au gré de ses soubresauts et de ses tumultes. Amie de Man Ray, amante d’Eli Lotar, épouse de Joris Ivens, amie d’Eisenstein, correspondante de Benjamin, responsable du service de la propagande de la France libre à Brazzaville, gérante d’un hôtel pendant près de vingt ans à Bangkok, Krull a connu mille vies.
    Esprit libre, sans véritable patrie, Germaine Krull a photographié sans relâche et s’est imposée comme une artiste des plus novatrices. Métal, livre cardinal de la modernité la consacre en 1927. Avec elle la photographie de la ville, du monde industriel, bascule dans l’univers des avant-gardes.
    Cette autobiographie, dont elle a achevé le tapuscrit à Dehra Dun en Inde le 28 octobre 1980 est une chronique du XXe siècle et de sa vie, une saga picaresque qui présente un destin de femme d’exception.

    Historienne de la photographie, Françoise Denoyelle enseigne à l’école Louis Lumière. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages dont Boris Lipnitzki le Magnifique (Nicolas Chaudun, 2013), Le Siècle de Willy Ronis (Terre Bleue, 2012), La Photographie humaniste 1945-1968, autour d’Izis, Boubat, Brassaï, Ronis (en collaboration, BnF, 2006). Très proche de Germaine Krull à la fin de sa vie, Françoise Denoyelle a mené de longues séries d’entretiens avec elle et milite depuis plus de vingt pour la publication de ce texte.

     


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  • Une histoire des garçons et des filles
    Amour, genre et sexualité dans la France d'après-guerre

    Une histoire des garçons et des fillespar Régis Revenin

    Paris, Vendémiaire
    Collection « Chroniques », mai 2015
    145 x 200 mm • 349 p. 

    isbn : 978-2-36358-174-7
    prix : 22 €

    Mai 68, une révolution sexuelle ? Serait-ce seulement à partir des années 1970 que les garçons et les filles auraient eu librement accès au plaisir ? Certes, la contraception et le droit à l'avortement ont transformé notre rapport à la sexualité. Mais les différences et inégalités de genre restent très présentes.

    Dans les années 1950 et 1960, à l'heure où les surprises-parties battent leur plein et où les magazines pour adolescents exhibent les corps des idoles, les garçons n'hésitent pas à multiplier les conquêtes. Et à s'en vanter : « J'aime les filles pour dormir ensemble une nuit ou deux. » Ou à raconter sans détours d'autres expériences : « J'aime qu'un homme m'embrasse sur la bouche »…

    Archives inédites à l'appui, cet ouvrage donne la parole aux garçons des Trente Glorieuses, et révèle que, loin des tabous et des codes traditionnels, autant que d'une innocence fantasmée, ils avaient sur le sexe, l'amour et les filles des idées bien précises. Et des pratiques plus libres qu'on ne l'imagine.

    Docteur en histoire de l'université Panthéon Sorbonne, Régis Revenin est maître de conférences en sciences de l'éducation à l'université Paris Descartes. Chercheur au CERLIS et au CHS, ses travaux portent sur l'histoire de la jeunesse et l'histoire de la sexualité.

    Table des matières

    Introduction
    L'historien, le jeune et ta sexualité • Un observatoire de l'adolescence masculine • «Votre révolution, moi je n'y crois pas»

    L'éducation sexuelle informelle
    Voir et dire les «choses du sexe» • Jeux initiatiques masculins • Surveiller et punir • Un délit d'homosexualité juvénile? • Entre éducation et perversion

    La sexualité, à l'école?
    « Faire comprendre aux jeunes gens que l'instinct sexuel est un instinct redoutable» • La mixité pour favoriser l'hétérosexualité • « Enfin, on nous parle comme si nous étions des hommes» • La volonté de savoir • « L'Éducastrons sexuelle» • Les années 1970 et la réaffirmation du discours moral?

    Séductions adolescentes
    Idoles, pin-up et « folie des grandeurs » • Beaf niks, blousons noirs, minets et zazous • « Une tendresse virile» • Le flirt, «aquarelle de l'amour» • Les lois du genre

    Amitiés et amours entre garçons
    L'invention de l'homosexualité juvénile * «Semblables aux autres hommes et noyés dans la masse » • « Nous, les pédés, nous sommes des êtres normaux » • Paris, capitale de l'homosexualité • Idéal amoureux* La drague homosexuelle et ses codes

    Coïts
    Qu'est-ce que la « première fois » ? • «Je devais être amoureuse pour ça » • Maladies vénériennes, contraception et avortement • Devenir un homme • « Comme ils l'ont fait ensemble, leurs copains peuvent jurer qu'ils l'ont vu »

    On ne naît pas viril, on le devient
    « Naturellement batailleurs, plus forts, plus entreprenants et plus hardis» • « Moi, je n'aimerais pas être une fille» • «Que le père soit son père, que sa mère soit sa mère» • «Le type méditerranéen par excellence, alangui, lent, langoureux, mollusque» • «Je veux être le Français moyen» • Filles faciles, filles sérieuses et coureurs de jupons* «Un monde sans filles ne serait plus un monde» • «La chance et l'amour m'ont souri»

    Conclusion
    Remerciements • Notes • Sources et bibliographie


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  • Écritures du feuilleton

    Écritures du feuilletonDossier dirigé par Pascale Goetschel, François Jost
    et Myriam Tsikounas 

    Sociétés et représentations
    , n° 39, juin 2015

    issn : 12622966

    isbn : 2-85944-905-1
    isbn-13 : 978-2-85944-905-6
    gtin-13 (EAN13) : 9782859449056


    Le feuilleton. Cette forme narrative, toujours ouverte, se développe et ne vit que par ce sentiment contradictoire qu'il provoque en nous de souhaiter connaître le fin mot de l’histoire, et de l’envie que rien ne s’arrête et surtout pas la vie des personnages auxquels nous nous sommes attachés. Peut-être n’a t’on pas assez remarqué que le succès grandissant des séries télévisées tient largement au fait qu’elles ne sont plus, justement, des séries, c’est-à-dire des récits fermés sur eux-mêmes, avec un début et un dénouement, mais des narrations qui comportent une part de feuilleton, au sens où chaque épisode laisse en suspens des questions qui se résoudront par la suite et fait écho à d’autres qui l’ont précédé. De l’écrit au théâtre, du théâtre aux ondes, des ondes à l’écran, grand puis petit… la fiction migre et résiste en se pliant, non seulement aux impératifs de chaque nouveau support mais aux besoins et priorités des sociétés successives. Se posent toutefois, pour l’analyste, de nombreuses questions de réécriture. Les plus saillantes sont discutées par les auteurs de ce dossier.


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  • Jean Zay
    Le ministre assassiné, 1904-1944

    Jean Zay. Le ministre assassinéAntoine Prost et Pascal Ory

    Paris, Tallandier, mai 2015
    185 x 255 mm • 158 pages illustrées

    isbn : 979-10-210-1070-3
    prix : 24,90 €

    Député radical-socialiste à 28 ans, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts de 1936 à 1939, Jean Zay fut assassiné par la milice avant même d'avoir eu 40 ans, le 20 juin 1944. Pourquoi ce destin hors du commun, cet accès précoce à de très hautes responsabilités et cette fin tragique ?

    Pour répondre à ces questions, on retrace ici simplement et clairement la vie et l'action de Jean Zay : ses origines familiales, sa formation, son ascension politique, puis son rôle à l'Éducation nationale sous le Front populaire. Par ses projets, ses décisions, sa méthode et son style, il fut un grand ministre réformateur : classes de fin d'études primaires, sixièmes d'orientation, activités dirigées, sport à l'école, mise en réseau des centres d'orientation, création du CNRS. Chargé des Beaux-Arts, il leur donne, résolument soutenu par un mouvement de fond à la fois moderniste et démocratique, une inspiration nouvelle qui annonce les enjeux de la « Culture » d'après-guerre : réforme de la Comédie-Française, premières subventions aux « jeunes compagnies », nouveaux musées, soutien à la lecture publique, liens Culture-Loisirs, festival de Cannes…
    Après Munich, c'est dans le gouvernement l'un des ministres les plus fermes dans la volonté de résister à l'Allemagne nazie. Les collaborateurs dénonceront d'ailleurs en lui un fauteur de guerre, coupable de ne pas avoir fait la paix avec Hitler.Suprêmement intelligent et cultivé, actif, organisé, ouvert, Jean Zay tranchait sur la grisaille du personnel politique d'alors. De plus, sa réussite lui promettait un rôle majeur dans les gouvernements à venir. Mais il représentait tout ce que Vichy détestait. Aussi, après un procès proprement scandaleux, le nouveau régime le condamna-t-il à la détention à perpétuité. Emprisonné à Riom pendant toute la guerre, il est finalement exécuté au coin d'un bois.Ainsi finit tragiquement un ministre éminemment sympathique, efficace et moderne, qui avait mis en mouvement l'école républicaine et fait lever de grands espoirs.

    quelques extraits

    page 18 (La famille et la jeunesse)

    En 1916, sa composition française de certificat d'études, très patriotique, est publiée intégralement dans le Bulletin de l'Instruction publique du Loiret. De 1916 à 1918, « fils de combattant », comme il se nommera lui-même, il fabrique un journal illustré qu'il intitule Le Familier, mis en page comme un vrai journal, écrit à l'encre violette sur des cahiers d'écolier : il y traite quotidiennement, sous divers pseudonymes, de l'actualité de la guerre – qu’il suit avec une très grande attention patriotique –, mais aussi, souvent avec humour, d'événements familiaux ou locaux.

    Jean Zay. Le ministre assassiné

    Boursier, lycéen brillant, il est primé au concours général en composition française, puis l'année suivante en philosophie. Il anime un journal lycéen au titre éloquent : Le Potache bouillant. Bachelier en 1923, il choisit les études de droit et travaille comme clerc d'avoué pour les financer. En même temps, il écrit dans le journal de son père, dont il assure le secrétariat de rédaction, s'engageant ainsi dans la vie politique locale, alors même qu'il n'est pas encore électeur. Interviewé en 1937, il dira : « Le journal de mon père était un journal politique. C'est vous dire que je n'ai jamais commencé à faire de la politique. J'ai vécu dans son atmosphère et je crois bien avoir tenu ma première réunion publique à l'âge de Mans… »

    page 27

    Les débuts en politique

    De 1926 à 1928, il fait son service militaire à Saint-Avold-Morhange. Inscrit au barreau d'Orléans en 1928, c'est un avocat dont l'éloquence efficace obtient l'acquittement dans plusieurs procès d'assises difficiles. Son cabinet est bientôt un des plus actifs de la ville. Une réputation qui compte en politique.

    Jeune et brillant avocat, Jean Zay était aussi un militant républi­cain, au sens plein qu'avait ce terme depuis l'affaire Dreyfus. Très actif dans la Ligue de l'enseignement et dans celle des droits de l'homme, il avait été initié à la loge Étienne Dolet et avait adhéré au parti radical. Mais il avait surtout réanimé la Fédération des jeunesses laïques et républicaines (JLR), en multipliant les réunions et conférences dans le département du Loiret. Cela lui avait valu une certaine notoriété.

    Jean Zay. Le ministre assassiné

    La politique qui l'intéressait, c'était la grande politique, celle de l'État. Aux JLR, on discutait des principes fondateurs et de la politique nationale. La politique locale ne l'attirait pas. Sa carrière politique n'a donc pas suivi l'itinéraire classique qui conduit d'une municipalité au conseil général, puis Photo officielle de Jean Zay à la Chambre ou au Sénat. Il n'a jamais cherché à devenir conseiller municipal ou maire.

    En revanche, quand le comité radical-socialiste lui a proposé d'être candidat aux élections légis­latives de 1932, il n'a pas hésité. Sa désignation était ambiguë, car il était très jeune - 27 ans - et les caciques radicaux auraient pu préférer l'un des leurs. Mais le sortant, un modéré bien implanté, semblait difficile à battre. Les radicaux d'Orléans ne prenaient pas un grand risque en donnant sa chance à un jeune. Jean Zay la saisit, mena une campagne dynamique et fut élu au second tour d'une courte tête.

    page 41

    Le ministère de l'Éducation nationale en 1936

    Avec la constitution du gouvernement de Léon Blum, deux mois avant de fêter ses 32 ans, Jean Zay devient donc ministre de l'Édu­cation nationale et des Beaux-Arts.

    Ce n'est pas, à l'époque, un ministère de première importance ; il vient en huitième ou neuvième position dans la liste officielle, après la Marine et l'Air. Il n'est pas écrasé par des tâches de gestion : les instituteurs – moins de 150 000 – étaient gérés dans chaque département par les inspecteurs d'académie, et l'enseignement secondaire comptait environ 255 000 élèves (175 000 garçons et 80 000 filles) à la rentrée de 1936, pour un corps enseignant qu'on peut évaluer, faute de chiffres précis, à moins de 15 000 professeurs. Quant aux facultés, elles comptaient alors près de 75 000 étudiants et moins de 2 000 professeurs. L'enseignement privé était totalement indépendant ; il n'était pas inspecté, n'avait pas de statistiques à fournir, et ne recevait aucun subside du ministère, dont le budget, y compris les Beaux-Arts, représentait alors autour de 7,5 % des dépenses de l'État.

    La structure du ministère était simple, il comprenait cinq directions : le primaire, le secondaire, le supérieur, le technique et les beaux-arts. À l'échelon régional, les responsabilités des seize recteurs se limitaient en fait à l'enseignement supérieur, car les lycées étaient administrés directement de Paris. Le ministre pouvait se consacrer simultanément à l'Éducation et à ce que nous appelons aujourd'hui la Culture : les théâtres, les musées, les bibliothèques.

     

    page 131

    Une tragédie en trois actes

    Hélas, c'est la débâcle. Apprenant que la Chambre se réunis­sait à Bordeaux, Jean Zay quitte son unité avec l'accord de son chef pour la rejoindre, comme en avril pour le Comité secret. Le 17 juin, le maréchal Pétain formait un nouveau gouvernement et demandait à Hitler ses conditions pour cesser le combat. Divisé, le cabinet adopte un compromis : Pétain resterait en France pour gérer les affaires courantes, le président de la République, Albert Lebrun, et ceux du Sénat et de la Chambre gagneraient l'Algérie par Port-Vendres pour continuer la guerre. D'autres hommes politiques rejoindraient le Maroc. Dans ce cadre, Jean Zay, sa femme et sa fille embarquent sur le Massilia le 20 juin. Mais, apprenant qu'Albert Lebrun était prêt à partir, Pierre Laval lui fit une scène telle qu'il y renonça. La propagande se déchaîne alors contre les passagers du Massilia, les accusant d'avoir fui et, pour les députés mobilisés, d'avoir déserté.

    Jean Zay. Le ministre assassiné

    Cette campagne de presse haineuse ouvre le premier acte d'une tragédie. Arrivé à Casablanca, Jean Zay est arrêté le 16 août, transféré en France et traduit devant le Conseil de guerre de Clermont-Ferrand. Sa femme, restée à Casablanca, met au monde sa seconde fille Hélène dans des conditions difficiles, médecins et sages-femmes refusant d'accoucher la femme d'un « déserteur » juif.

    L'intention primitive de Vichy était sans doute de le fusiller, car l'inculpation initiale, « abandon de poste et désertion en présence de l'ennemi », était passible de mort. Elle fut abandonnée et Jean Zay condamné le 4 octobre à la déportation et à la dégradation militaire pour « désertion en présence de l'ennemi. » Une peine qui n'avait plus été prononcée depuis Dreyfus, et une condamnation aussi inique qu'absurde : il était établi qu'il avait quitté son unité de façon régulière et qu'elle était alors à 90 km au moins de l'ennemi. Mais il s'agissait de rendre présentable un règlement de comptes politique : Vichy se venge sur Jean Zay du Front populaire, de l'Édu­cation nationale et des instituteurs, des francs-maçons, des juifs, et de ceux qui, au gouvernement, voulaient résister à Hitler.

     

    page 143

    Le 20 juin 1944, trois miliciens se présentent à la prison de Riom avec un ordre de transfert à Melun, signé du directeur de l'adminis­tration pénitentiaire, un chef de la milice. Ce document a pour seule fonction de permettre la levée d'écrou de Jean Zay, car la prison de Melun n'a jamais été prévenue de ce transfert. Les miliciens le font monter dans leur voiture, prétendent le conduire au maquis et s'arrêtent dans un bois près de Cusset. Il descend, fait quelques pas ; ils l'abattent d'une rafale de mitraillette, puis le dépouillent de ses vêtements et jettent son corps dans une sorte de puits. Les démarches entreprises par sa femme auprès de Pierre Laval ne mènent à rien. Jean Zay a disparu.

     


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  • Le Modèle suédois.
    Les gauches françaises et l’impossible social-démocratie

    Gilles Vergnon
    Rennes, PUR, mai 2015
    coll. Histoire
    15,5 x 24 cm, 184 p.

    isbn : 978-2-7535-3957-0
    prix : 18 €

    Gouvernée sans interruption de 1932 à 1976 par la social-démocratie, la Suède a longtemps suscité un vif intérêt sur la scène politique française, particulièrement à gauche, mais pas seulement. Dans les années 1970, de nombreux livres, articles et émissions de télévision, lui sont ainsi consacrés. Tous s’interrogent sur l’existence d’un «modèle» suédois : un modèle d’économie mixte, de compromis social, ou d’alternative au capitalisme selon les auteurs. C’est l’époque où Georges Pompidou, interrogé en juin 1969 par L’Express sur l’existence éventuelle d’un « pays modèle» en matière de rapports sociaux, répond : «Disons la Suède, avec un peu plus de soleil».

    Dans cet ouvrage, Gilles Vergnon s’interroge sur l’influence d’un modèle réformiste étranger sur les différents courants des gauches françaises, dans un parcours qui nous conduit des années 1930 jusqu’à nos jours. Dans cette perspective, le livre propose « en creux » une histoire des projets réformistes en France, vus au miroir suédois, celui d’une expérience gouvernementale de gauche unique en Europe par sa pérennité et son apparent succès.

    A l’heure où l’on parle beaucoup de « tournant social-démocrate » des socialistes français, le livre s’interroge enfin sur le sens et la possibilité d’un tel transfert.

    Gilles Vergnon, agrégé d’histoire, est Maître de conférences habilité en histoire contemporaine à Sciences-Po Lyon. Ses travaux portent sur la Deuxième Guerre mondiale et l’histoire des gauches en Europe. Il a récemment publié L’antifascisme en France. De Mussolini à Le Pen (Presses universitaires de Rennes, 2009) et Résistance dans le Vercors. Histoire et lieux de mémoire (Glénat, 2013).

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  • Les Fusillés (1940-1944)

    Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages
    ou guillotinés pendant la Seconde Guerre mondiale

    Les Fusillés - Dictionnaire biographique - Maitronsous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu

    Paris, Éditions de l'Atelier, avril 2015
    1950 pages, ill.

    isbn : 978-2-7082-4318-7
    prix : 30 €

    Ils étaient communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes, ou bien tout simplement patriotes ; juifs, chrétiens, ou libres-penseurs. Certains étaient des résistants actifs, d'autres furent arrêtés en raison de leurs origines, de leur engagement militant ou de leur refus de l'Occupation. Tous subirent jusqu'à en perdre la vie l'appareil répressif mis en place par les occupants nazis, les fascistes italiens et les autorités vichystes. Leurs parcours, d'une extrême diversité, convergent le plus souvent vers un but commun : lutter contre la barbarie.

    Ce livre réunit tes biographies de ceux qui furent fusillés en France entre 1940 et 1944. Il rappelle les conditions de leur arrestation et de leur exécution et retrace leur itinéraire, leur vie, leurs engagements. Fruit d'un exceptionnel travail d'historiens, cet ouvrage rend aux fusillés de la Seconde Guerre mondiale un hommage citoyen. Ils sont présents à nos mémoires.

    Ce dictionnaire biographique a été rédigé par un collectif d'une centaine d'auteurs, sous la direction de Claude Pennetier (directeur du Maitron, chercheur CNRS/ CHS Paris-!), Jean-Pierre Besse (1949-2012, historien), Thomas Pouty (historien), Delphine Leneveu (CRHQ-UCBN/CNRS). Il s'inscrit dans la collection Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

    Quelques notices

    Les Fusillés - Dictionnaire biographique - MaitronBRETAGNE André, Julien, Louis


    Né le 17 juin 1923 à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; serrurier ; résistant.

    Fils de Eugène Célestin Bretagne, [né le 6 mars 1898 à Chambéry), « chauffeur aux chemins de fer » et de Aline Malvina DATHY, son épouse, [née le 6 septembre 1896 à Etreillers (Aisne)], sans profession, André Bretagne, serrurier, travaillait en 1941 chez Drouart à Villeneuve-Saint-Georges, entreprise sous traitante de la SNCF où"l’on manie le tirefond, grosse vis employée pour fixer un rail à patin sur la traverse, inutile d étudier le petit manuel du parfait saboteur ". En décembre, le chantier ferma pour cause de froid, il se fit embaucher, avec son camarade de travail Jean-Marie Castel comme garde-voies ce qui leur permettait d’avoir un laisser-passer ,ausweis. Il habitait chez ses parents dans un pavillon du quartier nord de la ville, rue Eugène Sue.

    Jeune communiste, à partir d’avril 1941, il participa à la constitution d’un triangle de volontaires qui se rattacha à l’Organisation spéciale (OS). Le responsable était Gilbert Deschanciaux et le troisième jeune Roger Calvier. Début 1942, il rejoignit les FTP et participa à de nombreuses actions. Les rapports de police indiquent "incendie de wagons de paille ennemis en gare de Villeneuve-Triage, sabotages de wagons transportant du matériel automobile en mai et juin 1942".

    André Bretagne fut arrêté le 1er août 1942 en compagnie de son camarade Gilbert Deschanciaux ; il avait réussi à s’échapper mais était revenu au domicile de ses parents de crainte que la Gestapo n’arrête l’un d’entre eux. Roger Calvier fut arrêté le jour même, près d’Aubergenville(Seine-et-Oise). Emprisonnés à la prison de la Santé ,tous les trois furent désignés comme "otages en représailles de l’attentat du stade Jean Bouin (à Paris) et divers attentats qui provoquèrent 31 morts allemands dans le mois". Livrés à la police de sécurité allemande (Sipo-Sd, action Stadion), sans avoir été traduits devant un tribunal militaire, ils ont été fusillés au Mont Valérien le 11 août 1942, avec 46 otages. Il était célibataire

    Incinéré le 29 août 1942 au Père Lachaise, l’urne fut restituée le 17 novembre 1944 à la famille, puis les cendres inhumées au cimetière de Villeneuve-Saint-Georges où son nom figure sur la stèle commémorative des « Héros de la résistance et des déportés ».

    Le 3 avril 1945, la mention « Mort pour la France » fut apposée sur son acte de décès. La municipalité a donné son nom à une rue du quartier nord de Villeneuve-Saint-Georges et rue des Fusillés une plaque commémorative aux huit fusillés villeneuvois a été apposée.

    SOURCES : Site Genweb. — Site internet des Fusillés du Mont-Valérien. — Jean-Marie Castel, Les Villeneuvois et les Villeneuvoise sous l’Occupation (1940-1944), Montgeron, Desbouis Gresil, 1990. — État civil de Villeneuve-Saint-Georges, Acte de décès établi conformément au jugement du tribunal civil de la Seine le 24 septembre 1942. — DAVCC Caen, BVIII dossier 3 consulté par Thomas Pouty.

    Annie Pennetier

    Les Fusillés - Dictionnaire biographique - MaitronBUSILLET Robert, Armand, Jules

    Né le 19 janvier 1922 à Port-Launay (Finistère), mort le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien (commune de Suresnes, Seine, Hauts-de-Seine)  ; membre du Groupe Élie (CND Castille).

    Robert Busillet, domicilié à Brest, était le fils du capitaine Félix Busillet, un militaire titulaire de nombreuses décorations et décédé sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale. Pupille de la nation depuis le 21 avril 1940, Robert Busillet, étudiant célibataire, appartenait au groupe de résistance formé dès novembre 1940 par Louis Élie, entrepreneur de transport. La mission du groupe Élie consistait notamment à récupérer des armes dans des cafés fréquentés par les Allemands. C’est lors d’une de ces opérations, le 28 avril 1941, que se joua le destin du groupe, lors d’une bagarre dans un café de la rue Blanc avec plusieurs soldats allemands. Si tous parvinrent à s’échapper, la Gestapo, par l’arrestation d’un suspect mis ensuite la main sur une liste de noms dont plusieurs des membres du groupe Élie, qui furent arrêtés les uns après les autres. Interpellé le 6 juin 1941 pour participation à des sabotages, incarcéré à Fresnes, Robert Busillet fut condamné à mort le 22 novembre 1941, et bien que le préfet, s’appuyant sur le parcours du père de Busillet, demanda une grâce, il a été fusillé au Mont-Valérien le 10 décembre 1941 avec dix autres résistants.

    Queque temps plus tard, ces mots ont été remis à la famille par un camarade de prison : "Je meurs fusillé sans preuves. Je meurs pour mon pays, car j’ai voulu conserver mon honneur. Que notre sacrifice ne soit pas vain. Je meurs car je n’ai pas voulu trahir."

    En signe de protestation, les ouvriers de l’arsenal de Brest déclenchèrent une grève. Un service religieux célébré en mémoire du Groupe Élie, à Saint-Martin, le 8 janvier 1942 réunit plusieurs centaines de personnes.

    SOURCES : DAVCC, Caen (notes de Thomas Pouty). — Archives départementales du Finistère, 200 W 84 (exécutions). — Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la Guerre (1939-1945), tome 1 : l’Occupation, p. 247-250. — Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, Master 1, dir. Christian Bougeard, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. — Guy Krivopissko La vie à en mourir. Lettres de fusillés 1941-1944. p. 106. Tallandier, 2003.

    Biger Brewalan, René-Pierre Sudre

     

    Les Fusillés - Dictionnaire biographique - MaitronJAGUIN Jean, Maurice, Pierre

    Né le 21 octobre 1926 à Créteil (Seine, Val-de-Marne), fusillé par les Allemands le 18 novembre 1943 au polygone de Bourges (Cher) ; résistant Front national de Créteil et de Corrèze.

    Fils de Roger Jaguin, serrurier né à Saint-Maur-des-Fossés et de Gilberte Lardy maroquinière, née à Créteil, Jean Jaguin, orphelin, demeurait chez sa grand-mère, 6 Cour de la Plaine dans le bourg du village, avec sa soeur. Une de ses amie de l’époque le voyait "un peu exalté, un peu voyant, un peu m’as-tu vu, un peu rouge, bien anti-boche, joyeux drille" (madame Courtin).

    Le résistant Paul De Ronne, sollicité par Georges Pouget, créa la section de Créteil du Front national. Il fit appel aux jeunes cristoliens en février 1943 en vue d’opérations d’envergure ; parmi les jeunes recrues figuraient Jean Jaguin et Robert Legeay. Jugés aptes à devenir maquisard, début juillet 1943, ils rejoignirent via La Souterraine, un maquis de Corrèze.

    Le 15 octobre 1943, en gare de Vierzon, des représentants des autorités allemandes les fouillèrent, une arme de poing et des bâtons de dynamite furent découverts dans leur paquetage (DAVCC). Détenus à la prison de Bourges, ils subirent les sévices du tortionnaire Pierre Paoli, agent français de la Gestapo, surnommé "le monstre". Dans les jours suivants, Paul de Ronne et son jeune frère Gaby furent arrêtés par la Gestapo à leur domicile de Créteil,puis internés et torturés à la prison de Fresnes. La date d’arrestation est discutable les frères De Ronne, selon leur témoignage auraient été arrêtés le 8 octobre, à moins que l’arrestation de Legeay et Jaguin soit en fait antérieure d’une semaine.

    Le 9 novembre 1943, Jean Jaguin et Robert Legeay furent condamnés à mort par le tribunal militaire allemand FK 776 de Bourges pour "détention d’armes et de munitions, résistant qui aurait été en mission" et fusillés neuf jours plus tard , au lieudit Montifaut au polygone de Bourges. Leurs corps ont été inhumés au cimetière Saint-Lazare de Bourges dans le carré des fusillés (fosse 863). Jean avait 17 ans.

    À Créteil, l’annonce de leur condamnation déclencha une forte émotion et réprobation, chez les notables notamment, mais en vain.

    La date du 18 novembre figure sur leurs dossiers de la DAVCC et sur la stèle de Montifaut, la mairie de Créteil a reçu le 4 janvier 1944 la grosse du jugement rendu par le tribunal civil de 1ère instance de Bourges à la date du 8 décembre 1943, indiquant par erreur le 23 novembre comme date de mort ; ce jour, neuf autres résistants avaient été fusillés.

    Le nom de Jean Jaguin figure sur la stèle commémorative des fusillés de Montifaut à Bourges et sur le monument aux morts de Créteil où son corps fut réinhumé. Par délibération municipale du 8 décembre 1944, une rue de Créteil porte son nom.

    La mention "Mort pour la France" lui fut attribuée sur avis du Ministère aux Anciens Combattants, en date du 15 décembre 1947.

    Paul et Gaby De Ronne revinrent de déportation en mai et juin 1945.

    SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 4, Liste S 1744 (Notes de Th.Pouty). - Mémorial GenWeb. — État civil. — Créteil en son terroir à travers rues et chemins. "Les Amis de Créteil", 2009.- Témoignage de Paul De Ronne dans Créteil se raconte n°11, juin 2009. — Documents fournis par Christian Baumgarth. — Arch.com.Créteil.

    Annie Pennetier 


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