• Les socialistes français à l'heure de la Libération
    Perspectives française et européenne, 1943-1947

    Les socialistes français à l'heure de la Libérationsous la direction de Noëlline Castagnez, Frédéric Cépède, Gilles Morin et Anne-Laure Olivier

    Paris, L'Ours, décembre 2016
    160 x 240 mm • 328 p.

    isbn : 978-2-911518-08-9
    prix : 25 €

    À la Libération, les socialistes vivent une situation paradoxale. Ils peinent à faire reconnaître leur rôle dans la Résistance face aux gaullistes et aux communistes au point de perdre la bataille de la mémoire, alors qu'ils semblent imposer leurs idées économiques et sociales. De retour de déportation en mai 1945, Léon Blum se réjouit de trouver « le socialisme maître de l'heure ». Pourtant, ce diagnostic, longtemps repris par les historiens eux-mêmes, masque une réalité beaucoup plus nuancée.

    Cet ouvrage étudie ce moment singulier. Il scrute moins le Parti socialiste en tant que tel que la place occupée peu à peu par ses hommes au sein des pouvoirs qui se réorganisent au sortir de la guerre : exécutif, législatif, judiciaire et médiatique. Il porte également son regard sur les « expériences » socialistes, social-démocrates, et travaillistes qui sont tentées en Europe, et observe la circulation des idées et des « modèles » dans cette période de « restauration » de la République en France et de la démocratie en Europe.

    Sur des questions aussi diverses que les institutions, l'épuration, la place des femmes, le rôle de l'information, les choix économiques, le modèle social, ou l'école... les socialistes agissent d'abord en républicains. Ont-ils alors manqué les rendez-vous de la Libération avant que la gauche ne soit déchirée par la guerre froide ?

    Contributions de : Alain Bergounioux, Agathe Bernier-Monod, Gérard Bossuat, NoëUine Castagnez, Frédéric Cépède, Christian Chevandier, Isabelle Clavel, Fabien Conord, Michel Dreyfus, Ismail Ferhat, Marion Fontaine, Mathieu Fulla, Yves Guillauma, Éric Jabbari, Edouard Lynch, Robert Mencherini, Gilles Morin, Anne-Laure Ollivier, Nicolas Patin, François Prigent, Nicolas Roussellier,Jens Spath, Gilles Vergnon, Christine Vodovar, Olivier Wieviorka et Michelle Zancarini-Fournel.


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  • Les Couleurs de la France

    Les Couleurs de la Francepar Jérôme Serri, Pascal Ory
    et Michel Pastoureau

    Paris, Hoëbeke, novembre 2016
    25 x 23 cm, 168 p.

    isbn : 9782842305727

    prix : 34 €

     lien vers l'éditeur

    Notre drapeau tricolore est l’emblème de deux révolutions, politique et esthétique, toutes deux de portée universelle. Si l’idéal républicain a, en effet, fait rêver le monde depuis Paris, la peinture moderne avec ses trois moments, impressionnisme, fauvisme, cubisme, nés tous trois à Paris, a fait quant à elle la renommée des musées du monde. L’insistance avec laquelle les plus grands noms de l’art moderne en firent le sujet de leurs tableaux mérite d’être soulignée. Plus de 120 toiles chantent les couleurs de notre République, sous les pinceaux de nos plus grands peintres tels Boudin, Manet, Monet, Renoir, Sisley, Caillebotte, Pissarro, Van Gogh, Seurat, Maximilien Luce, le Douanier Rousseau, Maurice Denis, Derain, Dufy, Léger, Picasso, Roger de La Fresnaye, Utrillo, Lapicque, Braque, Poliakoff, et d’autres encore. En introduction, Michel Pastoureau traite de l’origine incertaine du drapeau tricolore et Pascal Ory de l’histoire mouvementée de son enracinement. Quant à Jérôme Serri, qui a aussi rédigé l’ensemble des commentaires sur les œuvres, il nous fait découvrir comment notre emblème national symbolise une révolution esthétique.  

    Auteurs :
    Jérôme Serri : ancien directeur du Fonds régional d’art contemporain d’Ile de France, il collabore régulièrement au magazine Lire en tant que critique d'art. Il fut commissaire de plusieurs expositions sur Roland Barthes et André Malraux. À l’origine de ce livre, il développe l’idée de la double révolution française politique et culturelle.
    Pascal Ory : enseignant agrégé d'histoire, docteur ès lettres et sciences humaines, il est considéré comme l’un des meilleurs historiens de la seconde guerre mondiale et de l’histoire culturelle contemporaine.
    Michel Pastoureau est l’un des plus grands et célèbres historiens médiévistes, spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes et de l’héraldique. En 2010, il reçoit le prix Médicis essai pour son ouvrage Les Couleurs de nos souvenirs.


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  • Travail, travailleurs et ouvriers d'Europe au XXe siècle

    sous la direction de
    Nicolas Hatzfeld, Michel Pigenet
    et Xavier Vigna

    Dijon, Éditions universitaires de Dijon
    col. "Histoires", oct. 2016
    359 p.

    isbn 978-2-36441-185-2
    prix : 20€

    Ouvriers et travailleurs sont des figures bien connues, mais leurs contours n'ont cessé d'évoluer aux XIXe et XXe siècles en Europe. À partir d'un réexamen de la manière dont on a écrit leur histoire, le propos de cet ouvrage ambitieux est de redessiner ces figures. Rassemblant une vingtaine des meilleurs spécialistes de huit pays, le livre montre sous un jour nouveau ces hommes et ces femmes, engagés dans des métiers et des activités exigeantes, à travers des territoires, depuis les Asturies jusque dans la vallée de la Clyde écossaise, ou des thématiques, la santé ou le chômage, les statuts ou les mobilisations. Par là, en même temps qu'une histoire plurielle du travail se dessine, de nouvelles pistes apparaissent pour continuer à étudier celles et ceux qui constituent les classes subalternes de nos sociétés.

    Ont contribué à l'ouvrage : Samia Beziou. Francine Boue, Cristina Borderias, Anne-Sophie Bruno, Christian Chevandier, Jean-Claude Daumas, Père Gabriel, Eric Geerkens, Marion Fontaine, Nicolas Hatzfeld, Ad Knotter, Laure Machu, Arthur Me Ivor, Stefano Musso, Anna Pellegrino, Michel Pigenet, Ferruccio Ricciardi, Tyler Stovall, Dietmar Suss. Marcel Van Der Linden, Ruben Vega, Xavier Vigna


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  • Wartime Captivity in the 20th Century. 
    Archives, Stories, Memories

    Wartime Captivity in the 20th Century. Archives, Stories, Memories, par Fabien Théofilakis et Anne-Marie PathéEdited by Anne-Marie Pathé and Fabien Théofilakis
    Translated by Helen McPhail

    New York/ Oxford, Berghahn, août 2016
    Series Volume 19, Contemporary European History  
    344 pages, 6 illus., bibliog., index

    isbn  978-1-78533-258-6 
    eisbn 978-1-78533-259-3 eBook

    prix : $130.00/£85.00 
    lien vers l'éditeur

    Long a topic of historical interest, wartime captivity has over the past decade taken on new urgency as an object of study. Transnational by its very nature, captivity’s historical significance extends far beyond the front lines, ultimately inextricable from the histories of mobilization, nationalism, colonialism, law, and a host of other related subjects. This wide-ranging volume brings together an international selection of scholars to trace the contours of this evolving research agenda, offering fascinating new perspectives on historical moments that range from the early days of the Great War to the arrival of prisoners at Guantanamo Bay.

     

    les auteurs 

    Fabien Théofilakis, Ph.D, has published several articles and a monograph (Les prisonniers de guerre allemands en France, 1944-1949, Éditions Fayard, 2014) on wartime captivity, among other topics. His forthcoming book project uses Adolf Eichmann’s notes from 1960-61 to revisit his trial in Jerusalem. Since September 2014, he has been a DAAD visiting professor at the University of Montreal and a member of the Canadian Center for German and European Studies.

    Anne-Marie Pathé is Director of the Centre des archives in the Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS). Her previous publications include an edition of Jours de guerre. Ma vie sous l’Occupation by Berthe Auroy (co-edited, Éditions Bayard, 2008) and Archives d’une captivité, 1939-1945. L’évasion littéraire du Capitaine Mongrédien (co-edited, Éditions Textuel, 2010).

    la traductrice

    Helen McPhail is a non-fiction translator specialising in the social history of the First World War period and other conflicts of the twentieth century. She is also the author of The Long Silence, a brief account of civilian life in occupied northern France in 1914-1918.


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  • Une nouvelle revue de sciences humaines semestrielle est née.

    Les sensibilités sont le lieu d’un attrait scientifique inédit aux quatre coins du monde.
    Des laboratoires de recherche se spécialisent et les ouvrages de référence s’accumulent.
    Il s’agit dès lors de faire exister, au coeur des sciences sociales, un espace spécifique
    de recherches, mais aussi de confrontation des méthodes, de relecture de travaux « classiques » ou encore d’expérimentation de modes d’expression alternatifs (photographie, bande dessinée, etc.) qui puisse s’emparer de la question des affects
    et mettre ainsi en circulation les principes d’une élucidation critique du monde.
    Cette revue vise par là à libérer la possibilité subversive de dire, penser et même faire
    le monde autrement.

    À l’occasion des « Rendez-vous de l’histoire de Blois », Anatomie du charisme sera présenté le vendredi 7 octobre de 17h à 18h30 à l’Auditorium de la Bibliothèque de l’Abbé Grégoire.

    Sensibilés.Histoire, critique & sciences sociales, n° 1, oct. 2016Sensibilés.
    Histoire, critique & sciences sociales
     
    n° 1, oct. 2016

    Anatomie du charisme

    168 pages
    22 €
    isbn 979-10-95772-08-8

    Le charisme figure parmi les catégories d’analyse traditionnelles des sciences sociales. De Weber à Geertz ou Kershaw, du charisme personnel au charisme d’institution, il entre de longue date dans l’explication des formes d’organisation des sociétés humaines et dans l’élucidation des rapports de pouvoir, profanes ou religieux, qui les structurent. Des déférences de rang au leadership du chef, les travaux sont nombreux qui étudient les signes, les rites et le mécanisme des croyances qui, au sein de groupes et de périodes précises, en fondent et en perpétuent l’autorité collective.

    Pour son premier numéro, la revue Sensibilités a choisi de prendre pour objet cet « enchantement affectif », jugé si flottant, qui se tient néanmoins au centre de la relation charismatique. En questionnant les limites explicatives de la notion, elle propose ainsi d’analyser la construction, sociale, politique, historique, des propriétés et des conditions de l’admiration, de la reconnaissance ou plus simplement de l’attente qui fondent et font vivre le charisme.

    Non pas ce qu’est le charisme, autrement dit – mais plutôt quand y a-t-il charisme et qu’est-ce qui agit sous son nom ?

    SOMMAIRE

    Recherche

    Max Weber et la nature du charisme, Isabelle Kalinowski

    L’économie de la grandeur, Manuel Schotté

    Qui a encore besoin du charisme ? Ou pour une histoire politique des sens, Yves Cohen

    Charisme & capitalisme. Ou comment faire une vendeuse à domicile, Nicole Woolsey Biggart

    Le sens de l’admiration. Exercice sur une « rature » de Proust, Christophe Granger

    Expérience

    L’émotion photographiée. Charme et séduction chez les Wodaabe, Charlotte Krebs & Hervé Mazurel

    Comment développer son charisme, Christophe Granger

    La fabrique des figurants, Aurélien Giard & Christophe Granger

    Comment observer les rapports d’autorité. Enquête en Centres éducatifs fermés, Catherine Lenzi

    Dispute

    Interprétations de Geertz. Charisme local, charisme global, Hervé Mazurel & Christophe Granger

    Comment ça s’écrit

    Intranquille écriture, Arlette Farge

     

    Numéro 2 (avril 2017) : Le sens de la maison

     

     

     


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  • Des vies en rouge.
    Militants, cadres et dirigeants du PCF (1944-1981)

    Des vies en rouge… par Paul BoullandPaul Boulland

    Paris, Éditions de l'Atelier, septembre 2016
    352 p.

    isbn : 978-2-7082-4493-1
    ean-isbn : 9782708244931
    prix : 23 €

    Durant les Trente Glorieuses (1945-1975), le Parti communiste français représentait un électeur sur quatre. Pourtant, ses militants sont demeurés le plus souvent des inconnus. Qui étaient ces hommes et ces femmes engagés dans ce parti ?
    En s’appuyant sur des archives inédites, en particulier les questionnaires biographiques remplis par les militants, Paul Boulland retrace des itinéraires de cadres et de dirigeants, restituant une histoire incarnée du Parti communiste. Ainsi, des figures célèbres – parmi lesquels Maurice Thorez, Jeannette Vermeersch, Waldeck Rochet ou Georges Marchais – côtoient dans cet ouvrage celles d’anonymes aux destins singuliers.
    Durant trois décennies, ces militants vont connaître des changements d’une particulière intensité : la Libération, le stalinisme à son apogée, le rapport Khrouchtchev révélant ses crimes, la guerre d’Algérie, la répression du Printemps de Prague, le Programme commun et sa rupture... Autant d’événements que les communistes vont traverser de façons extrêmement diverses.
     

     

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  • Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporainJulie Verlaine

    Paris, Flammarion, collection « Écrire l'art »
    mai 2016
    160 x 230 mm • 413 p. ; 200 ill.

    ean 9782081365582
    prix : 35 €

    Un format inédit, à la fois livre d’histoire et recueil d’entretiens 
    50e anniversaire de la galerie Daniel Templon

    lien vers le site de l'éditeur

    lien vers la galerie

    Sur RFI, émission Vous m'en direz des nouvelles
    Le rendez-vous culturel quotidien de RFI à 13h10 TU sur l'antenne monde et Paris 
    Jeudi 20 octobre 2016 

    écoutez Julie Verlaine
    En ce jour d’ouverture de la Foire Internationale d'Art Contemporain, les nouvelles tendances du marché de l'Art et les artistes d'aujourd'hui sont à l'honneur à Paris. Mais pour commencer, hommage à Daniel Templon, pionnier de l’art contemporain à Paris, qui a fait connaître des artistes du monde entier (Jean-Michel Basquiat, Wilhem de Kooning, Keith Haring, Helmut Newton), et qui a joué un rôle majeur dans l’ouverture de la scène française à l’international. Il fête cette année les 50 ans de sa galerie.

    Lorsque Daniel Templon ouvre sa galerie en 1966, le monde de l'art a profondément évolué depuis les marchands d'art tels que Kahnweiler, Durand-Ruel ou Vollard qui ont défini la profession à la fin du xixe et au début du xxe siècle. New York et l'art américain font une entrée fracassante dans l'histoire de l'art et Daniel Templon est le pionnier d’une nouvelle génération qui se saisit de cette nouveauté, élargit son horizon, et réinvente le métier : celui de galeriste. Ainsi, la trajectoire de la galerie reflète de manière vertigineuse non seulement l'histoire de l'art de la seconde moitié du xxe siècle mais aussi les mutations socioculturelles et économiques du milieu de l’art contemporain.

    Cet ouvrage de Julie Verlaine est le fruit d'une véritable enquête historique, par le dépouillement des riches archives, et d’une abondante documentation imprimée, qui reconstitue dans le plus grand détail les activités de la galerie, et permet de prendre la mesure des évolutions qui ont ponctué son existence et le paysage artistique international. Le récit de ces 50 années est enrichi par les propos du galeriste racontant ses rencontres, celle avec Catherine Millet à l’âge de 20 ans et ses découvertes des plus grands artistes contemporains tels que César, Ben Vautier, Carl Andre, Frank Stella, Andy Warhol, ou Helmut Newton. Il donne ainsi les clés de cette histoire, mais aussi de l’itinéraire atypique qui a fait de lui un témoin privilégié des transformations artistiques, économiques et politiques du dernier demi-siècle. Le livre est divisé en trois parties correspondant aux trois âges de la galerie : sa naissance (1966-1972), sa croissance (1970-1980) et sa maturité (depuis 1990).

    Télécharger « table des matières D.Templon.pdf »

    Julie Verlaine et le galeriste Daniel Templon dédicacent

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

     Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

     

     

     

     

    PREMIÈRE PÉRIODE • NAISSANCES • 1945-172

    CIMAISE-BONAPARTE, DE LA CAVE AU PREMIER

    Peu attiré par les études, le jeune Daniel Templon s’intéresse à la poésie et au jazz et découvre la peinture. Rencontres fortuites et décisions intuitives l’amènent à devenir progressivement un directeur de galerie d’art, entre 1966 et 1968. Installé rue Bonaparte, au coeur de Saint-Germain-des-Prés, il découvre en néophyte le monde de l’art : artistes, critiques et collègues marchands. Les premières expositions qu’il organise avec un camarade de lycée reflètent le goût dominant à Paris durant ces années…

    entretien (extrait) • p. 47-48

    « Il faut être l’homme du moment, rencontrer les bons acteurs et saisir les opportunités avec le goût du risque et de l’ambition. Dans mon cas, cela veut d’abord dire être allé à New York avant les autres. »

    JV : Votre arrivée fortuite, sans argent aucun et sans relations, dans le marché de l’art, serait-elle encore possible aujourd’hui ?

    DT : Il serait extrêmement difficile aujourd’hui en France de refaire ce que j’ai fait. Pas pour des raisons de compétences, cela va de soi. C’est une question de contexte historique. Il faut être l’homme du moment, rencontrer les bons acteurs et saisir les opportunités avec le goût du risque et de l’ambition. Dans mon cas, cela veut d’abord dire être allé à New York avant les autres.
    Dans un monde global comme l’est devenu celui de l’art, les forces sont trop dispersées. Ce qu’a fait Leo Castelli à New York entre les années 1960 et 1980, en rassemblant autant de grands artistes dans une même entité, est unique et n’est pas reproductible. Aujourd’hui quatre ou cinq galeries puissantes à New York et à Londres, avec des contrats qui les lient aux meilleurs artistes du moment, tiennent la moitié du marché mondial. Impossible d’imaginer pareille histoire dans le contexte français. Développer une galerie avec succès est évidemment toujours possible, en revanche, pour atteindre un très haut niveau, c’est considérablement plus complexe. L’argent, au sens de capitalisation d’une entreprise, est désormais essentiel. Il a remplacé en grande partie la valeur culture. Il ne s’agit pas d’un jugement, même si je le regrette, mais d’un constat. En général, et c’est le cas de beaucoup d’entre nous, la carrière s’est faite sans moyens au départ et la découverte de l’art a eu lieu hors du milieu familial : Yvon Lambert est le fils d’un boulanger, Emmanuel Perrotin celui d’un employé de banque, moi-même d’un employé de mairie. On peut aussi devenir marchand après avoir été collectionneur, il y a toutefois peu d’exemples de réussite. En revanche, le milieu familial d’origine peut le favoriser. Le père de Nathalie Obadia, qui travaillait pour l’Éducation nationale, s’intéressait à l’art contemporain et l’emmenait dans les galeries quand elle était enfant. C’est aussi le cas de Georges-Philippe Vallois, dont les parents avaient une galerie d’Art déco.
    Patrick d’Elme et moi ignorions tout de l’art contemporain ; il était d’autant plus audacieux d’ouvrir une galerie que nous n’avions pas un franc et pas même une seule relation dans Paris. Ensuite, tout s’est fait naturellement. Les rapports avec les artistes et les intellectuels m’ont toujours semblé évidents, faciles. Je n’avais pas de complexes pour les rencontrer. Évidemment, cela m’a pris plus de temps pour m’intégrer et créer des liens dans ces milieux socialement différents du mien. Catherine Millet avait elle aussi des origines modestes – son père dirigeait une petite auto-école – et habitait Bois-Colombes.

    Quelques images

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

     

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Première période

    NAISSANCES
    1945-1972

     extrait du cahier iconographique n° 1.

     

     

     

    Edward Kienholz The Beanery, installation, 253 x 670 x 190 cm. 
    Stedelijk museum d'Amsterdam, 1965.

     

     

     

     

    Vue de la façade de la galerie lors de l'exposition de Ben "L'art est inutile" – 1970.
     

     

     

     

     

     

     

    Anne Vautier, Catherine Millet, Alfred Pacquement et Ben lors de l'exposition "Art = Ben" au Stedelijk museum d'Amsterdam en 1973.

     

     

     

     

     

     

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Deuxième période

    CROISSANCE
    1972-1990

     extrait du cahier iconographique n° 2.

     

     

     

    Maquette de la fondation Daniel Templon
    à Fréjus, 1989.

    Vue de l'exposition L'art en France, au musée temporaire, fondation Daniel Templon, Fréjus, 1990.
    De gauche à droite : Georges Braque, Fernand Léger, Pablo Picasso, 1990.

    Chapitre 6

    EXPOSER L’ART AMÉRICAIN À PARIS (2) : POP ART ET NOUVELLES FIGURATIONS

    Qu’il s’agisse des abstraits, d’artistes fondateurs comme De Kooning ou encore d’artistes pop, l’ambition d’une « remontée » dans l’histoire de l’art américain au xxe siècle est poursuivie, d’année en année, par le biais de projets d’expositions et de publications de catalogues, jusqu’à la fin des années 1980. Ce faisant, Daniel Templon cherche à s’imposer comme l’un des principaux passeurs entre les États-Unis et la France, d’autant plus qu’à ces expositions regardant vers le passé font pendant des manifestations qui, elles, sont délibérément tournées vers l’avenir : celles consacrées aux évolutions les plus actuelles de la création outre-Atlantique. Le lien est assuré par l’attention portée aux figures majeures du pop art des années 1960 dont les créations contemporaines sont présentées par Daniel Templon, parfois en dialogue avec des rétrospectives muséales. Le fil figuratif se déroule, d’expositions de photographes en présentations de jeunes peintres qualifiés d’hyperréalistes, voire de « néo-pop ». 

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

     1982

     Daniel Templon et Andy Warhol au 30, rue Beaubourg.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Troisième période

    EXPANSION
    depuis 1990

    L’ART CONTRE LE SPECTACULAIRE

    Le début des années 1990 constitue une nouvelle étape dans l’histoire de la galerie, marquée par un déménagement qui, à l’origine, n’est en rien pensé comme éphémère. Installé en bas de l’avenue Marceau, près du pont de l’Alma, Daniel Templon a pour objectif d’accentuer la respectabilité de sa galerie. Ses moyens sont modestes – une grave crise économique rend le marché de l’art atone durant plusieurs années – mais son ambition, immense : il compte faire entrer la galerie dans une période de maturité, approfondir les directions déjà suivies pendant un quart de siècle et faire reconnaître les choix effectués dès le début des années 1970.
    Tandis que la notion d’art contemporain s’élargit considérablement en s’ouvrant à des hybridations multiples dans un emballement économique et médiatique sans précédent, Daniel Templon défend non sans éclectisme des formes artistiques classiques et particulièrement la peinture. Il montre en alternance des artistes français (Raymond Hains, Jean Le Gac, François Rouan, Alain Jacquet, Jean-Michel Alberola puis Gérard Garouste) et des étrangers (Jim Dine, Julian Schnabel, Robert Longo, Alex Katz, Francesco Clemente, Jaume Plensa, Joel Shapiro).

    Daniel Templon, une histoire d'art contemporain

    Troisième période

    EXPANSION
    depuis 1990

    Vue de l'exposition «Larry Bell/Jeppe Hein», 2010

    en bas Ivan Navarro, pavillon chilien (Arsenal), Biennale de Venise, 2009.

     

     

    entretien (extrait, p. 386)

    JV : Quelle est votre analyse sur l’état actuel du marché de l’art français ? Quel peut être son avenir ? Comment lui rendre son dynamisme et sa compétitivité ?

    DT : Le marché de l’art se porte très bien, mais je regrette que la partie financière ait trop pris le pas sur la partie artistique. Que d’un métier de passion on soit passé à un « business ». L’art devient valeur de placement, il y a une trop grande spéculation sur certains artistes à la mode. Il en va des artistes comme des tubes musicaux ou des films : il n’y a pas de recettes garantissant un succès assuré, cela se saurait. Or des galeries ultrapuissantes cherchent aujourd’hui à promouvoir par une ultramédiatisation des artistes dans le but d’une rentabilité financière rapide. Ce sont des multinationales et elles fonctionnent comme des supermarchés : sans engagements spécifiques souvent, essayant d’attirer à elles un maximum d’artistes, elles en « prennent » cinquante, voire plus – cent vingt voit-on sur le site de Larry Gagosian –, achètent leurs oeuvres, sortent beaucoup d’argent et en gagnent beaucoup ; le chiffre d’affaires de ce dernier avoisinerait en 2014 le milliard de dollars. Je n’émets ici aucun jugement moral : les choses sont comme elles sont, cela va de pair avec le développement d’une économie mondiale. C’est l’époque, nous en sommes là, il faut « faire avec ».
    Le marché de l’art français est à l’image de la France, un pays qui a du mal à être de son temps. Les autres ont avancé vite, nous à vitesse réduite. L’État n’a jamais encouragé le développement du marché de l’art. Ce n’est qu’à partir de 2003 que la loi Aillagon, en modifiant notamment la loi de 1987 sur le mécénat et celle de 1901 sur les associations pour développer les dispositifs juridiques et fiscaux existants, a permis des avancées réelles.
    Il faudrait maintenan l’améliorer : que l’on puisse acheter des oeuvres et les donner à un musée, à une institution reconnue d’utilité publique, avec une déduction fiscale quasiment intégrale, comme aux États-Unis ! Cela donnerait une « sortie » au tableau, et une récompense financière et symbolique (celui qui a vu juste bien avant les autres) à l’acheteur-donateur qui a su prendre des risques, enrichissant ainsi les collections publiques.

     

     

     


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  • LE MARCHÉ DE LA PHOTOGRAPHIE, 1919-1939

    Tome I : La lumière de Paris

    Françoise Denoyelle
    L'Harmattan, coll. Champs visuels
    1997, rééd. mai 2016

    212 pages

    isbn 2-7384-5309-0
    prix : 22 €

    L'industrie, le commerce, le marché et les conditions de production des photographies durant la période de l'entre-deux-guerres n'avaient jusqu'à ce jour fait l'objet d'aucune étude. L'auteur de cet ouvrage propose une analyse globale reliant étroitement les aspects économiques, sociaux et culturels. La photographie est le terrain de plusieurs innovations qui favorisent d'importants progrès techniques, elle est aussi une activité professionnelle et un loisir qui se confrontent dans le cadre d'un marché.

     

     

     

     

    LES USAGES DE LA PHOTOGRAPHIE, 1919-1939

    Tome II : La lumière de Paris 

    Le marché de la photographie, 1919-1939Françoise Denoyelle
    L'Harmattan, coll. Champs visuels
    1997, rééd. mai 2016

    366 pages

    isbn 2-7384-5309-0
    prix : 32,78 €

    Kertész, Man Ray, Krull..., les noms des photographes de l'Ecole de Paris nous sont familiers mais que savons- nous des conditions dans lesquelles leur oeuvre s'est développée ? Françoise Denoyelles propose une analyse globale des conditions techniques, économiques, sociales, culturelles et artistiques dans lesquelles la photographie, et sa reproduction sur le papier, se sont développées.

     

     


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  • La belle illusion
    Culture et politique sous le signe du Front populaire (1935-1938)

    La belle illusion - Pascal OryPascal Ory

    Paris, CNRS Éditions, mars 2016
    collection « Biblis »
    130 x 190 mm
    1038 pages

    isbn : 978-2-271-08928-1
    prix : 17 €

    La Belle Équipe, La Grande Illusion : deux films célèbres, témoins de la France du Front populaire. Deux formules emblématiques d’un moment capital de notre histoire, celui où est née la notion moderne de « politique culturelle ». Ce livre parle donc de théâtre ou de musique, mais aussi du nouveau CNRS ou de la télévision naissante, de l’« organisation des loisirs » ou de l’« art des fêtes ». Ses personnages s’appellent Léon Blum ou Jean Zay, mais aussi Le Corbusier ou Albert Camus, Jacques Soustelle ou Jean-Louis Barrault. Ce sont des prix Nobel de chimie, des conservateurs de musée ou des champions de tennis. Ses objets fétiches sont un bibliobus ou une chanson de Prévert, ses lieux typiques, une auberge de jeunesse ou un musée de plein air. Même si les espoirs se sont soldés par maintes déconvenues, ces quatre années de vigoureuse activité créatrice, d’intense imagination politique ont placé, et pour longtemps, la France dans une position originale.


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  • Locataires et propriétaires
    Une histoire française

    Locataires et propriétairesDanièle Voldman

    Paris, Payot, mars 2016
    collection «Bibliothèque Historique Payot»
    368 p.

    gencod : 9782228915298
    prix : 22€

    C’est aujourd’hui la hantise de plus d’un Français sur deux : perdre son logement, se retrouver à la rue. Et, de fait, on peut relire l’histoire de la société française, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, à la lumière des relations troubles et conflictuelles qu’entretiennent les propriétaires et les locataires, mais aussi l’État. Droit des propriétaires contre droit au logement, retour sur deux siècles de tensions, de politique et de fantasmes pour finir par dresser, avec cette première histoire générale du logement, le portrait de la France du XXIe siècle, où sur 28 millions de résidences principales, 19 millions sont des maisons individuelles. Un périple qui nous mènera de la Révolution française, où le logement devient un droit, un fondement de la République, jusqu’à un immeuble délabré de la rue Corbillon, à Saint-Denis, qui devait être détruit mais ne l’était pas, et où vivait celui qu’on appelle aujourd’hui «le logeur Jawad».

    Télécharger Table des matières « Voldman_Locataires et propriétaires_plaquette.pdf »

    Lien sur le site de l'éditeur

    (ré)écouter La marche de l'histoire
    France inter • émission de Jean Lebrun le mercredi 30 mars 2016

    invitée Danièle Voldman pour son livre

    Locataires et propriétaires. Une histoire française

     


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