• Histoire des polices en France.
     
    Des guerres de religion à nos jours
     

    Histoire des polices. Des guerres de religion à nos joursEmmanuel Blanchard, Vincent Denis,
    Arnaud-Dominique Houte et Vincent Milliot (dir.)

    Paris, Belin, coll. « Références », février 2020
    17x24 cm • 584 p. illustrées, coul.
    prix : 41 € (version papier)
    isbn : 978-2-410-01143-2

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    Les questions d'ordre public, de sécurité et d'insertion des forces de police dans la société française sont au coeur de nombreux débats d'actualité. L’institution policière est un observatoire privilégié des relations entre État et société, aujourd'hui comme hier.
    Dans une perspective historique de longue durée, quatre spécialistes des polices en France nous proposent une histoire sur le temps long, des guerres de Religion à nos jours. Ils explorent l'organisation, la vie, les ressources, les méthodes et la culture de ceux qui ont, au fil du temps, assuré tour à tour le contrôle des populations, leur encadrement, leur répression ou leur sécurité.
    Ouverte aux comparaisons comme à l’étude des circulations internationales, cette histoire des polices françaises fait la part belle aux échanges qui ont pu exister avec d’autres polices européennes, aux espaces colonisés, mais aussi au récit des grandes affaires et faits divers qui ont mobilisé les policiers depuis le XVIe siècle.
     L’ouvrage, vivant et richement illustré, comporte une partie « Atelier » permettant d’évoquer les sources, certains fronts pionniers de la recherche ou des débats historiographiques actuels.

    Emmanuel Blanchard, historien et politiste, est maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et à Sciences Po. Chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP, UMR 8183, CNRS - ministère de la Justice - UVSQ), il a notamment publié La police parisienne et les Algériens, 1944-1962 (Nouveau Monde éd., 2011) et une Histoire de l’immigration algérienne (La Découverte, 2018). Il a co-dirigé Policing in Colonial Empires. Cases, Connections, Boundaries (Peter Lang, 2017).

    Vincent Denis est maître de conférences en histoire moderne, habilité à diriger des recherches, à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Membre honoraire de l’Institut universitaire de France (junior), il est chercheur à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (UMR 8066, CNRS, ENS, Paris I). Il a notamment publié Une histoire de l’identité, France, 1715-1815, (Seyssel, Champ Vallon, 2008) et (avec Ilsen About), Histoire de l’identification des personnes (La Découverte, 2010) et co-dirigé Polices d’Empires, XVIIIe-XIXe siècles (PUR, 2011). Il prépare actuellement un ouvrage sur la police parisienne à l’époque révolutionnaire ainsi qu’une exposition aux Archives nationales consacrée à la Police au Siècle des Lumières, avec Vincent Milliot.

    Arnaud-Dominique Houte est professeur d'histoire contemporaine à Sorbonne-Université, membre du Centre d'Histoire du XIXe siècle (EA3550). Il a notamment publié Le Métier de Gendarme au XIXe siècle (PUR, 2010) et Le Triomphe de la République, 1871-1914 (Seuil, 2014), codirigé Au voleur ! Images et représentations du vol en France, XIXe-XXe (Publications de la Sorbonne, 2014) et dirigé un Nouvel Atlas de l'Histoire de France (Autrement, 2017).

    Vincent Milliot est professeur d’Histoire moderne à l’université Paris 8 et chercheur au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHE.S UMR 8533, CNRS, Paris I, Paris 8, Paris Ouest). Il a notamment publié Un policier des Lumières, suivi de mémoires de J.-C.-P. Lenoir (1732-1807) (Champ Vallon, 2011), « L’admirable police ». Tenir Paris au Siècle des Lumières, (Champ Vallon, 2016) et co-dirigé, La ville en ébullition. Sociétés urbaines à l’épreuve (PUR, 2014). Il prépare actuellement un ouvrage sur la catastrophe de la rue royale de mai 1770 ainsi qu’une exposition aux Archives nationales consacrée à la Police au Siècle des Lumières, avec Vincent Denis.


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  • Des familles invisibles
    Les Algériens de France entre intégrations et discriminations (1945-1985)

    Des familles invisibles. Les Algériens de France entre intégrations et discriminations (1945-1985)Muriel Cohen

    Paris, édittions de la Sorbonne, février 2020
    380 p. illustrées 

    issn : 2105-5505
    isbn : 979-10-351-0519-8
    prix 30 €

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    L’immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d’hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l’usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l’idée que le regroupement familial n’a été instauré qu’en 1976, après avoir mis fin à l’immigration de travail, et a conduit les partisans d’une politique migratoire restrictive à présenter l’immigration familiale comme l’origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80 000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque.
    Au croisement de l’histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l’ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l’égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Hervo – une figure militante qui s’est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 –, pour saisir l’expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l’immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles « invisibles », lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l’existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d’une politique d’immigration spécifique, qui limite l’arrivée des familles algériennes après l’indépendance. À la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d’intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.

    Muriel Cohen est docteure en histoire contemporaine de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et professeure agrégée ; elle enseigne actuellement au lycée de Stains (Seine-Saint-Denis). Ses recherches portent sur l’histoire des migrations coloniales et l’histoire du logement en France dans la seconde moitié du XXe siècle.


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